I« \ N ION I
armoiries, (l'csl \)\vu l'ail, jo h> sens, je le reconnais; Je me repens, mais je ne veux pas (ju'on me plai^Mie, et j'acreplerai sans (liseussion l'annu^ne «pie les parents (le mon mari voudront l)ien me faire pour sauver son hoimeur.
In silence ({'('lonncmeiil r( dVunolion succY'da ;\ cette (iéelaijA|iijii__de h^^ avait jtarit'
avec un accent de (l()uleurinarconteimt', connne une |)ersonne lasse de discuter des intérêts matériels, (pji ct'^de au l)esoin (h\ résumer sa vie morale et de trouver la formule pliilosopliique de sa situation. La fière Amélie d'Ancourl fut plus j^candalisée qu'attendrie d'un aveu qui condamnait ses propres idées et les habitudes de sa caste ; de plus, elle trouva cet épanchement de son amie un peu ris([ué en j^résence d'un petit robin.
Quant au robin, il fut franchement attendri ; mais il n'en lit rien paraître, habitué cpi'il était »i voir les explosions du sentiment intime dominer les convenances, même chez les j^ens les plus haut placés.
— C'est une touchante et sincère créature cjue ma belle cliente, se dit-il en lui-même; elle a raison de s'accuser; il n'y a pas de loi humaine qui puisse faire sortir un oui de la bouche résolue à dire non. Elle a péché connne les autres, par convoitise des joujoux qui brillent; mais elle lavoiic tristement, et en cela elle vaut mieux (]ue la plupart de ses pareilles. Ce n'est pas à moi di; la consoler; je me borntîrai à la sauver, si je peux. — Madame, dit-il après avoir
loiirné ces réHexions dans sa [C'U\ vous pouvez aufrurer niioux, pour vos intérêts, de l'avenir que du passé. f.p-pi:i''s<Mit vous montre que M. le marquis se décidera ditlicilement à vous libérer, mais qu'il ne se (ÎT^Tulera "pas du tout à veTus abandonner. Le mince appoint qu'il vous offre n'est pas le dernier, on me l'a fait entendre, et j'en suis certain. Laissez passer quel(jues mois, laissez les créanciers de son fils vous faire des menaces, et vous le verrez mettre encore la main dans sa poche pour empêcher la vente de l'hôtel. Oubliez ces tracasseries, ne songez point à déménager, tiez-vous au temps et aux circonstances.
— Fort bien, monsieur, dit la baronne, à (pii il tardait de donner son avis et de montrer l'orgueH de sa (jualité. Vous donnez là un conseil fort sage ; mais, à la place de madame la comtesse, je ne le suivrais pas. Je refuserais net ces petites charités mes(|uines î... Oui, certes, je rougirais de les accepter! Je m'en irais fièrement vivre dans un couvent, ou, encore mieux, chez une d(î mes amies, che/ la baronne d' Aneourt IKir ex»*mple,et je dirais au maicpiis et à la marquise : <t Débrouillez-vous, je laisse vendre. Je n'ai pas fait de dettes, moi, et je ne me soucie pas de celles de monsieur votre (ils. P.iyez-les avec les lambeaux de fortune (pi'il m'a laissés, et nous verrons bit*n si vous supporterez en public le spectacle de mon dénùmeiil. » Oui, ma chère Julie, voilà ce que je ferais, et je vous réponds (jue le niar(|uis, que son second
inariai^e a Tort (Mii-iclii. rcnilviait devant la vil«»ni(' (i»» cfs pourparlers.
— Madaiih' la comtesse (rKstrello se ran-e-l-elle à cet avis, (Kl le procureur, et dois-je casser les vitres?
— Non, répondit la coml('>>e. hites-nioi en deux mots en (|iioi consiste l;i contribution de idoiï beau pî're. «'t, (pini (pie ce soit, j'accepte.
— La cbose consiste, reprit Marcel Thierry, en une petite l'erme (in lUMuvoisjji, d'environ viniît mille livres, (M en un j)avill()n fort ancien, mais non d«'labré, s/5 en votre rue. et formant rexlrémit*' du jardin (le votre hôtel.
— Ah! ce vieux pavillon du temps de Richelieu? dit la comtesse avec inditî'érence.
— l ne Hicoquel dit la baruniie. (Icl.i n'est bon qu'à jeter par terre !
— Possible, reprit Marcel; mais le terrain a (piel.pic valeur, et. connue voici la rue ([ui se bâtit, on pourrait vous acheter l'emplacement.
— l"t je laisserais s'élever si près de ma maison, dit Julie, une maison ayant vue sur mon jai'din et |>res(|ue sur mes apparleiiients.
— Non, vous exii:erie/, (prelle vous tournât le dos, et ([u'elle prit ses airs sur la rue ou sur le jardin de mon oncle.
— (Jui. votre oncle? demanda la baronne avec un indélinissable accent de (h'dain.
— M. Marcel Thierry est, n'pondit la comtesse,
proche pni'j'iil <k' unni vui>iii, le riche M. Autniiie Tliierry, dont vous avez certainement entencJu parler.
— Ah ! oui, un ancien commerçant.
— Armateur, reprit Marcel. Il a fait sa fortune aux colonies sans jamais mettre le pi<'(l sur un navire, et, i^râce à (riiahiles calculs el à d'heureuses circonstances, il a pi;.mé rpiehjues millions comme <jui (lirnit au coin de son h'U.
— Je lui en fais mon compliment, réplicjUM la haronne. Il hahite donc de ce côt«^-ci ?
— Son hôtel donne sur le nouveau cours; mais son jardin n'est s<''|)ar«'' que |>;ir un mur (!♦• celui de la comtesse d'Kslrelle, et le pavillon se trouve faire un coude entre les deux piopiiétés. Or. mon oncle pourrait bien acheter ledit pavillon, soit pour ié«mlariser son enclos en le (N'-truisanlj soil en le ivparant pour en f;iire une serre ou un lo;,'ement de jardinier.
— Alors, dit la haroinie, le riche M. Tliieny convoite ce pavillon, et p('ut-»*tre vous a-t-il <léjà charii»'...
— Il ne m'a cliai-^'^.' de rien. réj)ondit Marcel par une interruption assez, terme. Il i^'iiore comph'tement les alVaircs de mes autres clients...
— Alors vous êtes aussi son procureur?
— Naturelh'menl, madame la haronne; «c tpii ne m'i'inpèchera pas de lui faire payer h* plus cher pos- NJhle ce (pi'il plaira à madame la comtesse de lui vendi'e, et il ne iiifii >aura pas mauvais ^ré. Il c»)nnait trop les atl"aiiT> pour ne |»as savoir la valmr d'un immeul)l»* i^ sa ronv» nance.