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tives du même organe chez les embryons des mammifères. Je conçus dès-lors la possibilité de faire pour cet organe ce que ces zootomistes illustres avaient tenté avec tant de succès pour les os qui composent la tête. Ce fut là mon point de départ.
La classe des oiseaux ayant toujours fait dévier les anatomistes de la ligne des analogies , je m’appliquai d’abord, en profitant d’une des belles idées de MM. Galï et Spurzheim , à ramener leur encéphale à celui des mammifères, qui était le terme de mes rapports. Je passai ensuite à celui des reptiles, qui était plus simple, et je terminai, enfin, par les poissons, dont l’encéphale était un véritable dédale.
Un peintre habile, M. Fertel , eut la patience de me suivre dans toutes ces recherches , et de peindre sous mes yeux les douze cents figures qui composent le grand atlas que j’envoyai au concours. En outre, je trouvai dans la bienveillance de M. le baron Cuvier , de M. le professeur Geoffroy-Saint-Hilaire et de M. Frédéric Cuvier, des ressources sans lesquelles j’aurais en vain tenté de traiter ce vaste sujet.
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Telles sont les circonstances favorables au milieu desquelles a été composé cet ouvrage. Les résultats principaux en sont déjà connus du public, par le rapport étendu qu’en fit en 1821 M. le baron Cuvier. On se rappelle la sensation que fit ce rapport parmi les anatomistes. On était accoutumé depuis long-temps à voir paraître sur le système nerveux des conjectures plus ou moins ingénieuses, des hypothèses plus ou moins vraisemblables, pour expliquer ses diverses modifications dans le règne animal : un ouvrage qui ne renfermait que des faits , et qui paraissait satisfaire aux besoins de la science, parut nouveau sous plus d’un rapport.
Dans le cours des années 1822 et 1823 divers anatomistes français et étrangers ont publié sur le même sujet des recherches , provoquées , comme l’observe M. le baron Cuvier , par le prix que l’Académie des Sciences proposa pour 1821 (1), et qui fut décerné à mon travail.
Parmi ces anatomistes, les uns ont con-
(1) Analyse des travaux de t A endémie royale des Sciences . pendant l’année 1820, pag. 6/j. Cette remarque n’est point
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firmé mes vues en totalité ou en partie ; les autres les ont rejetées sur certains points plus ou moins importans ; il est résulté de là une dissidence d’opinions très utile sous quelques rapports , mais qui tendrait , si elle était fondée, à reporter la science au point où elle en était à l’époque où l’Institut mit la question au concours.
Les uns , en effet , persistent à ne voir dans les lobes optiques des oiseaux , que la couche optique des mammifères ; un autre suppose que cette couche s’est divisée en deux parties ; il pense que la moitié postérieure développée a donné naissance aux vastes lobes postérieurs des oiseaux , tandis que la moitié antérieure est restée à sa place. Un troisième avance que les hémisphères cérébraux manquent dans cette
applicable au premier travail du célèbre Tiedemann, intitulé Anatomie et formation du cerveau de l'embryon de l’homme , publié en 1816, et que j’ai connu en 1821. La seconde partie , que cet illustre anatomiste parait avoir composée en même temps que l’ouvrage qu’il envoya a l’Institut à l’occasion du concours (même analyse, page64), aétémise, en 1825, par son savant traducteur, M. le docteur Jourdan, au niveau des connaissances actuelles.
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classe , et que ce que l’on a pris pour eux , n’est autre chose que le lobule olfactif. Ces opinions isolées et partielles sont appuyées, par leurs auteurs , sur des suppositions très-ingénieuses ; mais il suffit de les réunir pour en saisir l’invraisemblance.
- Les reptiles qui , à cause de la simplicité de leur encéphale, n’avaient guère figuré* dans les indéterminations du système nerveux, sont devenus pour le cervelet un sujet de doute et de conjectures nouvelles ; on a privé toute celte classe de cervelet avec aussi peu de raison , selon nous , que l’on a retranché aux oiseaux leurs hémisphères cérébraux.
Enfin , les poissons , dont le cerveau offre des combinaisons si diverses, sont rentres dans le vague d’où j’espérais que mès travaux les avaient fait sortir. On a de nouveau méconnu leurs lobes optiques ; quelques anatomistes persistent à voir en eux les hémisphères cérébraux des classes supérieures ; d’autres , adoptant ma détermination à leur sujet , leur refusent tantôt le cervelet, tantôt les lobules olfactifs , tantôt les hémisphères cérébraux
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Ces diverses opinions, fondées sur des recherches profondes , et qui ont donné naissance à des aperçus très-ingénieux, tendraient , je le répète , à ramener la science au point où elle en était avant la publication du rapport de M. le baron Cuvier. Pour taire cesser cette confusion, il devient donc plus nécessaire que jamais de fonder l’anatomie comparative du cerveau sur des principes généraux qui, applicables à toutes les classes , expliquent les différentes modifications de cet organe dans chacune d’elles , et permettent de saisir les rapports de ses diffe'rentes parties.
Ces principes , puisés dans l’anatomie transcendante, sont les mêmes que ceux que j’ai soumis à l’examen de l’Académie royale des Sciences , dans mon ouvrage sur les lois de l'ostéogénie (i). Ces principes sont en quelque sorte devenus classiques
(1) Cet ouvrage a remporté, en 1820, le prix de physiologie expérimentale de l’Académie royale des Sciences , avec le beau travail que vient de. publier M. le docteur Edwards, sur l’influence des agens physiques sur l;t
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par les applications qui en ont été faites à l’anatomie comparée des vertébrés , par M. le baron Cuvier , M. le professeur Geoffroy-Saint-Hilaira et M. Dutrochet; à celle des invertébrés , par M. le professeur Latreille et M. le docteur Audouin ; et enfin à la médecine opératoire des enfans, par M. le professeur Lisfranc , l’un des plus célèbres chirurgiens des hôpitaux de Paris.
Dans les sciences qui ont pour base l’observation , les faits se multipliant à l’infini , l’esprit a besoin de les coordonner, de les rattacher les uns aux autres pour saisir leur ensemble et leur dépendance mutuelle ; lorsqu’un rapport général et constant a été observé entre plusieurs fails du même ordre , ce rapport devient ce qu’on nomme principe ou loi.
Un fait est expliqué dans ces sciences , quand on a ramené sa manifestation au rapport générai dont il dépend , de la même manière que dans les sciences physiques un phénomène est ramené à l’élasticité , à la gravité , à Paffinité , etc. Le
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rapport des principes, comme cause, avec les phénomènes comme effets, est un axiome presque fastidieux à répéter aujourd'hui en physique , en chimie , en astronomie , etc. Dans les sciences anatomiques cette doctrine est toute nouvelle 5 les faits primordiaux manquaient à la science pour l’étahlir, et ne pouvaient même lui être acquis dans l’ordre des idées qui dirigeaient les observateurs. Il était donc nécessaire , avant de pouvoir établir des principes , de trouver les faits qui leur servent de base, et de montrer leur généralité dans les divers systèmes organiques des animaux. Ceux qui connaissent les difficultés que présente l’anatomie des jeunes embryons , jugeront des obstacles qu’il m’a fallu vaincre pour m’élever au-delà du point où s’élaient arrêtés tous les anatomistes.
Depuis que cet ouvrage a été présenté à l’Académie des Sciences , MM. Eugène Caillard et Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire, jeunes anatomistes , qui promettent à la science les plus grandes espérances, m’ont puissamment aidé à vérifier de nouveau I. b
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les laits principaux qui lui servent de base.
Rapport fait à l’Académie royale des Sciences en mars 1821 , par M. le baron Cuvier , secrétaire perpétuel.
« L’Académie avait proposé , pour sujet du prix à décerner cette année , l’anatomie comparative du cerveau dans les quatre classes d’animaux vertébrés. Ce prix vient detre remporté par M. Serres , médecin de l’hôpital de la Pitié ; et le travail important et volumineux qu’il a présenté au concours , accompagné d’une multitude de dessins , a tellement satisfait à ce que les anatomistes pouvaient désirer , que nous croyons devoir leur présenter ici , pour hâter leur jouissance, une analyse étendue, que nous empruntons en grande partie à l’auteur.
* Depuis trois siècles environ on s’est beaucoup occupé de l’anatomie du cerveau; on a senti toute l’utilité dont pouvait être pour ce sujet l’anatomie comparative : mais une partie de ces efforts ont été infructueux, à cause peut-être du point de départ.
» Les anatomistes cherchèrent d’abord les ressemblances dans l’encéphale des animaux comparé â celui de l’homme , qui leur était particulièrement connu ; ces ressemblances furent saisies chez les mammifères , parce qu’aux pro-
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portions près , cet organe est la répétition de luimême dans les différentes familles dont cette classe se compose.
» On y trouva tout comme chez l’homme; on y dénomma tout comme chez lui : on arriva ainsi à l’anatomie des oiseaux avec des idées toutes formées ; mais , dès les premiers pas , on se trouva arrêté dans la détermination des parties dont se compose leur encéphale. Les lobes cérébraux et le cervelet furent bien reconnus ; mais on méconnut les tubercules quadrijumeaux à cause de leur changement de forme et de position; on méconnut également la couche optique , et on crut à une composition différente de leur encéphale.
» La chaîne des ressemblances parut dès-lors rompue ; et lorsqu’on en vint aux poissons , il sembla impossible de la renouer , par une circonstance que nous allons faire connaître.
» Les anatomistes s étaient habitués , on ne sait trop pourquoi , à disséquer le cerveau humain par sa partie supérieure , et celui des mammifères d’avant en arrière ; celte méthode eut peu d’inconvéniens chez eux ; elle en eut également de faibles chez les oiseaux , parce qu’il était difficile de méconnaître les lobes cérébraux et le cervelet.
» Il n’en fut pas de même chez les poissons : leur encéphale se compose d’une série de bulbes alignés d’avant en arrière, tantôt au nombre de deux, de quatre et quelquefois de six : à quelle paire devait-on assigner le nom de lobes céré-
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braux? était-ce aux antérieurs , aux moyens ou aux postérieurs? Les anatomistes n’ayant aucune base pour établir l’une ou l’autre de ces déterminations, elles furent tour à tour adoptées et rejetées.
» On conçoit qu’avant de chercher à établir les rapports des différens élémens de l’encéphale , il était indispensable de faire cesser cette confusion , de déterminer leur analogie et d’établir cette détermination sur des bases qui fussent les mêmes pour toutes les classes.
» Cette recherche fait l’objet de la première partie du travail de M. Serres , dans lequel il décrit séparément le cerveau pour chaque classe en particulier , en considérant cet organe depuis les embryons devenus accessibles à nos sens, jusqu’à l’état parfait , et à l’âge adulte des animaux.
» L’analogie de chaque portion de l’encéphale étant déterminée , il a consacré la dernière partie de son ouvrage à l’étude de leurs rapports comparatifs dans les quatre classes des vertébrés : les propositions générales qui suivent sont l’expression de ces rapports.
» La moelle épinière se forme avant le cerveau dans toutes les classes.
» Elle consiste d’abord , chez les jeunes embryons, en deux cordons non-réunis en arrière, et qui forment une gouttière; bientôt ces deux cordons se touchent et se confondent à leur partie postérieure; l’intérieur de la moelle épinière est alors creux ; il y a un long canal qu’on peut dé-
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