L'OCCUPATION SELON L'AGE, TABLEAU DE WATTEAU
lé de la gravure de Dupuis.)
ac-simi
Watteau’. L'artiste est représenté à mi-corps, coiffé d’une vaste perruque encore très louis-quatorzienne ; il est debout, la main droite posée sur une tête de marbre blanc plus grande que nature. Le sculpteur n’était plus très jeune lorsque Watteau fit son portrait : il a certainement plus de quarante-cinq ans, peut-être cinquante, comme le pensait Léon Dumont. Or, Antoine Pater est né en 1670, ce qui permettrait de supposer que l’œuvre est woisine de 1720. Il est regrettable que les érudits de Valenciennes ne soient pas parvenus encore à dater exactement ce portrait, qui importe à la biographie de Watteau et à la chronologie de ses manières. Louis Cellier, qui s’est occupé du problème, croyait que cette peinture a pu être exécutée lors d’un séjour que le peintre aurait fait à Valenciennes, au moment de son retour de Londres : la conjecture est ingénieuse; malheureusement, personne n’a dit que Watteau, revenant d'Angleterre, se soit arrêté en route’. Quant au mérité de l’œuvre, il est aussi incontestable que troublant; nous l’avons vue plusieurs fois et elle nous inquiète comme une énigme. À prendre la question au point de vue de l’art, il est certain que cette tête puissamment caractérisée et fouillée jusqu'en ses détails les plus précis n’est pas due au pinceau d’un jeune homme : elle accuse une volonté très forte et une longue étude
de la physionomie humaine. Watteau a respecté la laideur
t Antoine Watteau, tradluction allemande par Alice Hannover. Berlin, chez Robert Oppenheim, 1889.
2? M. Paul Foucart, l'historien essentiel de la famille Pater, propose une autre hypothèse. Il pense que le sculpteur «et sa femme ont accompagné à Paris leur fils Jean-Baptiste, et que c'est alors que Watteau a pu faire leur portrait. Réunion des Sociétés des Beaux-Arts, 1887, P. 92.
d'Antoine Pater et la fatigue dont son visage porte la trace. Ce portrait singulier est peut-être un des chefs-d'œuvre du maître : nous avons le vif regret de ne pouvoir: dire exactement à quelle époque il a été peint; mais nous avons la conviction qu'il date des approches de 1720.
Watteau avait également peint le portrait d’Élisabeth Defontaine, femme du sculpteur Antoine Pater. Ce tableau a été détruit.
Pendant la période naïve où les amateurs ctaient sans défense, on considérait comme un portrait de Watteau une excellente peinture que Baroiïlhet a exposée et vendue plusieurs fois, notamment en 1855 et en 1856, et que nous avons plus tard retrouvée chez M. Double. C'était une nymphe à mi-corps qui, pour les faiseurs de catalogues, représentait une nièce de Mn de Julienne, sous la figure de la Seine. On a là un exemple de cette manie qui nous pousse à baptiser toutes les inconnues. Il suffit d’avoir vu cette déesse des eaux pour se rappeler qu’elle n’était nullement un portrait. Edmond de Goncourt la signale comme « une très belle académie d'atelier ». Le mot est fort juste : il n’y a point là l'accent de la vie particulière et je retrouve dans le visage une certaine invasion de l'idéal. Cette femme, appuyée sur son urne et entourée de roseaux, est en effet une nymphe imaginaire, une source assez proche parente d’une de ces élégantes Rivières que Corneille Vanclève nous montre en 1707 dans son beau groupe des Tuileries. Cette divinité des eaux est d’ailleurs un excellent travail de peinture : Watteau s’y est appliqué à peindre les blancheurs rosées des chairs jeunes et
fermes, adoptant cette fois un procédé caressé et lisse, cherchant
re) < He EN H & < 5 EME ÉTEN CUS EN N- 4. à m ®p LS FE > "9 A 0 dé a £ il HE jt dl + li LA <« æ)
— 1 ot mnt rm as I gene mes + - citées > ES à - —— - — do — Dé