‹ Antonio Perez et Philippe 2Chapitre 43 sur 191 · CHAPITRE TU · texte numérisé non relu

CHAPITRE TU

braver ce danger futur que rte s'exposer aux risques imminents que Burghley lui avait fait entrevoir avec une clairvoyance profonde. « Si les Espagnols, lui avait-il dit, parviennent a soumettre les Pays-Bas, ils ne négligeront aucune occasion d'envahir l'Angleterre, et d'unir leurs pratiques a celles des révoltés de ce royaume ; si don Juan vient à bout des États, il tournera bientôt ses armes contre Votre Majesté. Les intelligences qui se sont établies entre lui et la reine d'Ecosse* depuis qu'il est dans les Pays-Bas ; ses entrevues avec l'ambassadeur de cette reine, l'évéque de Glasgow; l'opinion générale où l'on est qu'un mariage doit avoir lieu entre lui et elle, sont les raisons qui me le font penser.

« D'après ceux qui désirent un changement de religion en Angleterre, ce mariage est le meilleur et le seul moyen de ramener le royaume à l'Église de Rome. Par ce mariage, don Juan se fera un titre à la couronne d'Angleterre, et alors on verra le pape, le roi de France, le roi d'Espagne et tous les princes catholiques lui venir en aide, le pape par motif de religion, le roi de France a la sollicitation de la maison de Guise et pour empêcher l'Angleterre de favoriser les protestants de France, enfin, le roi d'Espagne pour faire un établissement à son frère. Accorder assistance aux Pays-Bas est donc une mesure de conservation et de libre défense pour ce

elle y pensast premier avant que rien attenler contre Votre Majesté, et qu'avccq le temps elle ne s'en trouveroit bien. » (6 janvier 1578. Don Juan «l'Autriclie au roi. Archives impériales et royales de Vienne.)

royaume 1 . » Se rendant k ces grandes raisons, Elisabeth fit partir quelques troupes anglaises et écossaises sous le commandement de Norris, et son argent servit au comte palatin Casimir pour lever une armée d'Allemands qui marcha au secours des États.

En même temps que le parti protestant hollandais, dont les progrès s'étendirent des deux provinces où il dominait dans les quinze autres, et qui obtint bientôt, par la paix de religion du 22 juillet, la participation aux magistratures, et des temples dans toutes les villes où il comptait plus de cent familles, s'appuyait sur l'Angleterre et sur l'Allemagne, le parti catholique wallon chercha des soutiens

1 « If don John shall overcome tlie Low Contryes... he will very shorlly offend her Majesty. The arguments thereof are thèse : V first there hath bene sence his coming towards the Low Contryes intelligence betwixt the Q. of Scotls and hym. 2* The bishop of Glascow the Q. of se. ambassador in France hath bene with him. 3* The constant opinion is that there is met a marriadge betwixt hym and Ihe se. quene.

« In ail judgmenls that desyre chang of religion in England, this mariadge is the best and only meanes to reslore the reaime of England to the ehurch of Rome ; for by mariadge with her, don John shall makc his title in her right to the crown of England, whereunto, both the pope and the fr. Kyng and the Kyng of Spayne and ail potentats eatholicq. will give ayde, the pope for religion, the French king by sollicitation of the house of Guises, and therby also to avoyd ail sequele of confortyng his subjecls of the religion in France ; the king of Spayne for the advauncement of his brother don John whom otherwise he must content with some estât of his own dominions... the queen's Majesty being a soverayn... may lefully do any thingfor préservation of herself and her people. » (Minute de la main de Rurghley, Musée Rrilanniquc, galba C. V, pari. 1, 115, el ibid., 114.)

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