‹ Antonio Perez et Philippe 2Chapitre 104 sur 191 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

charretées de bois destinées a mettre le feu a TAIjaferia 1 , et les insurgés, qui se pressaient autour du palais du saint-oftice, criaient : « Hypocrites Castillans, rendez la liberté aux prisonniers, ou vous allez mourir dans le feu t comme vous y faites mourir les autres 8 . » Ce fut alors que le vice-roi don Jaime Ximeuo, tout ému de ce soulèvement, se rendit auprès des inquisiteurs avec le docteur Monrreal, otïicial de l'archevêque de Saragosse Bobadilla. Les insurgés entourèrent son carrosse et lui dirent d'un ton impérieux et menaçant . « Vice-roi, faites-nous rendre justice et défendez nos libertés 3 ! — Cela sera, mes enfants, leur répondit don Ximeno; j'obtiendrai justice pour vous et vos fueros seront respectés 4 . » 11 invita, en effet, les inquisiteurs à rendre les prisonniers 5 . L'archevêque Bobadilla leur écrivait de son côté : « La maison du marquis d'Aiménaïa est attaquée, et, pour détourner le danger qui menace sa personne, je ne vois pas d'autre moyen

• « Y mas sup6 este testigo por eosa noloiia que avia muclia canlitlail de lefia, para querer que mai ladicha casa de la iuquisicion. » (Collection Llorenle, vol. XIV, t. 111, loi. 82 V, même déposition.) — « Rcspondio Gil de Mesa diziendo... que don Pedro de Sese ténia quatrocientas carretadas de lefia juntas para quemar la inquisieion. * (Ibid., fol. 166 V, déposition d'Urban de la Serna.)

* Llorente, Uistoire critique de l'inquisition, t. 111, p. 593.

5 a Y los alborotadores se llegaron con las espadas desnudas a] coche, y decian â grandes voces : a Yirey, hacednos justicia, y guardad « nuestras libertades. » (Proceso, ms.)

4 a El quai les respondiô : « Fiad, hyos, que yo os liaré justicia, y « guardaré vuestros fueros y libertades. » (Ibid.)

5 Vnd

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que de replacer Antonio Ferez dans la prison des Manifestados 1 . »

Les inquisiteurs Hurtado de Mendoça et Morejou parurent disposés a cet acte de condescendance, que l'intraitable Molina de Medrano repoussa comme une faiblesse indigne des ministres de l'inquisition et des gardiens de la foi. 11 fut décidé qu'on retiendrait les prisonniers*; mais le péril devint bientôt plus grand : et les comtes d'Aranda et de Morata arrivèrent a Y Aljaferia pour conjurer les inquisiteurs de céder au vœu du peuple 8 . En même temps l'archevêque leur envoya un second billet plus pressant que le premier, et leur fit dire que les choses allaient en empirant, que les révoltés attendaient la nuit pour mettre le feu a l'archevêché, a la maison du justicia mayor, a V Aljaferia, et se livrer a d'irréparables désordres, si on ne leur remeltait pas Perez*. Les inquisiteurs délibéraient sans se résoudre, lorsque don Juan Paternoy 5 leur apporta, de la part de l'archevêque, ce troisième et laconique billet : « La

1 « La casa del marques cstan combatiendo, y no vco otro remcdio, para que no peligre su pcrsona, sino que vuestras mercedes buelban ï Antonio Perez à* la carcel de los Manifestados, pues en entcndiendo el pucblo lo que es se podrâ* tornar â cobrar. » (Collection Llorentc, vol. XIII, t. I, fol. 80.)

8 « Lo que se pass6 en la Aljaferia. » [Ibid., vol. XIV, t. IV, fol. 12, et une autre relation faite par Gerônimo de Oro, secrétaire de l'inquisition, vol. XV, t. V, fol. 55 à 55. — Argensola, cap. xxxi, p. 89 â 93.)

3 Collection Llorentc, vol. XV, t. V, fol. 53, 55. — Proceso, ms. * Collection Llorentc, vol. XIII, 1. 1, fol. 80. 8 Ibid., fol. 78.

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