‹ Antoinette Sabrier. L'enfant chérieChapitre 32 sur 111 · ANTOINETTE, FANNY · texte numérisé non relu

ANTOINETTE, FANNY

Vous êtes prête, Fanny?

FANNY

Oui, madame.

Vous prendrez avec vous la grande valise. Elle n'est pas trop lourde. Vous pouvez la porter jusqu'à la gare?

FANNY

Oui, madame.

Bien. Je garderai avec moi le sac à main. Avant de vous en aller, descendez-moi donc ici mon chapeau, mon manteau, mes gants.

FANNY

Bien, madame.

Nous allons au Havre, mais nous ne partirons pas par le même train. Vous prendrez, vous, l'express de sept heures. Vous arriverez à onze heures un quart. Vousdescendrez à Frascati et m'y retiendrez un appartement.

(Elle lui lend de l'argent.) TeUCZ.

FANNY

Merci, madame. Quand dois-je attendre madame?

Tard dans la nuit... ou demain dans la matinée. Mais

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ne veillez pas. Je vous ferai demander si j'ai besoin de vous. Vous allez parlir tout de suite pour Paris par le train de six heures. Vous n'avez que le temps. — Ahl vous ignorez où je vous emmène. Xous partons en voyage... mais vous ne savez pas où nous allons... pour personne! J'ai confiance en vous et je compte sur votre discrétion.

FANNY

Aladame doit savoir combien je lui suis dévouée.

.Je le sais, Fanny, mais je tiens à vous avertir sérieusement, parce qu'il s'agit de choses sérieuses, très sérieuses... Maintenant, descendez-moi ce que je vous ai

demandé et partez. (Fanny sort. Antoinette, seule, va s'asseoir contre la porte du hall et regarde au dehors. Il fait nuit noire. Rentre

Fanny avec les effets.) C'cst bien, mcrcl. Vous scrcz à Pads à six heures et demie. L'express est à sept heures. Rappelez-vous : hôtel Frascati.

FANNY

Madame peut être tranquille. Au revoir, madame.

Au revoir, Fanny, et bonne route.

FANNY

Bon voyage pareillement, madame.

Elle sort.

Antoinette, seule, met son chapeau, son manteau, jette un coup d'oeil circulaire sur le hall, jette un coup d'œil scrutateur sur le jardin, revient, va refermer le piano qui était resté ouvert, pottsse deux poufs comme pour s'ouvrir un passage, prend le sac à main, s'arrête un moment, éteint l'électricité et dit : « Enfin ! Elle s'élance et sort par le perron. — A ce moment, elle se heurte à quelqu'un dans l'ombre.

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