‹ Antoine WatteauChapitre 7 sur 42 · EE · texte numérisé non relu

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Watteau a aussi appliqué son caprice à l’ornementation de certains meubles. On payerait cher aujourd’hui le paravent de quatre feuilles qu'a possédé Blondel de Gagny et qui était décoré de médullons ovales figurant les Quatre Saisons. Un autre paravent de six feuilles, représentant des pastorales et des

personnages de théâtre, a été gravé par L. Crépy fils. Watteau

MODÈLE D'ÉCRAN (D’après la gravure de Huquier.) a même peint des dessus de clavecins. Il nous reste une gravure de Caylus, d’après un dessin que Watteau avait fait pour la décoration d'un de ces meubles que le luxe du temps n’aimait

pas à voir sans parure. Huquier et les éditeurs d’estampes nous

ont aussi conservé des modèles d'écrans. Enfin, nous connaissons, par une planche de Moyreau, le dessin d’un grand cartouche ovale destiné à l’ornementation d’un frontispice. Nous reproduisons ce cadre sans pouvoir le qualifier de chef-d'œuvre.

Pour reconstituer la physionomié de Watteau décorateur, il faudrait retrouver quelques-unes des figures qu’il avait peintes au château de la Muette, alors qu'il travaillait avec Audran; mais le goût change si vite en France, que ces peintures ont été détruites de bonne heure et que les livres n’en parlent pas. Ce silence est des plus étranges. Dans ses Environs de Paris (édition de 1754), d'Argenville visite la Muette ou « la Meute », comme on écrivait alors, sans dire un mot des décorations de Watteau. Avaient-elles déjà disparu ? Notre unique ressource, c’est l’estampe. Boucher a gravé douze pièces sous le titre : Diverses figures chinoises, peintes par Watteau, tirées du cabinet de Sa Majesté, au château de la Meute. Avec l’adjonction d’un mot — le mot tartares, — ce titre est celui du recueil de douze autres pièces gravées par Jeaurat. À ces vingt-quatre estampes, il faut en ajouter encore six, par Aubert, dont les originaux avaient aussi été empruntés au cabinet de la Muette. Dix ans après la mort de Watteau, le recueil était complet etle Mercure de novembre 1731 annonçait la publication des trente planches qui le composent.

Il n’est pas besoin de dire que ces Chinois et ces Tartares de Watteau — il y a même parmi eux une femme du pays de Laos — sont d’une ethnographie quelque peu suspecte. Watteau ne

pouvait pas en savoir bien long sur la Chine et sur les régions

limitrophes. Nul doute que l’imagination n'ait joué un certain rôle dans les peintures de la Muette. Et cependant Edmond

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