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répare leur ancien théâtre, les bouffons débuteront à l'Opéra, et, dés le premier jjour, le droit leur est accordé de prendre le titre de Comédiens ittaliens de S. A.R. Monseigneur le duc d'Orléans. Paris attendait Île retour des expulsés de 1697 : il les reçut à merveille.
La nouvelle ‘troupe était fort bien composée. Elle comprenait les maîtres: de l’esprit et les souveraines de la grâce. On y comptait plusieuurs des étoiles qui allaient scintiller au ciel redevenu lumineux: :: la charmante Silvia (Giovanna Benozzi) et Mario (Joseph HBaletti) qu’elle devait épouser plus tard ; Flaminia (Hélène Baletti) et son mari Lelio (Louis Riccoboni). Dans les rôles dle caractère, consacrés par la longue tradition du rire, Paris pouwait applaudir Francesco Matterazzi, toujours plaisant sous l’Hhabit du Docteur, et Giacomo Rauzzini, qui n'était pas un muédiocre Scaramouche. Ces comédiens, dont le Régent vint voir le début, n’eurent pas l'honneur de plaire à Saint-Simon, qui en parle assez durement : « La nouveauté et la protection, dit-1l, les mirent fort à la mode; mais peu à peu les honnêtes gens se dégoütérent de leurs ordures, etils tombérent. »
Où M. le dluc de Saint-Simon voyait des « ordures », le délicat Watteau me voyait que des lazzi spirituels et des gaietés permises. Il a beaucoup aimé la Comédie italienne : il y prit, au bénéfice de soin œuvre, des types, des groupes, des costumes que son imagimation a transformés en visions charmantes. Ainsi que nous l'avons déjà dit, c’est le retour des bouffons sous la Régence qui a pu donner à Watteau l’idée de peindre le Départ des comédliens italiens en 1697, tableau que nous ne con-
naissons plus que par la gravure de L. Jacob, et qui, représen-
tant une scène que l'artiste, alors enfant, n'avait pas vue, fut le résultat d’un effort rétrospectif et d’une sorte de reconstitution historique. Il est vraisemblable, on peut même considérer comme certain que, pour raconter cette ancienne aventure, Watteau s’est servi des figures et des accoutrements que lanouvelle troupe mettait sous ses yeux.
Ce tableau perdu et ceux qui sont dictés par la même inspiration soulèvent la délicate question de savoir quelles ont été les relations de Watteau avec la Comédie italienne. À consulter son œuvre, il semble en avoir été fort occupé, et les romanciers à qui toutes les conjectures sont faciles, n'hésitent pas à croire que cet ami de la comédie a dû être l'ami des comédiennes. Si Watteau, qui a trente-deux-ans en 1716, a eu quelques aimables aventures, à l'Opéra d’abord, ensuite à l’hôtel de Bourgogne réparé et même à la Comédie-Française', nous ne pourrions que lui adresser nos compliments, car le théâtre exalte les cervelles les plus raisonnables, et il y avait dans la troupe des minois séduisants et de beaux yeux italiens. Les peintres ont le droit d'aimer : on pardonnerait volontiers certaines galanteries à Watteau, puisqu'on lui pardonnerait tout. Mais notre respect pour l'histoire nous oblige à dire que les choses nese sont peut-être pas passées comme on les imagine. Comment oublier les témoignages qui nous viennent de ceux qui ont le mieux connu le
sérieux artiste ? Le mot de Gersaint sur Watteau « libertin
1 Watteau y a certainement passé quelques soirées. Nous savons par le recueil des Figures françaises et comiques qu'il a dessiné Poisson « en habit de paysan », Dumirail dans un costume analogue et Charlotte Desmares, jouant le rôle de pèlerine. Il les a vus à la scène. Les a-t-il fréquentés d’une façon plus intime ? On l’ignore. Mlle Desmares avait été la maitresse du Régent en 1702, mais elle était charmante encore lorsqu’elle quitta le théâtre en Avril 1727,
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