‹ Antonio Perez et Philippe 2Chapitre 129 sur 191 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

pardon 1 . » En conséquence il amnistiait tout le monde, excepté les ecclésiastiques et les moines qui avaient pris part aux mouvements de Saragosse et qui devaient tomber sous la justice de Tinquisition; tous les jurisconsultes qui avaient déclaré qu'on pouvait légalement repousser l'armée castillane ; tous les capitaines qui étaient sortis a la tête de leurs compagnies pour la combattre ; tous les enseignes qui avaient levé bannière contre elle, et, de plus, cent dix-neuf personnes, parmi lesquelles étaient Antonio Perez, don Juan de Torrellas Bardaxi, gendre du comte de Sastago; don Pedro de Bolea, cousin du comte de Fuentes et aïeul des comtes (f Aranda; don Felippe de Castro Cervellon, de la maison des comtes de Boil ; don Pedro de Sese, tils de don Miguel et père de don Joseph, baron de Cerdan, qui fut depuis vice-roi d'Aragon; don

1 « Pero leniendo concideracion â la gran fidelidad de los de nues- Iro reyno de Aragon, y como por algunos buenos quanlo mas por tantos se ayan de perdonar muchos malos, usando de la clemencia y piedad que es natural y tan conforme à* nues Ira inclination ; y por el amor grande que lenemos al dicho nucslro reyno de Aragon y â los nalurales de el, deseando por ellos recibir y acoger û nuestra gracia y a amor â los otros que en cslo han prcvaricado, confiando que con la fidelidad antigua nos servirai) y lo continuaran de bien en mejor ; ncordandonos de la obligacion que lenemos los principes de imilar â Dios ISuestro Senor, que t autos pecados nos perdona ; considerando asi mismo que la mayor parte de los que se han mesclado en las turbaciones y sediciones pasadas lo ban becho por l a I sa persuasion, violencia, miedo, descuido y otra fragilidad bumana, babemos acordado y determinado, con parecer, acuerdo y delibcracion de los del nuestro consejo de Aragon supremo, de remiltir y perdonar, bazer y concéder la présente nuestra gracia y perdon. » (Proceso, ms.)

Juan de Moncayo, don Luis de Urrea, don Juan Coscon, Manuel don Lope, don Juan Agustin, don Dyonisio de Eguaras, Gil de Mesa et beaucoup d'autres gentilshommes, ainsi que des religieux, des notaires, des procureurs, des avocats, des marchands, des artisans, des laboureurs. La plupart d'entre eux parvinrent a sortir du royaume, d'où ils restèrent éloignés pendant la vie de Philippe H l .

Les sévérités de l'inquisition s'étaient ajoutées aux rigueurs de la justice royale. Le tribunal du saintoffice , dont les poursuites contre Perez avaient donné lieu a ces mouvements, reprit alors ses prétentions et les accrut. A la place des anciens inquisiteurs, Molina de Medrano, appelé a Madrid pour y recevoir la récompense de son zèle, Hurtado Mendoça et Morejon, éloignés deSaragosse, l'un comme trop doux, l'autre comme suspect d'être favorable a Perez, avaient été nommés les licenciés Pedro de Zamora, Velarde de la Concha et les docteurs Moriz de Salazar et Pedro Rêves, dont le dévouement et la dureté étaient sans bornes. Ceux-ci citèrent d'abord devant le tribunal trois cent soixante-quatorze personnes. Ils ne parvinrent cependant a en emprisonner que cent vingt-trois, les autres étant déjà soumises a la juridiction du docteur Lanz, ou ayant pris la fuite*. Ils en condamnèrent soixante-dix-neuf a mort, outre les censures infamantes qu'ils prononcèrent contre plusieurs des accusés, qui durent

1 Proceso, ms.

* Llorente, Histoire critique de Vinquisitim, t. III, p. 377.

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