‹ Antoinette Sabrier. L'enfant chérieChapitre 65 sur 111 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

ÉMILIENxXE, BOURNERON

ÉMILIENNE, tendant la joue.

Ma monnaie !

BOURNERON, l'embrassant.

Tu ne te laisses pas refaire, toi, au moins? J'avais tout empoché froidement... Faut que je rende gorge?

EMILIENNE

Un peu. mon père. — Enfin ! C'est toi tout de même !

BOURNERON

Enfin ! Dirait-on pas que je viens de m'absenter quelque six mois. Trois semaines ! En voilà une afaire !

AC.Ti: IMIK.MIKIJ 181

KM I LIEN Mi

Tu en parles à ton aise! Trois semaines sans toi ! (la m'a paru trois ans.

boui{m:iu)n

Allons ! allons ! ne cherche pas à me faire trop de plaisir. Ça n'est pas généreux. Tu veux donc me manquer tellement dans l'avenir que je ne puisse plus partir ?

ÉMILIENNE

Voui.

Bourneron s'approche et l'embrasse.

BOURNERON

Ça, c'est une dette. J'acquitte une dette. C'est pour les fleurs.

ÉMILIENNE, les regardant.

Elles sont jolies.

BOURNERON

Elles te reflètent.

ÉMILIENNE, touchée.

Eh ! — Elles t'ont fait plaisir ?

BOURNERON

Comme tout ce qui me vient de mon enfant chérie.

ÉMILIENNE

Quand les as-tu reçues ?

BOURNERON

Il y a une heure à peu près.

ÉMILIENNE

Qu'est-ce que tu faisais ?

bourneron Je... hum !... Je finissais de déjeuner.

ÉMILIENNE

Le pauvre papa ! il a déjeuné tout seul, ici, dans cet appartement sens dessus dessous. C'est très triste.

BOURNERON, coiniquement.

Très triste... Oh ! tu sais, j'ai l'habitude.

ÉMILIENNE

Pourquoi ne m'as-lu pas écrit ? Je serais venue te tenir compagnie.

BOURNERON

Cela t'aurait dérangée.

ÉMILIENNE, le menaçant.

Répète voir un peu.

BOURNEION, SJ garant.

Je m'en garderai bien. Je tiens à ma beauté ; je n'en ai qu'une.

ÉMILIfcNNE

Tu sais, je te trouve froid avec moi.

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