‹ Antonio Perez et Philippe 2Chapitre 154 sur 191 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Mais une cruelle mortification attendait Perez ; envoyé surtout à Londres a cause de sa liaison avec Essex et de son iniluence sur lui, il fut surpris et confus au dernier point de ne pas l'y trouver. Afin d'éviter sa présence et celle du duc de Bouillon, Essex s'était rendu au port de Plymouth l . Pourquoi s'éloignait-il ainsi au moment où allait s'engager et se conclure la négociation qu'il avait si vivement désirée? Épris de la gloire des armes, et ne pouvant acquérir cette gloire qu'en combattant Philippe II, Essex était alors parvenu k ses lins. D'accord avec l'amiral Howard d'Eflîngham, il l avait emporté dans le conseil sur les Cecil, et il avait décidé Elisabeth à attaquer, par une expédition, le roi d'Espagne au centre même de sa puissance. Une pareille diversion devait être très-utile a Henri IV ; mais Essex craignit que ce prince ne demandât le débarquement en France des troupes destinées a l'entreprise d'Espagne. 11 alla donc hâter le départ de la Hotte, qui, formée de cent cinquante voiles, y compris vingtdeux vaisseaux hollandais, et portant quatorze mille hommes placés sous ses ordres, se dirigea, commandée par l'amiral Howard, vers les côtes de l'Andalousie.

Perez, que le comte ne vit pas et auquel il n'écri-

aftcr lie had consummated the bans of tbat malrimony (as hc termed it), he would leave thc couple to themselves, to live and love togelher, and betake himself to otber contemplations clsewhcre where he might wear oui his âge witb less danger and jalousy. » [Memoir* of queen Elizabeth, t. I, p. 434.) « Ibid., p. 466 et 473.

vit point, était fort irrité. Il exhalait ses plaintes contre lui devant Antoine Bacon, qui, pour se soustraire, comme il l'écrivait a sou frère François, aux exclamations espagnoles de Perez, et ne pas entendre marteler l'honneur de son cher lord 1 , se retira k Twickenham. Resté seul, suspect aux Cecil comme ami d'Essex, desservi auprès de la reine, Antonio Perez ne prit aucune part au traité qui fut signé, le 10 mai, entre l'Angleterre et la France 2 . Elisabeth, qui venait de prêter vingt mille couronnes à Henri IV, et qui avait ordonné de fortifier tous les châteaux de la côte d'Angleterre, confirma les précédents traités avec le roi de France, conclut avec lui une nouvelle ligue offensive et défensive, à laquelle pourraient accéder toutes les puissances que menaçaient l'ambition et la tyrannie de Philippe II ; stipula l'envoi de quatre mille fantassins, réduits, par un article secret, à deux mille, qui serviraient pendant six mois en Normandie ou en Picardie, et, plus tard, la formation d'une armée, levée a frais communs, pour envahir les États du roi d'Espagne. Ce traité, auquel adhérèrent les États de Hollande, fut ratifié par Elisabeth le 29 août, et par Henri IV au mois de septembre 3 .

Perez était retourné en France, extrêmement

1 a But he must daily hcar his dear lord's honour hammered upon by him... To receive his spanish exclamations and scolding complaints.» {Memoirs of queen Elizabeth, p. 486.)

* Ibid., t. II, p. 3 et 4.

s Memoirs of queen Elizabeth. —Mus. brit., Cott. Caligula, E, IX, part. I, loi. 80.

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