‹ Antonio Perez et Philippe 2Chapitre 13 sur 191 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

liances ou par un relus. 11 parut condescendre a ses désirs et permettre a don Juan, lorsqu'il aurait terminé l'affaire des Pays-Bas, de tenter l'entreprise d'Angleterre en se servant des troupes espagnoles, si les Etats généraux consentaient a leur embarquement 1 . Du reste, ce projet d'invasion, qui ne fut tenté qu'en 1588, n'était pas nouveau. Déjà, au commencement de 1571, l'Italien Ridolli, secrètement accrédité par la reine d'Ecosse auprès du duc d'Albe et du roi d'Espagne*, s'était rendu a Madrid en passant par la Flandre, pour proposer a Philippe II de rétablir, de concert avec le pape, la religion catholique en Angleterre et de placer Marie Smart sur le trône de ce pays. Philippe H avait adopté sans hésitation les propositions de Ridolli, que le duc d'Albe lui lit abandonner comme chimériques 3 . En accédant au vœu de don Juan il revenait donc a une ancienne pensée qui plaisait à sa croyance et s'accordait avec sa politique

' Mémorial, p. 299, 300.

» Voir la lettre de Marie Sluart au duc d'Albe du 18 lévrier 1571, et les instructions données par Marie Stuarl à Ridolli, envoyé vers le pape, le roi d'Espagne et le duc d'Albe. (LabanolT, Lettres de Marie Stuart, t. III, p. 190, 221.)

5 Le roi écrivit, le 4 août, au duc d'Albe : a Esloy muy delerminado y l esuclto de procéder y asistir â esta causa haciendose de mi parte lodo lo que en el mundo me fuere posible para la promover y ayudar. » [Mm. de la R. Âcad. de hiitona, t. VII, p. 441.) Mais le duc d'Albe répondit à Philippe II, de Bruxelles, le 27 août 1571 : « Vo en ninguna mènera del mundo osaria aventurai- el négocie de V. M. sobre tan flaco, l'also y engafioso fundamento, y sobre ninguno olro de los de alli se puede assegurar sino sobre haberles vislo ejecutar las cosas que ofrescen. » (Ibid., p. 440.)

Don Juan partit pour les Pays-Bas vers la fin d'octobre, expressément chargé par son frère d'y ramener la paix en faisant toutes les concessions qui seraient compatibles avec la reconnaissance de l'autorité royale et le maintien du catholicisme. Laissant à Madrid Escovedo, chargé de s'entendre avec le secrétaire d'État Perez et le trésorier Garnica 1 , pour lui procurer l'argent nécessaire au payement des troupes et au succès de sa mission, il traversa la France sous un déguisement, et arriva le 4 novembre sur la frontière du Luxembourg*. 11 trouva la situation encore empirée. Les dix-sept provinces, poussées a bout par les excès des troupes espagnoles, négociaient l'union de Gant), qu'elles signèrent quatre jours après son arrivée. L'habile auteur de cette union, le prince d'Orange, avait déjà rendu don Juan suspect aux Étals. 11 leur avait écrit que le nouveau gouverneur ne valait pas mieux que le duc d'Albe 8 , qu'il était envoyé pour les tromper et les

1 « No he avisado a V. M. de loque se es Iralado las dos beecs que nos abemos junlado con Garnica, Escobcdo y yo, por haccrlo algo de momento, aunques de avisar algunas particularida(-es dello que se conficre. » (Ant. Perez au roi, ms. de la Haye, fol. 63 à 67.)

* « De mi jornada quiero decir lo poco que el tiempo me permitc, remitiendo a olros de quienes se cnlenderà* mas largo cual y como voy, que en sustencia es a Flandes por Francia con los disfraecs que puedo llevar y que despues de dios lian de salvarme. » (Del Pardo a 17 de octubre 1576. Don Juan a Garcia de Toledo, Colecion de documentos ineditos, Madrid, in-8% t. III, 178.)

5 « Je ne pense pas aussi pouvoir résoudre de mon passage ; parce que, estant assez adverli de ses 'desseings qui ne sont meilleurs que rculx du duc d'Albe, je n'ai aucunement délibéré de me mettre en

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