‹ Antonio Perez et Philippe 2Chapitre 46 sur 191 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

et la solidité des conseils : « J'ai été pris, lui dit-il, de la fièvre et d une grande douleur de corps et de tête qui me retient au lit en grand malaise, et, quoique je sois aussi affaibli que si j'avais souffert pendant un mois, j'espère, Dieu aidant, que, grâce au remède dont on a lait usage et qui se continue, le mal n'ira pas plus avant. Mais je puis certifier a Votre Majesté qu'il y a ici a s'occuper de telle manière, qu'il n'y a santé qui y résiste, ni vie qui puisse y durer 1 . » Oubliant ses souffrances pour s'occuper encore des grands intérêts qui lui étaient confiés, il suppliait derechef le roi son frère de prendre une résolution, de le secourir dans la détresse où le laissait le dénûment de toutes ressources de campagne, de ne plus compter sur le bénéfice du temps qui avait tout perdu, de lui prescrire ce qu'il avait a faire, de lui indiquer s'il devait livrer bataille et quel était l'ennemi qu'il devait attaquer d'abord; «afin, lui disait-il, que dans le triomphe ou la défaite je me sois gouverné du moins ainsi que Votre Majesté l'aura voulu. Si ce que je demande m'est refusé, que Votre Majesté me pardonne de le lui répéter pour la dernière fois, je ne serai ni coupable ni res-

A « Aquel niismo dia en la noche, me diô una calenlura con un gran dolor de cuerpo y de caveça que me tiene en la cama arto cogoxado, y aun questoy lan decaido como si la huvicra lenido treinla dias, espero en Dios que, con los rremedios que sean liecho y ban liacicndo, no pasard adelantc, si bien ccrlifieo a Vuestra Magcslad quel Iravaxo que se passa es de niancra que no ay snlud que rresista ni bida que pueda durar. » (20 septembre 1578. Don Juan à Philippe II. Ms. de la Haye, fol. 41-44.)

ponsable, devant Dieu et devant les hommes, des maux et dommages qui peuvent en résulter 1 ... Quant a moi, je ne laisse pas d'être très-vivement aflligé de voir que je sois le seul disgracié et abandonné de Votre Majesté, moi qui, sire, non-seulement comme frère, mais comme l'homme du monde qui vous est le plus passionnément dévoué et vous a servi avec le plus de loyauté et d'attachement, devrais être estimé a un autre prix et considéré d une autre manière. Mais, puisque ces titres n'ont pas suffi et ne méritaient pas qu'on tînt plus de compte d'eux ni de moi-même, n'oubliez pas, sire, au fond de votre cœur, que nous tous, tant que nous sommes ici, et pour qui il y va de la vie dans ce terrible jeu, si nous la perdons glorieusement pour Dieu et Votre Majesté, nous aurons conquis une destinée qui, sous un rapport du moins, sera digne d'envie. Mais, comme Votre Majesté court ici des risques bien plus grands, comme elle y joue un avoir bien plus direct, il n'en est que plus juste qu'elle s'en soucie davantage. C'est pour cela que je vous supplie encore une fois de ne pas différer un moment de plus la résolution qu'il faut prendre*...

1 « Porque, gaùando o perdiendo, me govierne conforme â su volunlad ; donde no, perdoneme V. Mag d si le llego à apretar de nuevo por la ultima vez, que noserâ d mi culpa ni cargo, delanle de dios ni de los nombres, el mal y dafioque suciedere.» (Ms. de la Haye, loi. 41-44.)

* « No dexo, por lo que a mi toca, de tener grandisimo sentimiento de que sea yo solo cl desfavorecido y abandonado de V. Mag d , deviendo, no solo por bermano, pero por el hombre del mundo que mas de coraçon le a procurado serbir y que con mayor tîe y amor lo ha

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