‹ Antoinette Sabrier. L'enfant chérieChapitre 11 sur 111 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

rp:né, Hélène, doreuil, puis SAVERCiNE,

M'"« SAVERGNE, RUMILLES

HELENE

C'était donc si grave que ça qu'il a fallu m'éloigne r ?

RENÉ

Plus grave que ça! En tout cas, ce n'était pas pour les petites filles.

Dites donc, vous !

DOREUIL

Comment trouves tu Sabrier?

RENÉ

Très bien... dans son genre... mais son genre n'est pas le mien. Je crois qu'il plairait beaucoup au papa Dangenne.

lis remontent à droite, pour redescendre après le départ des Savcrgne. Descendent de gauche : Savergne, Mme Savergne et Rumilles.

M'"*^ SAVERGNE

Venez, les chansonniers vont donner.

RUMILLES

Ma foi, je vais vous demander la permission d'y couper. J'ai fait le tour de la chanson. Rosse, macabre ou vache, elle n'a plus rien à m'apprendre. J'en connais tous les secrets... D'ailleurs, je suis attendu à cinq heures et demie au journal ; je file à l'anglaise.

SAVERGNE

Cinq heures et demie? Vous n'y serez jamais... il <5st cinq heures.

RUMILLES

J'y serai... Du Vésinet à Paris, dix sept kilomètres à peine... Et nous faisons du 40 à Theure, comme les grands garçons... Au revoir, chère madame !

SAVERGNE Au revoir ! (Il se retourne vers un autre invité.)

M"'"^ SAVERGNE, à mi-voix.

Lâcheur !

RUMILLES

Dites : victime du devoir!

M™^ SAVERGNE, même jeu.

Gâcheur I

RUMILLES

Plaît il?

jyjDie SAVERGNE

Si vous croyez que je vais m'amuser, vous parti !

RUMILLES, à part.

Tiens ! tiens ! (Haut.) Non, vrai ?

M™® SAVERGNE

Si VOUS étiez bien gentil... ou seulement si vous aviez du flair, vous ne partiriez pas.

RUMILLES, à part.

Oh! mais... (Haut.) Je ne demande pas mieux que d'avoir du flair.

ACTIÎ PHKMIKR A'4

M'»« S.WEIIGNE

Vous dîneriez avec nous et vous nous ramèneriez dans votre auto.

RUMILLES

Excellente idée !

M"^^ SAVERGNE

C'est vous qui conduisez?

RUMILLES

Cette question !

M""^ SAVERGNE

La politesse vous fait un devoir de m'offrir la place qui est à votre gauche, sur le devant.

RUMILLES

La politesse et... Vous êtes délicieuse.

j^me SAVERGNE

Enfin, vous vous en apercevez.

RUMILLES

Non, mais j'ose enfin vous le dire. Nous n'avons pas été seuls depuis dix minutes.

. SAVERGNE, redescendant.

Eh bien, vous n'êtes pas encore parti ?

RUMILLES

J'ai réfléchi. C'est vous qui aviez raison. Je ne pourrai jamais être au journal à cinq heures et demie.

SAVERGNE

Parbleu I

RUMILLES

La route est détestable.

44 A.^:OINETTE SABRIER

SAVERGNE

D'abord. Et puis, du quarante à Fheure, mon petit ça n'a jamais fait du vingt à la demi-iieure.

RUMILLES

Très judicieux. Dites donc, Savergne, vous devez savoir où est le téléphone. Il faut au moins que je prévienne.

SAVERGNE

Venez.

m"^® savergne

Monsieur Rumilles, vous nous ferez l'amitié de dîner à notre table, n'est-ce pas ?

rumilles Très volontiers, chère madame.

savergne, riant.

Hum ! s'il fait aussi du quarante à l'heure en mangeant, c'est très dangereux.

'RUMILLES

Ne craignez rien, je frénerai — le frein à pédales, le plus sûr.

Il fait le geste de pédaler. Mme Savergne et lui échangent un sourire significatif.

M™® SAVERGNE

Dites donc, vous avez vu la petite Sabrier avec Doreuil ! Quelle horreur, hein !

RUMILLES

Dégoûtant !

]Vime SAVERGNE

Et vous qui la défendiez, tout à l'heure !

ACTK PHEMIKU 45

RUMIM.ES

Pour faire le malin ! Maintenant.

M'"*^ SAVERGNE

Chut ! la voici !

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