‹ Antonio Perez et Philippe 2Chapitre 66 sur 191 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Ferez en sortant n'avait jamais plus de quatre personnes d'escorte pour sa sûreté et qu'il laissait jouer les autres chez lui sans jouer lui-même \ Philippe II aima mieux croire les ennemis de Perez. Ceux-ci le décidèrent a prescrire une enquête sur sa fidélité et sur son intégrité comme ministre. Ce prince en chargea, par un ordre verbal, Rodrigo Vasquez de Arce, président du conseil des finances, qui y procéda secrètement*.

Le résultat de cette première information fut trèsdésavantageux à Perez; sa corruption devint évidente. Rodrigo Vasquez entendit des personnages considérables et dignes de foi : Louis de Overa, chevalier de Saint-Jacques , don Juan Gaétan, majordome de l'archiduc Albert, le comte de Fuensalida, don Pedro de Velasco, capitaine de la garde espagnole du roi, don Ferdinand de Solis, don Rodrigo de Castro, archevêque de Séville. La vénalité de Perez, l'extravagance de son luxe, son étroite intimité avec la princesse d'Eboli ressortirent de leurs dépositions. Il fut prouvé que son père Gonzalo Perez, en mourant, ne lui avait rien laissé*, et qu'il

don Antonio de la Corda, Octaviano Gonzaga y otros; y despucs las mas veces cenaban con grande obslentacion de platos y vianda. » [Proceso, ras.)

' Lettre du 22 juillet 1581. (Arch. de Sim., Pair, eccl., leg. 12.)

* « Se procediii de oficio y con seereto y con comision vocal del rey y no por escrito à* Rodrigo Vasquez. s [Wid.)

* a A este testigo dixô Antonio Perez que, quando murio su padre, quedô tan pobre, que con vendei la casa que bavia labrado no aleanzaba â las deudas con mas de 60 ducados si Su Magestad no le bacia alguna morced. » (Pro/ wo, ms.)

avait une fortune et un train de maison hors de proportion avec les émoluments de sa charge. « Il a montré plus de faste, dit le comte de Fuensalida, qu'aucun grand d'Espagne. Il a tant de valets à son service, que les jours où il ne dînait pas a la cour, on le servait avec autant d'appareil, de laquais et de vaisselle plate que s'il avait mille contos (millions) de maravédis de rente... Allant un jour a Tolède, je l'ai rencontré a Torrejon avec coche, carrosse, litières, et nombre de gens de suite à pied et à cheval qui l'accompagnaient 1 . » Le capitaine de la garde espagnole, don Pedro de Velasco, dit que Perez avait fait meubler sa chambre comme celle du roi ; il évalua son mobilier a cent quarante mille ducats*, et prétendit qu'il en avait autant de rentes 8 . L'archevêque de Séville, avec plus de mesure, ne lui attribua qu'une dépense annuelle de quinze à vingt mille ducats 4 , ce qui était déjà énorme. Pour

1 « Dixô que se ha tratado en liacimiento y grandeza de su rasa y persona mas csplcndidamente que ningun grande de Espana, y que ténia tantos criados para su servicio, que cl dia que no comia en estado, le traian la comida con tantos criados y plala, como si tubiera i mil quentos de renta : y demas de esto ha entendido que liene Teinte 6 treinta cavallos : y yendo lestigo à Toledo, le encoutrô en Torrejon con coche, carroza, y 1 itéra, y muchos criados â cavallo y â pié, que le acompanaban. » [Proceso, ms., déposition du comte de Fuensalida.)

* Le ducat ayant la valeur intrinsèque de 8 Dr. 94 c.

' « Y oiô decir que la cama, en que dormia, la mandé haccr como

la de Su Magestad y que tienc por cierto, por lo que ha visto, y le

ha dicho don Alonzo de Sotomayor, primo de la muger de Antonio Perez, que valc su recamera y mueble mas de 140 mil ducados, y que de renta se ha alabado al mismo. » (Ibid., déposition de D. Pedro de Velasco.)

* « Y que le parece que séria gasto de quince, 6 veinte mill dr.ca-

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