ACTE DEUXIÈME 2l
télégraphier à son amie, à lui écrire, à moins qu'il ne trouve encore plus pratique de l'installera Mulhouse ou à Golmar. En tout cas, à son retour...
PIERRE
Oh 1 à son retour ! Laisse-moi faire. Décide-le seulement à partir.
ÉMILIENNE
Oue veux-tu dire ?
PIERRE
Plus tard. Je ne veux rien te dire aujourd'hui. J'entends assumer seul l'entière responsabilité de ce qui se passera. Allons ! c'est promis ? Je peux compter sur toi ?
ÉMILIENNE, avec émotion.
Tu es sûr au moins que le bonheur de papa est en jeu dans cette aVenture ?
Sûr, et sûr aussi que, si nous ne nous dépêchons pas d'agir, dans quelques semaines il sera trop tard ; comprends-moi bien : papa sera perdu pour nous ; e//e nous l'aura pris. Tu entends. Nous n'existerons plus pour lui ; je te dis : il l'aime comme un gamin.
ÉMILIENNE
Eh bien ! C'est entendu. J'essayerai.
PIERRE
A la bonne heure. (Remontant.) Viens-tu les rejoindre aux serres ?
ÉMILIENNE
Non, je préfère me reposer ici un moment. Je me sens un peu fatiguée.
PIERRE
Comme tu voudras. En attendant, fais-toi donc toujours ordonner la campagne, la vraie, pas la banlieue rabougrie et poussiéreuse, mais la campagne près ' des montagnes, des Vosges, avec leurs sapins hygiéniques... Allons, à tout à Iheure I
ÉMILIENNE, s'asseyant.
A tout à l'heure !