‹ Antoinette Sabrier. L'enfant chérieChapitre 104 sur 111 · SCÈNE PREMIÈRE BOURNERON, LOUIS · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE BOURNERON, LOUIS

BOURNERON, étendu sur le divan.

Pai?se-nioi la glace, (ii se regarde.) Tu ne me trouves pas mauvaise mine?

LOUIS

Mais non, monsieur se fait des idées. Monsieur a sa mine de tous les jours.

BOURNERON

Oui, oui. Tu ne me diras pas la vérité, mais je me vois. J'ai terriblement vieilli depuis trois semaines- Ça a commencé là-bas en Alsace, et ces huit jours de Paris n'ont pas été pour me remettre. Ah! mon pauvre Louis, ce qu'on est bête à mon âge?

LOUIS

Que monsieur se console. On est bête à tous les âges.

BOURNERON

Ça ne me console pas. Je commence à prendre mon appartement en grippe. 11 faudra que je déménage.

LOUIS

Tant pis. Moi, je commençais à m'y faire.

bourneron

Je ne peux plus my voir. Il me rappelle trop de souvenirs, les moments délicieux que j'ai passés ici, dans ce même salon, à notre retour d'Italie ; ce déjeuner que tu nous as servi parmi les malles, l'omelette, le cresson, les fraises. ..Non, c'est trop douloureux, je m'en irai.

LOUIS

Que monsieur me permette de lui dire. Ça n'a pas le sens commun de se bouleverser pour de pareilles fadaises. Cette dame était très gentille, certainement, mais monsieur en retrouvera certainement dix qui la vaudront.

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