‹ Antoine WatteauChapitre 13 sur 42 · JEUNE FEMME SE COUVRANT LA TÊTE, PAR WATTEAU · texte numérisé non relu

JEUNE FEMME SE COUVRANT LA TÊTE, PAR WATTEAU

(Collection de M. le duc d'Aumale )

pas aujourd’hui à Saint-Pétersbourg. Il n’a pas vu l'Ermitage, mais il a consulté le catalogue de ce splendide Musée (édition de 1861) etily a même trouvé, sous les n° 1504 ct 1505, l’indication des deux Watteau, les Fatigues de la guerre et les Délassements de la guerre, gravés, le premier par Scotin, le second par Crépy fils. Ce sont des peintures sur cuivre de fort modestes dimensions

(h. o", 22 ; 1. om, 33). Tout démontre qu’elles forment pen-

dants et qu’elles sont de la même époque, M. de Goncourt se demande à ce propos si le rédacteur de l'inventaire de l’'Ermitage n’a pas commis une erreur et si ces deux tableaux, changeant de titre en raison de l’analogie des sujets, ne sont pas ceux qui ont été gravés par C.-N. Cochin. Nous hésitons à admettre cette hypothèse qui nous avait séduit d’abord. L'origine des deux peintures de Saint-Pétersbourg n’est pas douteuse. Le catalogue de l'Ermitage déclare formellement qu'elles proviennent de la collection Crozat. Or, nous ne sommes pas sans quelques informations sur les chefs-d'œuvre que l'héritier du financier avait réunis dans l’hôtel de la place Vendôme. Hébert, décrivant en 1766 cette galerie fameuse, inventorie, dans le cabinet à la suite de la bibliothèque, « deux petits tableaux de Watteau, qui sont une Marche de troupe et une Halle”. Pas de description. Ce silence est fâcheux, car M. Braun ayant négligé de photographier les n° 1504 et 1505, nous ne pouvons les comparer avec les estampes de Cochin et préciser ce qui reste flottant dans notre souvenir. En effet, ces deux cuivres de Saint-Pétersbourg, nous avons eu la joie de les voir en 1883, et notre impression d'alors est que ces peintures peuvent fort bien être celles que Scotin et Crépy fils ont gravées, c'est-à-dire les Fatigues de la guerre et les Délassements de la guerre. Dans tous les cas, elles datent du même moment que les petits cuivres achetés par Sirois. C’est là ce qui importe. Elles sont infiniment spirituelles ; mais ce n’est pas seulement en ce sens

qu’elles restent à jamais curieuses. Elles marquent pour nous le.

1 Hébert, Dictionnaire pittoresque, 1766, t. I, p. rot.

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