‹ Antomie comparée de cerveau, dans les quatre classes des animaux vertébrès, appliquée à la physiologie et à la pathologie du système nerveuxChapitre 11 sur 48 · J XV · texte numérisé non relu

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On voit donc, d’après ces principes, que toutes les parties se développant de ,1a circonférence au centre, toutes sont nécessairement soumises au double développement qui sert de base à la loi de symétrie.

Toutes les parties uniques , qui se trouvent dans le centre de l’encéphale, sont primitivement doubles, de même que tous les organes uniques des autres systèmes organiques.

Ainsi il a premièrement deux voûtes, deux corps calleux, une demi -commissure de chaque côté des pédoncules, deux glandes pinéales, deux cervelets, deux protubérances annulaires, comme il y a deux cordons principaux à la moelle épinière et à la moelle allongée , deux pédoncules cérébraux, deux couches optiques , deux corps striés, deux lobes optiques, deux hémisphères cérébraux.

En se réunissant d’après la loi de conjugaison, ces parties donneront naissance à toutes les cavités de l’encéphale , à tous les ventricules , aux trous que l’on a si improprement nommés vulve et anus chez les mammifères.

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La formation de ces cavités et de ces trous est donc sous la dépendance de la même loi que les cavités intestinale, aortique, que les cavités du cœur, et que tous les trous et toutes les cavités du système osseux. C’est sur un plan général et uniforme, c’est par une marclie commune que se forment et se développent tous les organes des animaux. Il était , je crois , trèsimportant de rallier à ces principes fondamentaux la formation de l’encéphale dans les quatre classes des animaux vertébrés.

Il ne l’était guère moins , je pense , de considérer cet organe également dans les quatre classes, de son point le plus élevé , et de faire voir comment, de l’encéphale si simple des poissons , dérive un organe aussi complexe que celui des mammifères.

.Fai démontré cette proposition par l’analyse , en remontant des vertébrés les plus simples aux plus élevés ; je vais en prouver la certitude par la synthèse , en descendant des animaux supérieurs aux inférieurs.

Soit un singe, considéré à sa naissance : vous trouvez dans son encéphale toutes les parties qui distinguent les mammi-

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lères des autres vertébrés. Remontez dans la vie utérine , vous voyez d’abord disparaître certains lobes des hémisphères cérébraux , les hémisphères du cervelet , le corps calleux ^ et la protubérance annulaire.

Ce qui reste correspond à l’encéphale des oiseaux.

Examinez un embryon plus jeune : la voûte disparaît, les hémisphères se contractent en arrière, les tubercules quadrijumeaux sont à découvert sur la face supérieure du cerveau j ce sont alors deux lobes jumeaux, comme chez les reptiles, dont cet encéphale vous reproduit le type.

Enfin, remontez plus haut encore dans la vie utérine , vous trouvez cet encéphale formé par des lobes alignés symétriquement 1 un à cote de l’autre: vous trouvez un cervelet forme de deux parties, lune droite, l’autre gauche, ou d'une lame mince recouvrant en partie Je quatrième ventricule : vous avez enfin l’enâemble de 1 encéphale des poissons.

Ainsi en remontant, dans Péchelie animale, des poissons aux singes, vous voyez l’encéphalese compliquer graduellement, comme

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en descendant des mammifères adultes à leurs différentes époques de formation embryonaire, vous apercevez cet organe se décomposer successivement. Vous arrivez par ces deux voies au même résultat , à l’unité de leur formation et de leur composition.

L’encéphale des animaux vertébrés est donc construit sur un type uniforme et avec les mêmes élémens. En remontant des classes inférieures aux supérieures , on voit cet organe, si simple d^abord, s’élever graduellement , chez les reptiles et les oiseaux , jusqu’à cette organisation admirable que nous lui connaissons chez les mammifères , et à cette structure plus admirable encore, qu’il nous présente chez l’homme.

Mais en parcourant cette grande évolution , tous les élémens ne suivent pas dans toutes les classes un développement proportionnel. Chaque classe se fait remarquer par la prédominance d’une ou de plusieurs parties de ^encéphale. Chaque élément fondamental est tour-à-tour dominateur ou dominé ; et selon le développement ou l’atrophie de telle partie , il en résulte telle

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ou telle forme dans l’ensemble général de l’organe.

Ainsi j chez les poissons , le développement prodigieux des lobes optiques paraît s’effectuer aux dépens des hémisphères cérébraux qui restent atrophiés : il résulte de là que ces lobes sont la partie fondamentale de leur encéphale ; ils sont à cet organe , dans cette classe, ce que sont, chez les mammifères , les hémisphères cérébraux : de là naît leur complication; de là naît aussi la configuration générale de leur encéphale , sur lequel on voit toujours saillir ces lobes. >

Avec le développement des lobes optiques coïncide celui des lobes olfactifs , du lobe médian du cervelet détaché chez beaucoup de poissons, et de la moelle épinière. Il y a harmonie de développement entre toutes ces parties.

Les hémisphères cérébraux , les hémisphères du cervelet, sont réduits , au contraire , à zéro d’existence.

Ces dernières parties sont en discordance de développement avec les premières.

Chez les reptiles, une harmonie différente

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s’établit. Le cervelet est l’organe le plus affaibli. Il reste toujours à un état si rudimentaire, qu’il ne forme qu’un feuillet trèsmince couvrant à peine la moitié du quatrième ventricule.

Les lobes optiques sont encore trèssaillanssur la face supérieure de l’encéphale, quoiqu’ils soient beaucoup moins compliqués que chez les poissons.

Ce que ces lobes, et surtout le cervelet, ont perdu 3 est acquis pour les hémisphères cérébraux.

Il y a déjà , sous le rapport de ces hémisphères, une distance immense des poissons aux reptiles. Ces organes ne sont plus isolés l’un de l’autre comme chez les poissons osseux ; ils sont réunis en arrière et au milieu; leur configuration rappelle déjà celle des classes supérieures. La couche optique et le corps strié deviennent distincts , les hémisphères s’élèvent au niveau des lobes optiques, et souvent les dépassent, comme chez les tortues.

Chez les poissons tout est sacrifié aux lobes optiques; toutes les parties paraissent affaiblies chez les reptiles pour concourir au

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développement des hémisphères cérébraux .

De là naît déjà l’atrophie des lobes olfactifs que l’on remarque dans cette classe.

Chez les poissons, le lobule olfactif s’est, développé en raison directe de l’atrophie des hémisphères : chez les reptiles l’inverse a lieu ; les hémisphères produisent à leur tour l’atrophie des lobules olfactifs. C’est dans ce balancement comparatifdes élémens de l’encéphale, que se trouve l’explication des formes permanentes de cet organe dans ces deux classes.

Les lobes optiques , qui étaient l’organe dominateur chez les poissons , et qui s’étaient maintenus encore chez les reptiles , sont à leur tour dominés, chez les oiseaux, par le cervelet et les hémisphères cérébraux. Affaissés dans leur partie moyenne, ces lobes disparaissent de la face supérieure de Lencéphale ; le cervelet, prodigieusement accru, vient occuper leur place ; il s’élève, chez les oiseaux^ de la même manière que les lobes optiques chez les poissons. Le cervelet est donc à l’encéphale des oiseaux, ce que les lobes optiques sont à l’encéphale des poissons.

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Sous le rapport du cervelet , il n’y a aucun rapprochement à établir entre les oiseaux et les reptiles ; ces deux classes sont à une distance infinie l’une de Pautre, considérées sous ce point de vue.

Il n’en est pas de même des hémisphères cérébraux. Ajoutez aux hémisphères de la tortue la lame rayonnée et ses pédoncules ; renflez un peu leur partie postérieure; faites légère’ment saillir leurs couches optiques, et vous aurez les hémisphères cérébraux de tous les oiseaux sans exception. Ces deux classes se touchent presque par leurs hémisphères cérébraux , tandis qu’elles sont si éloignées par leur cervelet.

Quoique dominés chez les oiseaux , les lobes optiques déplacés restent néanmoins visibles sur les cotés et à la base de leur encéphale ; chez les mammifères , ils disparaissent complètement de la face extérieure de cet organe , étouffés en quelque sorte par le développement prodigieux des hémisphères cérébraux.

Ainsi , chez les poissons , les lobes optiques dominent en quelque sorte tout l’encéphale ; chez les reptiles ils partagent avec

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les hémisphères cérébraux l’influence qu’ils exercent sur l’ensemble de tout l’organe , tandis que le cervelet est presque réduit à rien. Chez les oiseaux , le cervelet acquiert une prépondérance qu’il n’avait dans l une ni dans l’autre de ces classes.

Enfin, chez les mammifères supérieurs, les hémisphères cérébraux débordent tellement les tubercules quadrijumeaux, qu’ils commandent à leur tour la disposition générale de tout l’encéphale.

Chez les oiseaux, le cervelet, en se développant , s’est porté d’arrière en avant pour aller recouvrir les lobes optiques et occuper leur place : les hémisphères cérébraux sont à-peu-près restés stationnaires ; chez les mammifères , ce sont , au contraire , les hémisphères qui , par un mouvement inverse , viennent envahir toute la face supérieure de l’encéphale. Plus les hémisphères se développent , plus ils se portent en arrière.

Ainsi , chez les mammifères inférieurs et chez les didelphes , les hémisphères, peu développés en arrière , laissent encore à nu les tubercules quadrijumeaux sur la

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face supérieure (le l’encéphale. Chez certains rongeurs et chez les ruminans, ces tubercules sont complètement cachés ; chez les carnassiers , la progression des hémisphères en arrière continue toujours, les tubercules quadrijumeaux et le bord antérieur du cervelet sont recouverts par les hémisphères; chez les cétacés, le phoque et les singes , le cervelet parait s’enfoncer sous les hémisphères cérébraux qui continuent leur développement : enfin, chez l’homme , tout le cervelet est recouvert par eux.

Cet accroissement des hémisphères est produit par le développement d’un lobe particulier , qui vient occuper leur partie moyenne, et que j’ai nommé, à cause de sa position , lobe sphénoïdal.

Ce lobe manque chez les poissons , les reptiles et les oiseaux, il manque chez les mammifères inférieurs : sa manifestation commence chez les ruminans ; il augmente ensuite de ces animaux aux carnassiers , au phoque , aux cétacés , au singe et à l’homme.

L’accroissement des hémisphères du cervelet suit celui des hémisphères cérébraux ;

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il coïncide constamment avec l’atrophie du lohe médian de cet organe.

En se développant, tous les élémens fondamentaux de l’encéphale se creusent d’un ventricule. Cette cavité semble avoir pour but d étendre leur superficie.

Ainsi chez l’homme , les singes , les carnassiers 9 la moelle épinière est solide ; elle se creuse d’une petite cavité chez les rongeurs ; cette cavité intérieure augmente chez les reptiles et les poissons à mesure que la moelle épinière se développe.

Il en est de même des tubercules quadrijumeaux j ils sont solides chez les mammifèi es , et creux dans les trois classes inférieures.

11 en est de meme du lobe médian du cervelet j une cavité interne s’y manifeste chez les oiseaux ^ ou ce lobe est porté à son maximum. Les rudimens de cette cavité pai aissent chez les rongeurs , et disparaissent chez les ruminans et les carnassiers.

11 en est de meme des hémisphères cérébiaux j ils sont solides chez tous les poissons , comme les tubercules quadriju—

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meaux et la moelle épinière des mammifères. Ils sont presque solides chez les reptiles, une cavité à peine perceptible s’y développe. Cette cavité augmente chez les oiseaux ; elle se développe beaucoup chez les rongeurs ; et en la suivant des ruminans aux carnassiers , aux singes et à l’homme , on voit se déployer dans l’intérieur des hémisphères les vastes ventricules que l’on y remarque.

Il en est de même du lobule olfactif : ce lobule est solide chez l’homme , les singes, le phoque et les carnassiers, où il est peu développé , de même que chez les oiseaux; il se creuse, chez les ruminans, les rongeurs , les reptiles et les poissons , en raison de son accroissement.

Ce développement des cavités, à mesure que les élémens de l’encéphale se développent , est donc un caractère général de l’organisation de cet organe. Le rapport du volume des organes donne donc le rapport de capacité de leurs ventricules. 11 est constamment le même chez les embryons et chez les animaux parfaits. Ainsi , pour en donner un exemple, le lobule olfactif et les tu-

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hercules quadrijumeaux sont creusés d'une cavité interne chez tous les embryons des mammifères supérieurs. Cette cavité diminue et s’oblitère complètement à mesure que ces organes s’affaissent et qu’ils sont dominés par les parties qui les environnent.

A mesure aussi qu’un élément devient dominateur dans une classe , ou éprouve une modification qui lui est spéciale , des parties nouvelles se développent , et deviennent les caractères classiques de leur encéphale.

Ainsi, chez les poissons, la structure des lobes optiques offre une complication qu’on ne retrouve ensuite dans aucune autre classe. On voit dans leur intérieur des parties nouvelles , qui ne se reproduisent ni chez les reptiles ni chez les oiseaux, ni chez les mammifères; ce sont ces parties que l’on a sans aucun fondement assimilées au corps calleux, à la voûte, à la corne (l’Ammon, au corps strié, à la couche optique des mammifères.

Chez les oiseaux , la transposition des lobes optiques donne naissance à la forma-

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lion d’une commissure rayonnée qm’on ne retrouve plus nulle part; il se développe en même temps dans leur intérieur des tubercules particuliers , que l’on a si improprement comparés aux tubercules quadrijumeaux des mammifères.

Observons à ce sujet avec quelle incertitude procédaient, et procèdent encore quelques anatomistes dans la détermination de l’encéphale. Les tubercules qui se montrent dans les lobes optiques des poissons, sont comparés aux corps striés et à la couche optique; ces mêmes parties, chez les oiseaux, sont assimilées aux tubercules quadrijumeaux. Une si mauvaise méthode pouvait-elle produire autre chose que le vague et l’incohérence que l’on remarque dans cette partie de la science?

Les hémisphères continuent , chez les oiseaux, le développement qu’ils avaient commencé chez les reptiles; on voit naître entre eux une lame rayonnante pelliculée , qui n’existe ni chez les poissons , ni chez les reptiles, et qui correspond à la voûte chez les mammifères.

- Le lobe médian du cervelet étant, chez

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les oiseaux, l’organe dominateur, on voit se développer, dans sa profondeur, un second ventricule , qui ne se retrouve ni chez les mammifères, ni chez les reptiles, ni chez les poissons.

Enfin , chez les mammifères , le prodigieux accroissement des hémisphères cérébraux et le développement transversal du cervelet donnent naissance à la formation de parties nouvelles qui manquent dans toutes les autres classes.

Ainsi l’on voit des lobes particuliers compliquer le cervelet et les hémisphères cérébraux. On voit naître dans ces derniers, leur voûte très-complexe, leur corps calleux , qui est à leurs hémisphères ce que la commissure rayonnée est aux lobes optiques des oiseaux. On voit se former la protubérance annulaire , qui est aux hémisphères du cervelet ce que le corps calleux est aux hémisphères cérébraux.

Les formes permanentes de l’encéphale , dans les quatre classes des animaux vertébrés , sont donc produites par le balancement respectif de ses diverses parties , et par l’influence réciproque que ces

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parties exercent les unes, sur les autres.

Chez les poissons, les lobes optiques sont l’élément dominateur.

Les hémisphères cérébraux sont atrophiés.

Le lobule olfactif est très-considérable.

Le cervelet est moyennement développé.

Chezles leptiles , les lobes optiques perdent leur influence.

Le cervelet est presque anéanti. Les hémisphères cérébraux se développent beaucoup comparativement à ce qu’ils sont chez les poissons.

Le lobule olfactif est , à son tour , atrophié.

Chez les oiseaux , le cervelet devient la partie dominante.

Les lobes optiques sont affaiblis.

Les hémisphères cérébraux sont accrus.

Les lobules olfactifs sont presque anéantis.

Chez les mammifères , les hémisphères cérébraux deviennent , à leur tour, les organes dominateurs.

Le cervelet continue son développement transversal.

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Les tubercules quadrijumeaux sont réduits à leur minimum d’existence.

Le lobule olfactif éprouve de très-grandes variations.

Ti ès-développé chez ceux où les hémisphères le sont peu, il diminue et disparaît presque complètement, à mesure que l’on s’élève des ruminans aux carnassiers, aux singes et à l’homme.

De ces faits découle la loi du balancement des deux substances qui entrent dans la structure de l’axe cérébro-spinal du système nerveux.

En général plus une partie se développe , plus on voit se multiplier les faisceaux , les radiations etles plexus de lamatièreblanche.

Plus elle s’atrophie , plus on voit diminuer la matière blanche, tandis que la matière grise augmente.

Si, comme tous les faits portent à le croire, c’est principalement dans la matière blanche que siègent les propriétés du système nerveux, on voit donc que ces propriétés et les fonctions qu’elles concourent à développer seront soumises au même I. f

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spinal, les conduisaient nécessairement à ce résultat.

L’observation vint cependant le rectifier. Haller, Sœmmering et M. le baron Cuvier firent un pas immense vers la vérité , en établissant que l’encéphale, la moelle épinière et les nerfs crâniens ne partageaient point, chez les mammifères, cette harmonie de développement. On remarqua, au contraire, que la moelle épinière et le cerveau suivaient , dans cette classe , une progression inverse.

Considérée en général, cette proposition est exacte , surtout chez les mammifères. Dans les animaux qui composent cette classe , on voit décroître la moelle épinière, à mesure que le cerveau se développe: dans les trois classes inférieures , on observe aussi que le cerveau s’atrophie en raison du développement de la moelle épinière.

Mais les élémens fondamentaux de Pencéphale étant , chez les animaux vertébrés, dans une variation continuelle de volume , toutes les parties dont cet organe se com-

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pose étant tour à tour dominées et dominantes , selon la classe où on les observe , on voit dès-lors combien de nouvelles inconnues sont introduites dans le problème par ces nombreuses variations.

Une première donnée à acquérir était donc de rechercher sous quelle influence s’opérait ce balancement respectif des élé— mens du système nerveux. Ce balancement avait-il quelque chose de commun dans toutes les classes ? Suivait-il un ordre ré-

gulier? Etait-il assujéti à quelques règles? Quel était cet ordre? Quelles étaient ces règles , si elles existaient? Telles sont les notions dont la connaissance formait les données préliminaires des rapports du système nerveux.

Il est bien vrai , comme l’ont établi Sœmmering et M. Cuvier ? que la moelle épinière et l’encéphale sont développés en raison inverse l’un de l’autre. Mais tout l’encéphale ne partage point ce rapport.

Certaines parties sont développées en raison directe , d’autres en raison inverse de la moelle épinière. Pour avoir des no-.

niscouns

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lions précises , il était donc nécessaire de distinguer ces rapports opposés.

La moelle épinière est repétée dans ben-

céphale par les tubercules quadrijumeaux, par le lobe médian du cervelet , par le corps restiforme , par le trapèze de la moelle allongée, par le lobe de riiippocampe , le lobule olfactif et la voûte chez les mammifères.

De-là résulte l'harmonie de développement que l’on remarque entre toutes ces parties.

La moelle épinière est , au contraire, en discordance de développement avec les olives de la moelle allongée , les hémisphères du cervelet, la protubérance annulaire , le lobe sphénoïdal des hémisphères cérébraux, les corps striés, la couche optique et le corps calleux. De-là découlent leurs rapports inverses.

Les nerfs des sens sont développés en raison directe de la moelle épinière, du lobe médian du cervelet , des tubercules quadrijumeaux, des lobes optiques , du lobe de l’iiippocampe et du lobule olfactif.

Ils sont développés, au contraire , on

préliminaire. lxxxvij

raison inverse des hémisphères du cervelet, du pont de Varole, du lobe sphénoïdal, et du corps calleux.

M. le baron Cuvier a si bien exprimé dans son analyse ces divers rapports, que je crois inutile de les répéter ici. Je me borne seulement à indiquer leur cause ou leur principe (i).

Mais ce balancement respectif des formes transitoires des embryons, des formes permanentes du système nerveux des animaux vertébrés, était lui-même un problème piquant dont la solution intéressait l’anatomie comparative. On ne pouvait guères parcourir ce vaste tableau de formation et de développement d’un système aussi important, sans vouloir en connaître le ressort. Cette idée m’a beaucoup occupé dans toutes mes recherches sur l’organogénie, et j’avoue que c’est après m’être long-temps épuisé en vaines conjectures , que je m’aperçus enfin que tout le secret résidait dans le système sanguin ; système , par l’intermède duquel s’établit , entre toutes les parties ,

(1) Voyez à ce sujet le rapport de M. Cuvier.

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l’harmonie générale qu’on leur remarque, des poissons aux mammifères.

Il semble , au premier aperçu , que rien n’était si simple à faire que cette découverte. Les anciens ont si souvent répété 1 depuis Harvey, que le sang est la matière coulante des organes , qu’il paraissait tout naturel d’attribuer leur formation au système qui le renferme. Ce n’est cependant qu’après les plus longues recherches que je m’aperçus de la coïncidence qui existait entre la formation de ce système , et celui des organes qu’il concourt à développer.

J’ai fait, il y a bien des années , l’application de cette idée à la théorie de la dentition ; j’ai montré que l’intéressant phénomène de la double dentition des mammifères avait sa cause dans le balancement alternatif des doubles artères qui pénètrent le double ordre de dents qui se succèdent à des intervalles plus ou moins longs.

Plus tard , j’ai fait remarquer dans les lois de l’ostéogénie , que la formation successive des os succédait au développement

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progressif (les artères. Je vais en faire ici Inapplication au système nerveux.

Si vous examinez les embryons, vous voyez successivement paraître, en premier lieu, les artères de la moelle épinière; en second lieu, celles du cerveau;et en troisième lieu , celles du cervelet. Vous voyez en même temps ces trois parties se développer dans le même ordre.

Un des phénomènes les plus curieux de la formation de l’encéphale , est la marche opposée que suivent le cervelet et les hémisphères cérébraux. L’un se dirige d’arrière en avant , les autres suivent une progression inverse et se portent d’avant en arrière. Aucun autre organe ne m’ayant offert une marche analogue , je fus longtemps à en découvrir la raison , qui néanmoins est très-simple , puisque les carotides internes et les vertébrales ont une direction opposée dans l’intérieur du crâne.

Les carotides internes sous l’influence desquelles se développent les hémisphères cérébraux, se dirigent d'avant en arrière; les vertébrales, qui forment le cervelet, se portent au contraire d’arrière en avant. On

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voit donc que le cervelet et le cerveau devaient nécessairement suivre une direction opposée chez tous les embryons et chez tous les animaux vertébrés.

En suivant pas à pas les métamorphoses des embryons, on trouve d’abord dans l’encéphale les artères des tubercules quadrijumeaux très-développées , tandis que celles du cervelet et du cerveau sont à peine dessinées. Avec cette disposition coïncide le développement considérable de ces tubercules.

Plus tard les carotides internes et les vertébrales prennent de l’accroissement ; les artères des tubercules, de dominantes qu’elles étaient, sont dominées à leur tour.

On remarque en même temps que les tubercules quadrijumeaux s’affaissent à

mesure que sous l’influence de l’augmenta-

tion du calibre de leurs artères , les hémisphères cérébraux et le cervelet augmentent dans toutes leurs dimensions. En comparant chez les embryons le développement des hémisphères cérébraux avec celui de leurs artères , on voit que la couche optique, le corps strié , la voûte et le corps calleux,

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augmentent graduellement de volume , à mesure queïes artères choroïdiennes, striées et cérébrales postérieures , prennent de l'accroissement.

Le même rapport s’observe constamment dans le cervelet. On voit le lobe médian de cet organe se développer , d’abord avec l’artère cérébelleuse antérieure; puis en second lieu , avec l’artère cérébelleuse postérieure , paraissent les hémisphères du cervelet^ dont l’accroissement suit toujours les dimensions de cette artère.

Si nous quittons les embryons , et que nous portions nos regards sur l’ensemble des animaux vertébrés , nous voyons se développer en grand ce que nous venons d’observer en petit dans les métamorphoses des embryons.

Nous trouvons des classes entières chez lesquelles dominent constamment les artères des tubercules quadrijumeaux ; tandis que les artères cérébrales et cérébelleuses restent atrophiées ; ce qui explique l'affaissement du cervelet et des hémisphères céréb raux , à côté du prodigieux dévelop-

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