‹ Antonio Perez et Philippe 2Chapitre 137 sur 191 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

ment, et on ne peut supposer que je veuille la perdre dans les occasions les plus propres a en donner la preuve. Je ferai donc aujourd'hui tout ce qui sera en moi pour le prouver encore, surtout quand j'y trouve un moyen d'être utile au royaume a qui je dois tant, et de faire du bien aux miens et a mes affaires, désir si naturel et si commun à toute personne au monde. Si, en outre, il se joignait ou il se joint a cela de servir mon roi et mes affections, j'entendrai avec plaisir à des propositions discutables. Mais, en jetant les yeux sur des rigueurs si grandes et si inouïes et sur les personnes qui en sont victimes, qui peut avoir confiance? Qu'on donne au moins des gages et garanties préliminaires qui soient le commencement et l'assurance d'une bonne et sincère transaction, d'un traitement tout autre que par le passé 1 . »

Il se plaignait, si on avait des désirs de paix et de ' <

* « Ayer reeebi la caria de V. M ed de primera destc aiïo ; hé vislo por cita el successo de su prission de V. M ed ; hé lo sentido en el aima, y puedescme créer pues tengo credilo en el mundo de amigo de mis amigos, y no es de créer que le querré perder en las occasiones mayores para moslrarlo. Y en esta que agora se ofîresce haré quanlo en n iy fuere para el etTeclo que ligo, quanto mas junlandose à* ello el bien del reyno â quien yo devo tanto, y el beneficio de los mios y asiento de mis cosas (natural y comun desseo a todos). Pues que si con esto se juntasse 6 junta la salisfacion y servicio de my rey, de mis amores, holgaré yo de oyr medios tratablcs. Pero si veo taies rigores y tan ynauditos ellos y los quellos padescen, quien ha de créer â lo menos, si no vee prendas y senales precedientes y que estas comiencen, dando testimonio del bueno y verdadero trato y de que sera diferente del passado. » (Collection Morente, vol. XV, t. VI. fol. 220 r\)

réconciliation, qu'on ne lui eût pas renvoyé don Martin de la Nuza ; puis il ajoutait : « Si je vois que les négociateurs eux-mêmes ne soient pas bien traités, je me méfierai de tout et de tout le monde. Que don Martin revienne, qu'il rapporte une réponse concertée, qu'on commence par des actes de miséricorde, bien dus à la justice divine et humaine, à l'égard de ces pauvres enfants et de leur mère. Sans ces préliminaires, qu'ils ne se mettent pas en peine, je ne veux point prêter l'oreille a des arrangements qui n'auraient en eux ni sécurité ni certitude 1 . » Il terminait cette lettre par des récriminations menaçantes, et ajoutait : « Dieu pour tous ! Daté du jour des Rois. A bonjour, bonnes œuvres*. »

Comme les violences, loin de se ralentir dans Saragosse, y continuèrent leur cours, ainsi que nous l'avons vu précédemment, on ne pouvait plus espérer de calmer les défiances de Perez et de s'emparer de lui en le trompant. On ne songea donc plus à l'attirer en Espagne, mais à le tuer en France. L'habileté de Perez faisant craindre qu'il n'échappât a ces poursuites d une nouvelle espèce, comme il s'était soustrait, depuis douze ans, a toutes les autres,

1 <t Y si à* los trattantes yo los viesse mal Iratados, mal me fiaré de nada ny de nadie. Buelva don Martin, irayga respuesta concertada, y empiecen con piedades dévidas à la justicia divina y humana en aquellos hijos y en la madre dellos. Que si esto no précède, no se cansen que ny oyré, ni quiero concierlos que no pueden ser cierlos ny scguros. d (Collection Llorente, vol. XV, t. VI, fol. 220 r # .)

* « Dios con todos. Hecha dia de los rcyes. En buen dia, buenas obras. » (Ibid.)

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