ACTE TROISIÈME tA
exigeât la rupture ! Mais je l'attends, mais je la souhaite, mais je rapjielle de tous mes vomix! Seulement, pour le repos de ma conscience, je ne veux pas (ju'elle vienne de moi; je ne veux pas le quitter; je ne veux pas l'abandonner; je veux (ju'il me chasse.
BOUR.NEHON, soiiidcmtnl.
Et s'il te tue ?
ÉMU.IEWE
Tant pis pour lui, s'il en est capable! Moi, tu sais bien le cas que je fais de la vie. Mon bonheur m'est plus précieux qu'elle. Et puis, je te l'ai dit, je suis courageuse ; qu'est-ce que ça peut bien me faire de mourir ?
BOURNERON, violemment.
Tais toi ! Tu es une fille ingrate et sèche. Un petit être égoïste et sans cœur. Ah ! le beau courage vraiment et qu'il y a lieu d'en être fière! Va-t'en, tu me déplais. Je n^ t'aime plus.
ÉMILIENNE
Je t'ai fait de la peine, mon pauvre papa. Pardonnemoi.
BOURNERON
Non, tu ne m'as pas fait de peine, je t'en veux. Oser me dire cela à moi, en face, à moi qui n'ai que toi, à moi qui t'aime de toutes les forces de mon vieux cœur, juste le jour où je suis déjà si accablé, ah 1 c'est mal, c'est mal, c'est mal!
Il pleure.
ÉMILIENNE, bouleversée.
Papa ! mon chéri ! Pardon ! Je ne savais pas ! j'ai parlé comme ça, au hasard, bêtement. N'aie pas de chagrin, voyons, oh ! mais, n'aie pas de chagrin... je ne veux pas, tu entends, je ne veux pas.
L ENFArST CHERIE
BOURNERON
Amoureuse ! Je vous demande un peu. xVmoureuse! Cette gamine, ces vingt ans qui en paraissent dix-sept en se donnant du mal, ça se mêle daimer comme les grandes personnes. Et qui, encore? Henri, cet Henri que j'ai vu grandir, que j ai presque élevé, que j'aime, pis, que j'estime! Ah ! les misérables que vous faites?
ÉMILIEXNE
Oh! non! pas lui ! Moi, insulte-moi tant que tu voudras I Mais pas lui, il ne le mérite pas. Tout a été de ma faute, tout, tu entends, tout. Je l'aime trop pour te permettre de le calomnier.
BOURNERON
Comme tu laimes, en effet ! Ah I il ta bien volée à moi, le misérable I
ÉMILIENNE, très doucement.
Maintenant, je crois que tu peux te confesser à moi!
BOURNERON
Non, ce n'est pas la même chose. Plus tard, quand tu auras des enfants, et que je serai très vieux. Alors, tu pourras me confondre avec eux. Aujourd'hui, nous sommes encore trop jeunes tous les deux. Allons, renégate! Viens me demander pardon pour tout le chagrin que tu me fais et tout le souci que tu me donnes. Et puis, regarde-moi bien dans les yeux et jure-moi un grand serment. Jure-moi d'être prudente, avisée. Ju^emoi de ne pas être téméraire, de ne pas exposer la vie de mon enfant chérie. Sinon, je ne vivrais plus, j'aimerais mieux mourir tout de suite. C'est juré, hein? Je te confie ce que j'ai de plus cher au monde.
ÉMILIENNE
Sois tranquille.