‹ AntoniaChapitre 16 sur 18 · I. Marcel Thierry m'a ramenée par le pavillon, où · texte numérisé non relu

I. Marcel Thierry m'a ramenée par le pavillon, où

ai (\ù m'arrétcr pour causer avec lui de mes atV.ures.

)il('s aux «lomesliques de se coucher; la voiture rcn-

H'v.i (iiiiuid If cocher sera d»'j,MMsé.

— Ah ! mon hicu ! madame sait donc...? Ce pauvre iasiienî j«' \u'U\ bien le jurera madame!... il s'est ris»'' par dépit, parce (pie madame avait pris un liacre.

Si cette e\j)licali(Mi lit sourire Julie, les siennes pro- )res parurent bizarres i\ la soubrette; mais elh» n'y n!eFi(lit pas malic<\ La vie de Jidie était si n'i^ulièn» t si chaste! Llle pensa seulement rpje la situation iiiancière étail en faraud |»ériL puiscpi'on passait la luiit

en i^irler avec le procureur, et (*lle lit part de ses upiiéUnles aux aulics valets, cpii s'(Mi nllli^èrent tout n sonji(\uit à ne point laisser arriérer leurs gages. Le

valet (lo cliamhrc, qui ('tait l'aiiii de Camille et quî par contre-coup protégeait Dasticn, s'en alla à l'Iiôlel crOrnionde et ne l'y trouva pas. Bastien avait coni|)ris qu'on le renvoyait au cabaret et y était retourné; il y dormait du sommeil des anj^es, seul sommeil réj)Uté assez délicieux pour servir de comparaison à celui d'un ivrop:ne. La voiture l'attendait à la porte, et le valet de pied, son subordonné, avait consenti à garder les cbevaux à la condition que, de quart dbeure en (juart d'heure, on lui apporterait de quoi se récliaulléi* sur le siège. Ces drôles ne reparurent à l'iiôtel (pi'au ^Tand jour et ne retrouvèrent leur raison qu'au bout de vini^^-quafre beun s. En d'autres circonstances, Julie les eût chassés ; mais elle prévit que l'aventure bachique embrouillerait le fait de l'aventure rominescpie dans les idées de l'antichambre et dans les commentaires de la loge. C'est ce qui arriva, et comme les gens qui servaient madame d'Rstrelle n'étaient pas malveillants à son égard, il scnd)la que rien ne dût transpirer de l'emploi de cette nuit insolite.

La nuit suivante, par prudence, on se tint coi: mais, la nuit d'ensuite, les deux amants, sans s'être donné rende/.-vous, se retrouvèrent dans les boscpielî du jardin, et se redirent avec un j)laisir nouveau tdut ce (pi'ils s'étaient dit l'avant-veille. Ou continua ainsi sans trouble et sans danger ajipareiU, rien n'i'tan plus facile i\ madame dTstrelle que de se glisser bon «le ses appartements, et même sans de grandies pré cautions, ses gens ayant l'habitude d(» la voir prendn

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a frais, seule et assez lard, dans les nuits d'été.

Quelle douce existence, si elle eût pu durer! Ces endcz-vous avaient tout l'attrait du mystère, sans jue le remords en troublât les délices. Libres tous Icux et n'aspirant qu'à l'union la plus sainte, soucnus par un amour assez fort pour savoir attendre, Is ('(aient là dans la luiit, dans les buissons de tleurs, ans la splendeur de l'élt' (\\\\ commence et ((ui conerve toutes les grâces du printemps; ils étaient là omme deux fiancés à qui l'on a permis de s'aimer, t (pii, sans abuser, se caclient pour ne point faire de aloux. C'é'iait la lune de miel du sentiment préci'dant elle de la passion. La passion en était bien di'jà, mais onibalhic, ou plutôt réservée d'un commun accord )onr la plias»' du combat cl de la vaillance, cardon ivait bien (;e (pi'il fa;idrail bi'avcr, et Julien disait à on auTu' :

— Vous souffrirez beaucoup |»our moi, je \i\ sais; ■t, moi, j(» soulfi'irai de vous voii* soulViir; niais nous ions appailirndrons alors, et l'amour aura des ivreses (|ui nous rendront invulnérables aux altriiih's du leliors. Ouand méinc vous n^ seriez |)as ganlé'»' ici >ar votre jmdcur «'t i)ar ma Miu'ialion, il me semble

|[iie r(''^'oïsmt; bi(Mi entendu me ferait une loi de ?i.« »as ('puiser tout mon boiilieiir à la fois.

Kn d'auires iiioiiieiils , .Julien ('lait plus a'^itt* ol noins résij;n(' à l'alhMile. Julie alors le calmait en le Uppliant de se rappcliT ce (jii'd a\ail dit la veille. • — Je suis si licureusc depuis <pie nou^ nou> aimons

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