CHAPITRE
léréts comme complice. Il l'était d'autant plus, que la famille d'Escovedo trouva des protecteurs très -puissants auprès de lui. Le principal fut Matheo Vasquez, l'un des secrétaires de son cabinet, ennemi couvert de Perez, jaloux de sou extrême pouvoir, et qui craignit d'autant moins d'attaquer avec hardiesse ce favori détesté, qu'il crut avoir trouvé l'occasion de le perdre. 11 se joignit a don Pedro de Belandi, a Pedro Negrete, a Diego Nunez de Toledo, qui conseillaient et dirigeaient les Escovedo * dans leurs démarches Il les appuya fortement auprès de l'irrésolu Philippe II, auquel il écrivit :
« Sire, on soupçonne de plus en plus dans le monde ce secrétaire (Ant. Perez) d'être l'auteur de la mort de l'autre. Aussi dit-on qu'il en craint les suites, et que c'est à cause de cela que, depuis l'événement, il entoure sa personne de précautions... On prétend que c'est un grand ami du mort qui a fait assassiner celui-ci, parce qu'il l'a trouvé allant sur les brisées de ses honneurs, ai à propos d'une femme 9 . Le jour où la femme dudit secrétaire alla voir celle du mort,
1 a La princesa... eslaba quejosa de don Pedro île Velandi, Matheo Vasquez, y Pedro Negrete su ayo, porque hacian junla en casa de Nunez de Toledo y avian aconsejado â don Pedro de Escobedo, pidiese la rouerie de su padrc à Anlonio Perez. » [Proceso, ms. Déposition de Geronimo Diaz, deuxième témoin.) Matheo Vasquez de Lcça, « secrelario favorecido del rey, y Aguslino de Toledo de su consejo, y Pedro Nunez, su hermano, enemigos de Antonio Perez. » (Cabrera, Felipe segundo, rey de Espaùa, in-l*ol., Madrid, 1619, lib. XII, p. 972, col. 2.)
* « Y por unamuger. » [Mémorial, p. 292.)
on assure que celle du mort éleva la voix et proféra des malédictions contre Fauteur du crime, ce qui a fait sensation. Si Votre Majesté voulait interroger secrètement Negrete sur ce qui se dit de cette mort et sur la personne qu'il en soupçonne, je crois qu'elle ferait bien, comme aussi de lui demander les raisons sur lesquelles il fonde ses dires... Pour accorder satisfaction aux ministres et a l'État tout entier, que cette affaire scandalise au plus haut point, pour donner un autre tour a desopinions qui prennent une couleur mauvaise et de très-fâcheuse conséquence, il importe que Votre Majesté ordonne, sans retard, la recherche de la vérité par toutes les voies et moyens praticables 1 . »
Philippe H suivit, dès ce moment, une marche tortueuse et bizarre. Il écouta avec complaisance Matheo Vasquez, et parut se concerter avec Perez. Il informa celui-ci de l'accusation formelle dont il était l'objet, le jour même où la famille Escovedolui porta plainte *. 11 lui lit part des hautes inimitiés qui s'élevaient contre lui. En même temps il lui promit de ne pas l'abandonner, et lui en donna sa foi de gentilhomme 8 . «Tant que je vivrai, lui disait-il, vous
1 « Y por satisfazcr â los minislros, y â la rcpublica, que tan escandalizada esta del negocio, y divertir opiniones que andan malas, y de muy daùosa consequencia , conviene mucho que Vuestra Magestad mande apreladissimamenle que se sigua y procure por todas vias y modos possibles averiguar la verdad. » (Mémorial, p. 292.)
4 a El mismo rey se lo refiriô a Antonio Perez cl mismo dia. » (Relaciones, p. 7.)
5 « Pcro conticnen (villeles originales) palabra dada de cavallero