‹ AntonielleChapitre 12 sur 13 · IG · texte numérisé non relu

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AN1 ONIELLA.

C’était la bande des condamnés dont faisait partie Lorenzo. Il venait d’être gracié de la peine de mort, et son supplice, par l’intercession du ministre de la marine, avait été commué en dix années de galères, par considération de son combat désintéressé contre le brigantin barbaresque et de son retour volontaire à la Yicaria.

Il reconnut à l’instant Antoniella et, élevant ses mains chargées de chaînes, il lui montra le brin de laine qu’il portait toujours sur sa poitrine, et lui dit à voix basse : — Non mai si rompera! Il ne se rompra jamais !

Antoniella, de son côté, fondant en larmes, lui montra les deux enfants qu’on l’accusait d’avoir tués, et lui dit avec un

ANTONIELLA.

secret orgueil et en souriant au milieu de ses pleurs :

— Regarde mes victimes, et pars avec la conviction de mon innocence. Qu’il sera beau le jour où la pauvre Annunziata pourra les revoir! »

En disant ces mots, elle s’élança du corricolo pour embrasser son amant.

Le geôlier les sépare, elle dit adieu à Lorenzo et se précipite dans la Vicaria.

Les sœurs de Santa-Agatha, le curé, les enfants, l’Abruzzienne, son mari et la foule firent tourner la tête des chevaux du côté du couvent de la Miséricorde, et y reconduisirent Antoniella. On y remercia la famille des étrangers des bons soins donnés aux jumeaux,

AN TON I K LL A

Le soir, on les reconduisit h Santa- Agatha.

Pendant ce temps, l’infortuné Lorenzo s’en allait, pleurant moitié de joie, moitié de tristesse, sur la route de Sicile, sous la conduite des gendarmes. Le frère d’Antoniella le suivait librement et lui rendait tous les services d’un compagnon libre à un prisonnier enchaîné ; il se souvenait d’avoir dû son salut à l’amant de sa sœur, et ne doutait plus de son innocence.

Au bout de quelques jours, ils arrivèrent à Reggio, en face de Messine, passèrent

ANTONIELLA.

le détroit et furent remis au bagne militaire de cette ville; on l’y reçut avec rigueur pour punir sa désertion, mais avec respect pour récompenser son humilité et sa bravoure. Le générai des galères lui fit enlever ses fers, ordonna de le traiter en prisonnier, mais en brave 1 . Le jeune Barbaresque ne le quitta plus; il voyait en lui un frère.

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