‹ Antonio Perez et Philippe 2Chapitre 55 sur 191 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

expédiait aux différents conseils ou aux divers ministres appelés a donner leur avis sur elles, et les recevait de nouveau pour les soumettre définitivement a sa décision royale. D'ailleurs Matheo Vasquez formait, avec le confesseur Diego de Cbaves et le comte de Barajas, nommé, après la mort du marquis de los Vêlez, mayordomo mayor de la reine, une de ces ligues de cour qu'on appelait amis t ad, et qui était semblable a celle qui existait entre Antonio Ferez, le marquis de los Vêlez et le cardinal de Tolède, don Gaspar Quiroga 1 . Philippe II chargea donc le frère Diego de Chaves d'intervenir auprès de Perez et de la princesse d'Eboli pour les réconcilier avec Vasquez*.

A tous ces signes d'un crédit chancelant, Perez devina sa prochaine disgrâce. 11 écrivit à son maître : « Je vois qu'après avoir servi avec les faibles talents que je possède, après avoir montré une fidélité sans bornes a mon prince, après les assurances particulières qu'il m'a données de me faire croître en considération et en honneurs, ma mauvaise étoile l'emporte, tandis que tout réussit a cet autre, malgré ses fautes sans nombre, ses offenses contre une grande

1 « Liga de amistad del condc de Barajas contra la amistad del marques de los Vêles y de Antonio Perez. » Perez dit ailleurs: « El conde de Barajas era grande amigo de Mathco Vasquez por una sécréta conformidad en modos y medios para poseer la voluntad de su principe :. ... y el cont'essor ofendido del principe Ruy Gomez por una apretura en que le pusô los gaznatcs secrclamente en el ticinpo que era confessor del principe don Carlos. [Relaciones, p. 53.)

2 Relaciones t p. 26.

dame et envers un homme qui n'a voulu qu'être utile et qui, pour l'être, s'est aventuré autant que je l'ai fait 1 . » Sa mauvaise étoile l'emportait en effet. 11 n'ignorait pas que Matheo Vasquez l'avait dénoncé au roi comme coupable d'infidélité dans l'exercice de ses fonctions, el lui avait révélé sa liaison intime avec la princesse d'Eboli 8 . Philippe H, en apprenant les vraies causes qu'on attribuait a la mort d'Escovedo, se crut joué 8 par eux. 11 résolut de se débarrasser de Perez comme d'un instrument usé et d'un Tival heureux.

Avant tout, il fallait qu'il appelât auprès de lui quelqu'un capable de remplacer, dans sa confiance et dans la conduite des affaires, Perez, ainsi que le marquis de los Vêlez, qui venait de mourir tout rempli de soupçons et de tristesse 4 . Il songea au

1 a Y quiero créer los hechizos, y nias viendo que mis servicios con el talento poco que tengo, y con la mucha fee y ley al de V. Magestad, y con las prendas tan estrechas que tengo de V. Magestad de quererme mirar y honrar, vence mi desdicha, y la ventura destotro lantas culpas suyas, y offensas à la honrra de tal sefiora, y a un nombre que ha dcscado servir y avenlurar, por acertar esto, tanto como yo.» {Relacionss, p. 29.)

* « Que trataba ynfidenlementc los negocios y servicio de Vuestra Magestad y que a via ofendido â Vuestra Magestad en cosa de mugeres en palacio. » (Perez au roi. Ms. de la Haye, fol. 401 à 105.)

3 « Y Su Magestad aun no cslaba desengafiado de que le avia engafiado el dicho Antonio Perez en el modo y caulela con que le obligé a que se hiciessc. » (Proeeso, ms.)

* Voir la lettre du marquis à Perez, du 26 janvier 1579, dans les RelacioneH, p. 19 et 20. Il lui disait : « Llevo gran desgusto de todo, y solo consuclo aver huydo el rostro con my absencia al odio que la corte mi tiene. Y créa Vuestra Merced que no esta para suiïrirla ningun nombre de bien. »

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