CHAPITRE II
se trouve confirmée par Diego Martinez, majordome de Perez, auquel son maître s'adressa vers ce temps même pour faire périr Escovedo 1 . Ce projet de meurtre conçu dans un intérêt particulier, Perez lui donne les motifs politiques que nous avons déjà fait connaître, et il ajoute ce qui suit : « Le roi ayant bien pesé toutes ces circonstances, ainsi que l'impatience que le prince don Juan témoignait pour qu'on lui renvoyât son secrétaire Escovedo, en écrivant, par exemple : De l'argent, encore de l'argent, et Escovedo, Sa Majesté trouva bon qu'on demandât l'avis du marquis de los Vêlez, don Pedro Fajardo, conseiller d'État et majordome major de la reine
que se llamaba doua Bernarda Cavero, avia dicho, que el dicho Escovedo era terrible, y decia à su ama cosas de que no guslaba, por lo quai eslaba muy mal con el ; y le respondiô el dicho secretario Escobedo que assi lo enlendia el ; porque los dias antes avia ido â veer â la princesa y la avia ballado cou dofia Bidanta Guzman y queriendole hablar, se avia levantado del estrado y idose, diciendole, bien es que piense ningun Escudero que yo quiero la cosa por nada que el diga, lo dexaré yo de hacer : y que ténia por sin duda que Antonio Perez era la causa deslo porque antes todo lo que trataban la princesa y Antonio Perez le daban, cada uno de por si, quenta al dicho Escobedo y ia no : y que entre ellos avia caso cscandaloso y sabia quan voluntariosa era la princesa. » {Proceso, ms.)
1 « Dixô que lo que sabe es que por el anno de 1577, très meses antes que sucediesse la muerte del secretario Escobedo ; le dixô a* este confesante Antonio Perez si abria modo como matar al secretario Escobedo ; y este déclarante dixô que no lo sabia y asi se quedô por algunas dias despues de los quales le tornô & decir el dicho Antonio Perez que convenia que se hiciesse : y el dicho déclarante dixô que no sabia como i un hombre tan grave ; y el dicho Antonio Perez dixô que se hiciesse, que convenia muchissimo. » (Déclaration de Diego Martinez. Procew, ms.)
Anne, tenu au courant de toutes ces affaires, et qu'on le consultât sur ce qu'il serait bon de faire et sur la résolution qu'il y aurait lieu de prendre dans une situation si grave. Perez le lit a l'aide des papiers originaux eux-mêmes, avec entretiens et conférences sur l'ensemble de tout ce qui vienl d'être raconté.
« On passa en revue les divers projets qui s'ourdissaient, depuis le séjour en Italie, dans l'intérêt du prince don Juan, sans que le roi en eût communication ni parfaite connaissance ; on se rappela la vive douleur éprouvée par les auteurs de ces projets de ce que l'expédition d'Angleterre n'avait pas eu lieu comme c'était leur première idée ; l'essai qu'ils firent une seconde fois pour le même objet auprès de Sa Sainteté, quand ils furent en Flandre, et toujours sans en rendre compte au roi ; le dessein de déserter le gouvernement de Flandre, une fois l'expédition d'Angleterre abandonnée; les intelligences secrètes nouées en France a l'insu du roi ; ce plan, auquel ils en étaient venus, d'aimer mieux aller comme aventuriers en France avec six mille fantassins et mille chevaux, que d'occuper les charges les plus hautes ; enfin les paroles si fortes avec lesquelles, dans ses lettres, le prince exprimait son chagrin et son désespoir. De tout cela il parut résulter qu'on pourrait craindre quelque grande résolution et l'éxecution de quelque grand coup capable de troubler la paix publique et le repos des États de Sa Majesté, comme aussi de perdre le prince don Juan lui-même,