ACTE ni:uxii:ME
tins, vous vous réveillerez plusieurs fois millionnaire- M. Sabrier esl en train de faire de vous une des reines de Paris.
Ah!
M'"^ SAVERGNE
C'est tout. Ça ne vous transporte pas? ça ne vous ravit pas ?
Mon Dieu, non ! Notre époque n'est plus aux reines.
^nie SAVERGNE
C'est ce que prétend cet affreux socialiste de Rumilles.
Il va bien, cet abominable Rumilles?
M"^® SAVERGNE, indifférence jouée.
Je pense. Oh! nous ne le voyons pas souvent. Voilà une huitaine qu'il n'est pas venu à la maison.
Tiens ! tiens ! Est-ce qu'il se rangerait?
j^me SAVERGNE
C'est un garçon bizarre.
C'est plutôt un garçon capricieux.
M"^^ SAVERGNE, vivement.
Ah ! vous savez quelque chose?
Rien... rien... je parle d'après mon expérience per-
68 ANTOINETTE SABHIEU
sonnelle. Il n'est pas revenu ici depuis le mois de juillet, depuis cette fête... vous savez ?
M"^® SAVERGNE
Tiens ! et pourquoi ?
ANTOINETTE, tout doucement.
Je vous le demande.
Fanny paraît à la porte du fond.
FANNY, à mi-voix.
Madame!
ANTOINETTE, sursautant.
Qu'est-ce que c'est ? Ah ! Fanny !... Vous permettez ?
M"'^ SAVERGNE
Comment donc ! (Elle se lève, va à la grande baie et regarde le jardin. Antoinette, nerveuse, donne quelques ordres à Fanny à voix basse, tout en observant Mme Savergne. Quand celle-ci se retourne, Antoinette
congédie Fanny.) Ça ne VOUS attHstc pas, VOUS, la campagne, à cette époque?
Au contraire. Je l'aime beaucoup en ce moment.
M*"® SAVERGNE
Parce que vous avez des amis fidèles qui viennent vous voir presque tous les jours... les Doreuil, M. Dangenne...A propos, il parait que c'est un charmant garçon, ce petit Dangenne?
Charmant, en effet.
M^^ SAVERGNE
Il avait la réputation d'un sauvage. Il ne la méritait donc pas ?
Mais si.