‹ Antoine WatteauChapitre 15 sur 61 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

LErR'EFUIGE

AYLUS lit ceci à l’Académie : « .… Il autorisa sa sépara- « tion d’un voyage à Valenciennes, qu'il fit en effet, je ne « l'ai jamais regardé comme un prétexte. Watteau étoit « trop entier dans ses volontés pour en employer; car « enfin quoi de plus naturel que de retourner dans son « pays, d'y reparoître avec des talens, de contredire avec

« tant d’honnêteté et par des preuves incontestables ceux qui avoient

« traversé ses dispositions, enfin de se montrer plus habile que son

« premier maître. »

En dépit des apparences, le comte connaît mal celui dont il fait officiellement l'éloge. La seule raison du départ de Watteau, ou tout au moins la plus impérieuse raison, c'est la lassitude, l'ennui suprême qui se manifeste si violemment à certaines heures au cours de ces petites vies, l’amertume qui se change soudainement en volonté, le bondissement du cœur qui amène la révolte.

Mais le mouvement n’est que passager.

Les contingences ont vite fait de réduire ces brèves indignations, et l’homme, doucement mais sûrement, est remis dans le cercle d’où il avait voulu s'évader. Si, autour de lui, le décor et les visages sont changés, son existence demeure sensiblement la même.

Certes, il y avait chez Jean-Antoine quelque envie « de contredire honorablement » pas mal de ceux qu'il allait revoir; il se savait à même de le faire assez facilement, — mais cela disparaissait sous le grand et sourd chagrin qui l'étreignait de quitter Paris sans être arrivé à la maîtrise, à la liberté nécessaire pour rendre ce que, moins confusément, il commençait à entrevoir.

Ce qui le frappe surtout, alors qu'il approche de sa ville et que la petite angoisse du revoir commence à l’étreindre, que les aspects lui deviennent familiers, c'est un pays effroyablement ravagé par la guerre. Ç'avait été l'inquiétude grandissante bien avant le pays d’Arouaise, et les relais bouleversés, et les gens rares aux places et aux auberges, et les campagnes nues; puis, dans Cambrai, le duc et pair, prince du Saint-Empire, l'archevêque ouvrant toutes grandes les portes de son palais aux malheureux. Cette vision passée de Fénelon au milieu des blessés et des meurt-de-faim, la désolation avait repris des villages et des hameaux qui ne sont que ruines. Quand le hasard avait voulu qu'ils ne fussent sur le chemin des troupes et dans le rayon des fourrageurs, dans les pâtis, les cours et les jardins, des troupeaux s’entassaient pressés parmi les cohues, piteuses de chariots et de voitures; dans les maisons désolées, la horde des paysans et des gueux dégités, geignait, lamentable... Maintenant, voici qu'il reconnaît à peine les murs mêmes de Valenciennes : à l’entour, Fontenelle, La Briquetière, Marlis, clochers restés inséparables des ciels demeurés dans son souvenir, ces banlieues disparaissent dans un piétinement formidable, un saccage des courtils et des bois.

Comme le carrosse hésite à un tourne-bride, devant la chaussée effondrée dans le marais et des chemins nouveaux, inconnus, battus par la plaine, un sergent sort d’une masure et s'approche. Il porte la livrée de Mgr l'Intendant du Hainaut.

Le cocher cesse de sacrer après ses bêtes. Alors l'homme explique que défense est faite de passer par un autre chemin que l'ancien, qu'il faut, proche la porte de Cambray, éviter le pied-sente qui mène au

cabaret du Porrier…. Et il fait un geste las, comme pour désigner une vague chose dans l’'éboulis des terres.

Et, au petit bonheur, le coche gagne le pont-levis et le guichet.

Dans l'émerveillement de l'air natal qui baigne doucement les paupières et rafraîchit les tempes, dans ce transissement particulier auquel nul n'échappe, mais que la vie modifie si singulièrement, Watteau retrouve les siens : sa mère, Jean-Philippe le couvreur, Jean-François son aîné, rude à l'ouvrage, Noël déjà grandelet et qui promet le bon artisan. Et Bartholomé son tayon, et Catherine Reuze sa grand'mère, et sa famille entière nombreuse d'oncles, de tantes, de cousins et de cousines. Dans le court émoi de l’arrivée, on lui dit la désolation de la cité bouleversée, presque aussi fouillée et réduite par les troupes du roi que par des bandes ennemies, et ce fardeau sanglant et hideux des blessés et des morts charriés après les batailles, et la misère des rentiers qui ne reçoivent plus que la moitié de leurs quartiers, et la grande gelée, et l'inondation qui a mis le blé à douze livres la mesure et les œufs à huit livres le quarteron, et ces communiers des rues autour de Notre-Dame auxquels, des semaines entières, il a fallu porter à manger en bateau, et les émeutes pour le pain, et Monseigneur de Bourgogne passant pour aller joindre l’armée, et, pris de pitié, laissant huit cents pièces de trois patars. Heureusement la brasserie de Saint-Gilles venait de s'écrouler, la foudre, le mois dernier, était tombée sur Saint-Géry, brûlant trentecinq pieds de flèche, et cela allait faire de l'ouvrage.

Tandis qu'on lui détaille la gueuserie endurée et ces deuils, on le spécule.

Et quand son tour vient de dire sa vie, il n'a besoin de beaucoup de phrases pour expliquer sa non-réussite, le petit état où son pauvre métier l'a mis. Le triste équipage où il est en dit plus long encore; les rares écus qui restent dans sa bourse achèvent d'’édifier.. Jean-Antoine est toujours l’incorrigible « puiseux ».

Le mur de glace se reforme.

Une fois de plus il est rejeté, — ne trouvant même pas au foyer familial cette place où on l'avait toléré tant qu’il n'avait abandonné Valenciennes. L'illusion qui s'était péniblement reformée sur les premières rancœurs et les premières ruines, l'espoir où il s'était complu, cette promesse, entrevue malgré les réalités pénibles du passé, le réconfort souhaité, cette part du rayonnement chaud du nid dont il était avide, —

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rien de tout cela ne l’attendait.. Silencieusement, sans crier ni même dire sa souffrance, il s’arme contre cette suprême déception, et il se tourne vers la ville.

Sous le mouvement inaccoutumé, la fausse vie que les officiers mettent aux auberges, sous le journoiement de la soldatesque dépenaillée, invalides, traînards, blessés dont M. de Villars s’est débarrassé, qui emplissent les refuges, éclopés qui mendient sur les places, autour des fontaines, groupes ivres ou encolérés auxquels, quand les voix s'élèvent par trop, des robes brunes et blanches de moines se mêlent, — sous cette agitation et sous cette fièvre, Watteau pressent la grande misère de Valenciennes. Près de l’hôpital de la Charité, sur la porte de la Maison des Dentellières, il lit l’appel des filles pauvres « qui veulent bien filer le lin pour faire toiles et linons puisqu'on ne leur confie plus de broderies au carreau dont elles ont le précieux secret ». Les échoppes du beffroi sont fermées; la particulière et vivante gaieté des marchés de la grand’place est devenue, entre bourgeois et paysans, l'âpre dispute pour de misérables provendes : les museux n’y viennent plus jouer le hautbois... Lui qui a dans les yeux, plus diverse, plus légère, toute une autre vie, aux oreilles d’autres bruits plus clairs et plus pressés, maintenant que les fibres sont brisées qui le rattachent à ces choses, la ville lui paraît infiniment triste...

Pour la première fois il remarque qu'en glissant par les rues, les béguines encapeluchées de deuil y laissent une lamentation.….

Et puis, un homme était absent de cette cité, qu'il devait y chercher vainement, qu'autrefois il avait vu un peu partout, à toutes les heures, un homme qui en était comme l'âme, un homme qui l’avait prise fumante et ruinée des mains du roi et qui, la faisant sienne, l'avait regaillardie après toutes ses épreuves, gouverneur délicieux et magnifique, Florentin aux longs cheveux d’un blanc de neige, aux noirs yeux vifs auxquels rien n’échappait, et qui allait aussi bien par les ruelles des bas quartiers qu’à la grand'messe de Notre-Dame, toujours vêtu à l’ancienne mode d’un jupon à l'italienne et s'appuyant, d’un beau geste, sur une haute canne clouée d'or... Ce gouverneur n'était plus : Magalotti mort, le dernier des « braves de Mazarin » disparaissait et la ville perdait son soleil.

Certes, ici, la situation était particulièrement déplorable. Antoine Pater, que Watteau s'était empressé d’aller retrouver dans la maison près des casernes où il s'était terré, avait eu mille misères à subir.

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Tout d’abord, ç'avait été Jacques, son frère, que, peu après le départ de Jean-Antoine pour Paris, la Vierge de septembre passée, vers la Saint-Mathieu, on avait porté à Saint-Géry; puis, il lui était né Michel- Joseph, ce gamin de six ans qui n'était pas, en plus des autres! une petite charge. Marguerite aidait sa mère; mais Jean-Baptiste, qui a quatorze ans maintenant, étudie sous Guidé, le connétable de la corporation, et il ne gagne pas les soixante sous qu'il faut qu'on paye pour son apprentissage. Et les rides profondes qui ravinaient la face du vieux Pater s'étaient creusées, et une colère avait passé dans ses gros yeux tandis qu'il avait conté à Watteau tout ce qu'il lui avait fallu faire pour que ce petit monde ne mourût pas de faim... Malgré le désordre, il avait bien eu quelques commandes, comme ces épitaphes pour la chapelle des Jacquet, comme cette table d’autel qu’on lui avait également demandée. Cela et quelques autres broutilles, mais c’avait été tout. Alors, il s'était mis à vendre des petits Christ, des vases pour décorer les jardins, voire des carreaux d’étoffes et des candélabres qu’il achetait au passage, à des coureurs brabançons. Et voilà que les fripiers et les revendeurs de la Braderie et de la rue de la Wiéwarde s'étaient émus, avaient porté plainte, et il lui avait fallu comparaître devant le Magistrat, en appeler au Conseil provincial. Ah! c’est qu'il fallait bien manger, et cela allait-il être possible tous les jours, quand les seigneurs et les riches bourgeois, apeurés par cette guerre qui ravage leurs domaines et leurs hoiries, font mine de n'avoir plus d'argent?

Dans la nouvelle détresse où il se trouvait, ce n'était encore de ce côté que Watteau avait chance de rencontrer les commandes qui lui eussent permis de subsister. Puis, en admettant qu’on se fût adressé à lui, il est fort probable qu'il eût effrayé, sa manière de décorer, blanche, blonde, légère, étant en si complète contradiction avec ce qu'on voyait, ce qu'on faisait faire, avec ces intérieurs demeurés espagnols et lourds, ces grandes chambres harmonisées de noirs, de bruns, de jaunes, de rouges sombres, où, entre les massives colonnes de bois sculpté, les panneaux sévères de vieil Arras étaient un divertissement, et la toque et le toupet de soie d’une dame du béguinage, une galanterie.

Cependant, — combien peu pour contredire ceux « qui avaient traversé ses dispositions »! — dès son retour, Watteau peignit. On place à cette époque plusieurs compositions dans son œuvre, des paysages et

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des scènes de guerre. Il y a pour quelques-unes assez de vraisemblance. Malheureusement, la plupart sont perdues, nous ne les connaissons que par les gravures, où subsiste, seule, une certaine vérité schématique; et il faut bien se mettre en garde et scrupuleusement regarder avant que de se prononcer sur les dates. On a dit que la vie de Watteau était plus obscure que celle de Mantegna. C'est la vérité. Le document est d’une rareté inouie. Quand il est, il apprend, en général, peu de choses et c’est aux concordances seules, à l’attentive étude des circonstances extérieures et des synchronismes qu'il faut avoir recours. On se rend

compte combien les erreurs sont faciles et combien l'imagination et l'ingéniosité peuvent ici se donner carrière. C'est pourquoi il faut, alors que l'évidence n’est indiscutable, ne céder au désir ingénu de vouloir situer quand même une toile ou un morceau, et renoncer souvent à percer le mystère qui subsiste, jusqu'au moment où la trouvaille vient projeter la lumière et guider sûrement. J'ai eu quelquefois, au cours de cette étude, la joie rare de pouvoir éclairer plusieurs points de cette vie, restés obscurs jusqu'ici. Malheureusement, malgré des fouilles et des recherches longues, je me suis parfois retrouvé devant l'insaisissable, devant le vide. Peu souvent, à la vérité, mais encore trop souvent...

Ceux qui étaient à même de faire travailler Watteau, il les faut surtout chercher dans la noblesse de la province, parmi les d'Espienne, les Carondelet, les Rasoir, les Le Hardy. Et, de suite, des œuvres s'authentiquent, qui sont connues et cataloguées par ailleurs. J'ai dit qu'il n'y avait rien à attendre pour Jean-Antoine du plus considérable grand seigneur présent à Valenciennes, de cet EÉlecteur de Cologne mis au ban de l'Empire, pensionné par Louis XIV, qui vivait si curieusement hébergé par le marquis de Cernay, et que Fénelon avait, en cing Jours, fait successivement portier, exorciste, lecteur, acolyte et finalement évêque. Par contre, parmi les subdélégations de l'Intendance il y avait Famars, qui dépendait du fief seigneurial de Caumont, chaumes et paillis de roseaux abritant à peine quinze feux, Famars qui appartenait à une famille noble du Brabant hollandais.

Peut-être est-ce pour un membre de cette famille que Watteau peignit cette Vraie Gaïeté, dont jusqu'ici on lui a attribué l'idée première et la composition. Cette Vraie Gaielé est un tableau d'Adriaan Van Ostade que Watteau copia. Petite besogne basse qui lui permit de toucher

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quelques écus.. Au fond, sous le grand ciel, le très plat horizon du pays de Haarlem, avec des toits nains; puis, à l’abri d'un pignon d’auberge, une commère et un drôle s’enlacent; près d'eux, un couple danse tandis qu'au premier plan un violoneux râcle, assis sur un baquet renversé et que, philosophiquement et debout, un quidam regarde. Jamais Watteau n’a imaginé cette scène, et tous les personnages d'Ostade sont là, non pas les mêmes, mais eux-mêmes : la goton qui se balance, c’est la commère assise de la Féle villageoise du musée de Cassel, même tête, même nez, mêmes yeux. Ici, seulement, elle a dégrafé son corsage. Et le compère qui lui tient la main et l’entraîne a sur le chef le bonnet emplumé et sur les épaules le jaque des paysans de Gueldre ou de Frise, — et ce feutre de l’homme à droite, cet extraordinaire chapeau qui est toute une signature chez Ostade, est, après combien d’autres! celui du fumeur debout des Joueurs de cartes de la collection J. L. Van Lissigen.

Il y a, au bas de l’estampe, tremblotée et lourdeaude, cette dédicace : Débré A MADEMOISELLE LE Harpy DE CAUMONT, gravé d’après le tab. ori. d'Antoine Watteau, de même grandeur, par M. le Hardy de Famars, tiré de son cabinet à Valenciennes. C'est un descendant du premier possesseur, qui, trouvant cette drôlerie amusante dans un legs et gravant à ses heures, a jugé à propos de l’interpréter à l'intention d’une sienne cousine. Le Hardy de Famars gravait cette précieuse, mais mauvaise planche, en 1770. Il y avait quarante-neuf ans que Watteau était mort...

Cela n’a pas empêché Edmond de Goncourt, lisant mal un chiffre au bas d’une épreuve et s’en remettant à ce seul chiffre, d'écrire : « Ce tableau, dédié par Watteau à la fille d'un amateur valenciennois, d’un protecteur à la manière du baron de Joursanvault pour les débuts de Prud'hon... » Mais, à défaut des dates qui eussent dû tout au moins éviter de faire confondre la dédicace du graveur avec celle du peintre, n’y avait-il pas l’ordonnance de l’œuvre qui ne permet, un instant, d'attribuer à Jean—Antoine cette Vraie Gaielé? Watteau, à cette heure-là, meuble infiniment plus ses tableaux; il a encore cette crainte des commençants de « n'en mettre jamais assez ». Ce n’est que plus tard, au beau temps, après la radieuse éclosion, dans la plénitude de son génie, qu'il connaîtra la particulière et complète éloquence qu'ont les figures isolées ou très peu nombreuses. Jamais en 1709 il ne se fût imaginé avoir « assez prouvé » avec ces deux femmes et ces quatre hommes dans le plein air... Cette Vrate

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Gaïelé est une copie de la main de Watteau d'un tableautin d’Adriaan Van Ostade’.

Entre la Scarpe et l'Escaut, dans les bois de Saint-Amand, un des apanages de Léopold, duc d’Arenberg, d'Arschot et de Croy, prince du Saint-Empire, grand d'Espagne, prince de Porcéan et premier pair de Hay— naut, était le fief de la petite franche-forêt de Raismes sur la seigneurie de Breuvrages. Les villageois de ce mesnil, à une longue lieue de Valenciennes, passaient pour grands buveurs et grands chasseurs, et leur seigneur, qui portait de gueule à trois aigles d'argent, était veneur de la comte... La pre sence, dans le trésor de la famille d’Arenberg, de la Signature du Contrat de la Noce du Village que Cardon devait graver avec cette dédicace : Dépié À S. A. MGR LE DUC D'ARENBERG, chevalier de la Toison d'Or, Grand'Croix de l'Ordre Royal et Militaire de Marie-Thérèse, F. M des Armées de LL. MM. JJ R., tiré de son cabinet et gravé d'après le tableau original peint par Walleau*, fait rattacher l'exécution de ce tableau au second séjour de Jean-Antoine dans sa ville natale.

Assurément, la facture sommaire et décorative, le grouillement incroyable de ces gens, à cheval, couchés sous les arbres ou au bord de la fontaine, de ces vieux qui discutent avec le tabellion, de ces curieux auprès de la mariée, de ce vielleux, de ces chiens; ces maisons quelque peu maladroites, cette tente dont les toiles claquent au vent dans les branches de l'arbre où s'accroche un panier fleuri; cette dame en toquet à plumes, debout à côté de ce personnage désigné par une des commères, et qui, la main à la hanche, la chaîne au col, l'air insolent pourrait bien être ce duc d’Arenberg qui commanda le tableau, ces « poupées d'éventail », ces femmes vermillonnées semées à tous les plans, voilà ce qui date cette toile dans l'œuvre avec assez de certitude. Le reçu du prix payé à l'artiste, précieuse indication, document rarissime, la signature de Watteau ne se rencontrant pas plus souvent que celle de Molière, existe dans les archives de la famille d’Arenberg, à Bruxelles.

1. Elle n’est nullement de cette époque, cette autre Danse de Paysans dont je trouve l’indication dans le catalogue d’une vente faite le 19 novembre 1772 : « Une danse de pa et de paysannes à la porte d’un cabaret, un Gilles anime cette fête de son instrument; sur un plan un peu reculé un geois cajole une jeune fille qui se défend foiblement; sur le devant est un vieillard qui, les mains derrière le dos, contemple d’un air riant cette bande joyeuse. Panneau (H. 9 b., L. p.) ».

2. Dans les Ficures De DirréreNs CARACTÈRES (no 135), une étude de tabellion présentant une plume est un croquis avec changements pour ce tableau.

Au musée de Madrid il y a une réplique partielle de la Signature du Contrat, beaucoup plus petite, moins encombrée, d’une facture libre et chaude qui est de la maturité du maitre.

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