‹ Antonio Perez et Philippe 2Chapitre 47 sur 191 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Pour l'amour de Dieu, sire, ne vous laissez vaincre ni par les difficultés, ni par les fausses espérances ; car si votre royal esprit se laissait dominer par les unes ou par les autres, ce serait une cause certaine de perdition pour ces pays-ci, et de grave danger pour tout le reste. Plaise à Dieu ne pas le permettre 1 ! »

Mais le temps lui manqua pour apprendre les résolutions de Philippe H, que rendaient cette fois inévitables des attaques si multipliées et l'admission du protestantisme dans toute l'étendue des Pays-Bas. Il ne put pas même recevoir la lettre que son frère, informé de sa maladie, lui écrivit avec plus de sollicitude et de tendresse qu'il n'avait coutume d'en montrer, et dans laquelle il lui disait : « J'ai pris d'abord grande part aux inquiétudes que vous res-

hccho, ser tenido in dilerente estima y considération ; mas yaquesto no a bastado ni merecia que dello ni de mi se haga cuenta ni caudal, acuerdese V. Mag* 1 de si propio que si, â los que acâ estamos, no ban las bidas en este jucgo, con perderlas honrradamentc por Dios y por V. Mag* 1 habremos garîado tanto que, en parle, sefior, podrâ tener enbidia. Pero V. Mag d abentura tanto cuanlo es mas proprio lo que se juega y maior la obligacion de conservarlo, y asi es justo que le dé mas cuidado. Por eso buelbo à* suplicar otrabez â V. Mag** no dilate mas la rresolucion que huviere de tomar y acuerdo de nucvo, y yo juzgo por muy necesarioy conveniente. » [Ms, delà Haye, fol. 41-44.)

1 « Gocc V. Mag d por amor de Dios destc poco tiempo. que le queda para poner rremedio en esto, pues le va en ello la scguridad de todos sus rreinos y no se deje vencer de dificultades y vanas esperanças. Porque, cualquiera cossa dcslas que tcnga lugar en su real animo, serâ parte para qucsto se pierda y lo demas se aventure, que pleguc â Dios no lo permila, cl cual guardc, etc. Del campo una légua de Namur. » (lbid.)

sentiez, et bien plus encore au mauvais état de votre santé, parce que celle-ci importe à mon service beaucoup plus que tout le reste, sans parler de la peine que j'en ai éprouvée, parce que je vous aime, peine que j'éprouverai jusqu'à ce que j'aie appris que vous êtes débarrassé de votre indisposition. Je vous prie, comme ce rétablissement est d'une si grande importance , de donner tous vos soins a retrouver votre santé, et de la maintenir avant tout par tous les moyens possibles 1 . » Lorsque Philippe II traçait le 40 octobre a l'Escurial ces lignes affectueuses pour son frère, il y avait déjà dix jours que don Juan d'Autriche était mort dans son camp près de Namur.

Ce vaillant capitaine, que les faveurs jusque-là constantes de la fortune et les entraînantes facilités de la victoire avaient empêché d'être un politique assez patient et assez adroit, désespéra presque d'une situation dans laquelle, resté sans ressources, il avait à lutter à la fois contre les catholiques et les protestants, contre le prince d'Orange, l'archiduc Mathias, le duc d'Alençon, et il succomba à sa douleur autant qu'à son mal le 1 er octobre 1578, à l'âge de

1 « Y primero dire que lie senlido mucho el cuidado en que quedavades, y mucho mas vuestra falta de salud, porque esta importa à* mi serbicio mas que todo el reslo, allendc de lu pcnaque me lia dado pur lo que os quiero y amo, y assi estaré con la misma hasta tencr aviso vueslro de que estais libre de la indisposicion con que quedavades, yo os ruego que pues convienc lanto vuestra salud para lodo, que mireis por clla y que la procureis de conserbar sobre lodo en quanto pudieredes. » (10 oct. 1578. Philippe II à don Juan. Arch. gen. de Simancas: negociado de Estado; leg. n* 575, fol. 192.)

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