ACTE PHKMIKK
UUMII.I.ES
Oh ! bonjour, chère madame ! Je ne vous voyais pas...
M'^"^ SAVERGNE
Vous connaissez l'univers entier et ses dépendances, n'est-ce pas?
RUMILLES
Faut bien ! le métier, chère madame, le sale métier! Si je ne connaissais pas tous les gens et toutes leurs histoires, je serais le dernier des journalistes. Ce serait de l'incapacité professionnelle.
M^'^ SAVERGNE
Parfait! Alors là, franchement, le cœur sur la main, qu'est-ce que vous pensez d'Antoinette Sabrier?
RUMILLES
Du bien.
SAVERGNE
Ah ! ah !
M™^ SAVERGNE
Vous m'étonnez.
RUMILLES
Pardonnez-moi. Une fois n'est pas coutume. J'ai connu Antoinette petite fille. J'étais un intime de la maison... Je l'aime beaucoup.
U^^ SAVERGNE
Heu ! heu ! trop ?
RUMILLES
Pas si bête. Je perdrais mon temps
M"^*^ SAVERGNE
Allons donc !
SAVERGNE
Attrape !
RUMILLES
C'est comme j'ai le regret de vous le dire. On voit que vous n'avez pas connu sa maman, Mme Cercenet I Quelque chose de très bien, de très d'aplomb, Mme Cercenet. C'est elle qui a élevé Antoinette et elle en a fait une femme, une vraie femme. Non, Antoinette a beau être une femme du monde, ce n'est pas une grue, je vous assure.
M*"^ SAVERGNE
Non, mais... Vous avez une façon de la défendre...
RUMILLES
On l'attaquait donc ?
M^^ SAVERGNE
Alors quoi, honnête ?
RUMILLES
Mieux que ça. Droite.
M™*' SAVERGNE
Oui... oui... et Doreuil ?
RUMILLES
Amitié. Grande amitié... Intimité... Confidences... Rien d'autre.
M™^ SAVERGNE
N'est-ce pas? Et Jamagne ?
RUMILLES
Oh ! celui-là. Pas même ça ! Rien 1 La peau :
M™*" SAVERGNE
Justement.
Acri: i'i{i:.\m:i{ 1 1
RUMILLES
Nou ! Je vous assure ! Je m'y connais. I^as <;a. lioniiiaiii.) Je le sentirais.
SAVERGNE
A la bonne heure !
M'"^' SAVERGNE
Alors elle adore son mari ?
RUMILLES
Oh ! non ! pas si jeune... Elle Taime bien, ce qui n'est déjà pas si mal... et elle ne le trompe pas, ce qui n'est déjà pas si commun.
SAVERGNE, à part.
Attrape, ma fille ! (ii remonte ver= vignac.) C'est bien fait, ça lui apprendra.
M"'® SAVERGNE
Voui !... Un tour de jardin du côté des seiTes, monsieur Rumilles, en attendant les chansonniers.
RUMILLES
Volontiers.
M'"'" SAVERGNE
Monsieur Rumilles...
RUMILLES
Chère madame...
m"'® SAVERGNE, désignant les deux hommes.
Laissons-leur prendre un peu d'avance, voulezvous ?
RUMILLES
Avec plaisir.
12 AINTOIiNETTE SABRIER
^me SAVERGNE
J'ai si rarement roccasion de vous voir et de bavarder un peu avec vous.
RUMILLES
C'est vrai. Et vous voulez bien le regretter?
M°^*^ SAVERGNE
Mais certainement. Ça vous étonne ?
RUMILLES
Oh ! je... voilà !
Ils remontent. — A ce moment, Louis descend vivement et interpelle les tziganes.
LOUIS
Dites donc, on vous réclame sur la pelouse, on veut danser.