SCÈNE VIII
LES MÊMES, BOURNERON, avec son cache-poussière sur le bras JEANNE, le désignant à Pierre. •
Déjà prêt, tu vois!
PIERRE, s'avançant.
Bonjour, père !
BOURNERON, sursautant.
Toi ici, sans prévenir! Qu'est-ce que cela signifie? Qu'est-ce qui se passe ?
PIERRE
Mais rien, mais rien. J'ai voulu vous faire une surprise.
bourneron Tu as réussi. (Aux autres.) Vous l'attendiez, vous?
JEANNE
Je te jure que non,
BOURNERON, à Émilienne.
Hein?
ÉMILIENNE
C'est vrai.
JEANNE
C'est délicieux! Dis tout de suite que je mens. (EUe
remonte avec humeur et sort.)
Quand es-tu arrivé ?
PIERRE
Par le train de cinq heures.
BOURNERON
Tu as du flair, mon garçon, car si tu étais venu par le train du soir, tu ne m'aurais plus trouvé ici.
PIERRE
Oui, c'est ce qu'on vient de m'apprendre, à mon grand étonneraent, d'ailleurs.
BOURNERON
Mon garçon, i) y a des choses plus surprenantes^ sois-en sur.
ÉMILIENNE
Tu vas dîner avec nous.
BOURNERON
Non, je dînerai en route.
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(;iu)ssmulli:r
11 n'y a pas de wagon-restaurant dans le train de huit heures.
HOURNKRON
Eh bien, je ne dînerai pas, voilà tout. D'ailleurs, ça tombe à merveille, je n'ai pas faim.
GROSSMULLER
Maintenant.
Je n'aurai pas faim.
GROSSMULLER
Ta, ta, ta. ,
ÉMILIENNE
Je vais toujours te faire préparer un panier: du poulet, du jambon, des œufs durs et des fruits. Venez, mon brave Léopold, ne laissons pas ce vieux papa mourir d'inanition.
Ils remontent et sortent à gauche.