‹ AntonielleChapitre 11 sur 13 · CXXVIII · texte numérisé non relu

CXXVIII

A ces mots, chacun de se précipiter sur

• * les petits et d’en prendre un sur ses épaules.

L’aubergiste, déjà averti, avait tiré de sa cour son corricolo. On avait cueilli, en descendant du bois, des branches de chênevert, d’oranger, de laurier, pour en orner le soufflet, les ressorts, les roues et les .harnois des chevaux du corricolo. On y fit monter les sœurs du couvent de Naples, puis Antoniella, toute rouge de joie, puis l’Abruzzienne, toute tremblante d’émotion.

ANTONIELLA.

puis les deux jumeaux, couchés sur les

genoux des deux femmes; le curé de Santa-

Agatha consentit à monter et à s’asseoir dans le fond de la voiture, comme pour jouer le beau rôle de la religion et de la Providence dans l’issue de ce drame aux yeux du peuple.

Le postillon, ayant attaché des rubans à son chapeau et au manche de son fouet, fit claquer son fouet et partit au milieu des flots de poussière. Les vociférations de la foule émue l’accompagnèrent jusqu’au sommet de la montée de Santa-Agatha. Elles se renouvelaient de distance en distance chaque fois qu’un groupe d’habitants, sur les bords de la route, voyait s’approcher le corricolo.

« E viva la madré innocenta e i figUoli!»

s’écriaient-ils en saluant le curé, les sœurs, les beaux enfants endormis et l’Abruzzienne.

Le voyage n’était qu’un triomphe.

Enfin on arriva vers six heures du soir à

Capo-di-Chino, au milieu du faubourg le plus turbulent de Naples ; la foule, avertie par les voyageurs, était immense; le corricolo la fendait avec peine pour se rendre d’abord à la prison de la Yicaria, par la place du Vieux- Marché, et y déposer Antoniella, ensuite au couvent de la Miséricorde, où le curé de Santa-Agatha devait montrer les enfants, l’Abruzzienne et son

mari aux sœurs.

antoniella.

Mais à peine le corricolo, suivi par la foule innombrable des lazzaroni, était-il arrivé à la Piazza-Medina, au bout de la rue de Tolède, près de la fontaine, qu’un embarras inattendu se trouva sous les pieds des chevaux et arrêta la course du corricolo. Des clameurs s’élevèrent en même temps du sein de la multitude. Le postillon arrêta ses chevaux, de peur d’écraser une bande de galériens vêtus de rouge et de jaune, qui sortaient en ce moment de la prison sous la garde de dix gendarmes, pour prendre la route des Calabres et passer de là en Sicile.

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