CHAPITRE III
en France. 11 s'adressa au duc d'Alençon, qui était catholique, mais qui nourrissait des sentiments d'indépendance et d'ambition et s'était déclaré contre les Guise et les Espagnols. Ce prince accepta les offres qui lui furent faites, conclut avec les États généraux un traité par lequel il consentit à marcher a leur secours avec dix mille hommes de pied et deux mille chevaux , comme défenseur de la liberté belgique , moyennant la remise de Landrecies , le Quesnoy, Bavai, et le droit de garder les villes du Luxembourg et de la Bourgogne dont il se rendrait maître.
Don Juan, de son côté, n'avait rien négligé pour se mettre en mesure de poursuivre ses avantages et faire face k ses nombreux ennemis 1 . Il avait envoyé auprès de l'Empereur pour qu'il rappelât l'archiduc Mathias et retînt les Allemands. 11 s'était adressé aux Guise, pour contre-balancer, avec leur aide, les forces du duc d'Alençon, et il avait écrit coup sur coup à Philippe II, pour le faire renoncer aux négociations pleines de danger qu'il continuait avec les
1 «Le 6 janvier, don Juan écrivait à Philippe II : a Je l'attends demain (le duc de Parme), et voiray de faire mettre en exécution ce que sera résolu avecq les gens que j'ay, qui ne sont moins de toute? nations avec l'infanterie et cavallerye et dix-sept mil hommes de pied et environ mil cinq cents chevaux, la plus grande partie vieulx soldats et gens de bon cœur pour s'employer au service de Dieu et de Votre Majesté, et comme il convient les tenir en bonne discipline, ce que ne peult estre sans les bien payer, Votre Majesté sera servie de pourveoir d'argent tant qu'il en sera de besoing et de sorte qu'il n'y en ait faute, afin de non par là perdre la victoire qui lui es comme certaine. » (Archives impériales et royales de Vienne.)
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Étals par l'entremise du baron de Selles, et prévenir ses retards ordinaires dans l'envoi des secours qu'il demandait. Depuis la bataille de Gemblours il s'était emparé de plusieurs villes. Sans perdre de temps, avant que le duc d'Alençon fût arrivé a Mons et que le comte palatin Casimir eût passé le Rhin, il attaqua le 1 er août l'armée ennemie postée à Rymenant sur la Demère, entre Malines et Arschot ; mais il ne put forcer le camp dans lequel elle s'était retranchée, et que défendirent surtout vaillamment les Anglais et les Écossais de Norris.
Après avoir essuyé une perte de huit cents hommes, don Juan se retira et prit position dans un poste avantageux près de Namur. 11 se mit sur la défensive pour surveiller les mouvements de l'armée de Casimir et des troupes du duc d'Alençon, en attendant les renforts qu'il avait demandés et qui ne lui venaient pas. « Je vois maintenant, écrivit-il a Philippe II le 12 septembre, s'approcher de moi d'une manière si rapide les événements que j'ai toujours prévus, que j'en viens a dépêcher ce courrier k Votre Majesté, avec un rapport exact de tout ce que j'ai fait et appris dans ces derniers jours, afin qu'elle se consulte, comme je n'en doute pas, et prenne la résolution finale a laquelle conduisent et obligent même des conjonctures si importantes et si nouvelles 1 . » 11 dénonçait la cour de France comme
* Aora veo se va ponicndo tan apriessa en lo que siempre hé an le vislo que buelbo a despachar este correo â Vuestra Ma^estad con particular avisso de lodo lo que se a Iralado y entendido eslos dias