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— Mais je iw. suis pas (li'c'icli't; à vendre celui dont nous parlons, dit la comtesse sorlaiil d'une sorte de vai^ue rêveiie. Il ne intî fîêne pas. Il est lial)ité pai" une personne di^ne et Irainpiille. à ee (pi'on m'a dit.
— (Jui, madame, dit Marcel; mais c'est un petit loyer (|ui ne va aui^menler votre revcmi que de bien j)eu. l'ourtanl, s'il vous plait de le conserver, il sera encore utile, en ce sens qu'il représente une valeur rassurante pour les intérêts d'une de vos dettes.
— Nous verrons cela, monsieur Thierry. J'y penserai, et vous me donnerez conseil. I)it(;s-moi le chill're total du don que vous m'apporte/.
— XCente mille livrpg Anviinn,
— Dois-je ri'mcrcier ?
— A votre place, je n'en ferais rien! s'écria la bai'onne.
— Remerciez t()uj()ur>. dit à voix basse le procureur. In mol de bonté modeste et résiirnée ne coûte rien à un cœur comme le votre.
La comtesse écrivit deux litrnes et les remit à Marcel.
— Espérons, dit-il en .^e levant, (jue le mar(|uis d'Estrelle sera touché de votre douceur.
— Ce n'est [)oint un méchant homme, reprit Julie; niais il est bien vieux, bien ali'aibli, et sa seconde femme le gouverne beaucoup.
— (l'est une véritable peste cjue l'ex-madame d'Orlandes! s'éci'ia la baronne.
— N'en dites [)as de mal. madame; la baronne,
ANJONIA. 1"
reprit Marcel ; elle est de ce monde et de cette opinion (lue vous regardez certainement comme la loi et les [»ro[)liMe.s.
— Comment (a, monsieur le procureur?
— Elle déteste les idées nouvelles et regarde les privilèges du sang comme l'arclie sainte des traditions.
— Ne me faites pas l'atlronf do me comparer à cette femme-là, dit la baronne : qu'elle pense bien, c'est possible; mais elle agit mal. Elle est avare, et on prétend que, pour de l'argent, elle trahirait même ses opinions.
— Oh! alors, dit Marcel avec un sourire de doute (jue madame d Ancourt prit pour un hommage, je comprends qu'elle inspire à madame la baronne une aversion profonde.
Il |)rit congé et se retira.
— Cet homme-ci n'eM pas trop mal élevé! dil la baronne, cjui avait suivi des yeux l'aisance digne et iesp<'Ctueus(^ de sa sortie. Vous l'appelez Thierry?
— Comme son oncle le richanl, et coiiinie son Muire oncle, beaucoup plus avantageusement coiniu, Thieiry, le [M'inlre de Heurs.
— Ah! le peinire? Je l'ai prescpie coiiiin. moi, ce luiii Tliieri'v ! Mon mari le recevait \o matin.
— Toul le monde le recevait à loutes les heures, ma irès-clièif, du moins les gens de ;;«>ùt et d'esprit: car (•"('lail un vieillard charmant, d'une «'ducation parfaite »'l d un enti'ctien des plus agréables.
— Aj)j)aivniiiiiTjMelw d'Aiirourt m ajogiio^d 'reprit et (l<j,j^()ùt,rar il lU' h; voulait pas i\ diner...
— Je no (lis pas f(ue le baron niaiicpie...
— Dites, dites, ça m'est bien ('i2al, j'en sais plus lonji que vous là-dessus!
Kt, sur cette réponse à deux tranchants, la. baronne, fjui dédaignait souverainement riiitcllect de son mari, mais (jui lui pardonnait en faveur (!<' ses hautes prétentions cl la qualité, partit d'un i^rand et franc éclat de rire.
— Reprenons notre propos sur ces Thierry, dit-elle. \'ous étiez donc liée avec l'artiste ?
— Non, je ne l'ai pas connu. Vous savez (pie le comte d'Kstrelle est tombé malade aussit(')t a[)rès son mariaj^^e, (jue je l'ai accompagné aux eaux, et qu'en fin de compte je n'ai jamais reçu personne, |uiis(ju'il n"a fait que languir jusqu'à sa mort.
— C'est ce (jui fait que vous n'avez jamais vu le monde et (jue vous ne le connaissez pas. Pauvre petite, après vous être sacrifiée pour une vie brillante, vQus n'a\Tz"conuÎML»e^^'s devoirs 'S^^dre à un moriboncîTles cré]^ du deuil et les tracasseries d'afiaires! Voyons, il faudrait pourtant sortii- de tout cela ma ch('re Julie; il faudrait vous rcmai-iri'.
— Ah! Dieu m'en ,:jai'de'. sécria la comtesse.
— Nous voulez vivre seule et vous enterrer à votre âge? Inqiossible !
— Je ne peux pas vous dii'e ipie cela soit de UKM) ;iOÛt, je \\\'V. sais j-ien. J'ai tellement passé à C(*)té de