‹ Antonio Perez et Philippe 2Chapitre 78 sur 191 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

étaient l'amirante deCastille, don Luis Enriquez de Cabrera, duc de Medina de Rio Seco et comte de Modica, don Rodrigo Zapata, commandeur de Monte- Alegredans l'ordre de Saint-Jacques et fils du comte Barajas, don Alonzo de Campo et Jacome Mazengo l , qui signèrent l'acte de désistement d'Escovedo, confirmé par lui le 2 octobre 1589*.

Le confesseur de Philippe II, n'ayant pas pu amener Perez a un aveu qu'il avait persisté a conseiller, avait cependant approuvé comme pis-aller la réconciliation avec Escovedo. « L'autre expédient dont vous me parlez, lui avait-il écrit, celui de s'entendre avec Escovedo, n'est pas mauvais, et l'on pourrait s'en servir sans y mêler le roi, qui a cet homme en aversion, tant a cause de son père que de lui-même 3 . » Mais cette conclusion ne satisfit pas les scrupules ou la haine de Rodrigo Vasquez. Au lieu d'accorder a Perez sa mise en liberté, qu'il réclamait avec plus d'instances que jamais, Vasquez écrivit à Philippe II

olorgada, pidiendo al rey nueslro seùor, y al présidente Rodrigo Vasquez y alcaldes de corle, y otras qualesquiera justicias, no conociessen mas de la causa contra Antonio Perez, y le suelten libre â el, y â Diego Martinez... porque â todos les perdonaba, por hacer servicio â Dios * quilarsc de pleitos y diferencias, y averse lo pedido personas graves que se ban interpuesto, » [Proceso. ms.)

* Ibid.

* Ibid.

5 « El otro camino que vuestra merced dice de aniislad con Eseobedo, me parece bien : y eslo avia de ser, sin meter en cjlo â SuMageslad, pues esta con el disgustado, por las ocasiones que vuestra merced sabe de su padre, y suya6 tan graves. > [Madones, p. 72, et Proceso, ms.)

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« que Perez croyait se tirer d'affaire eu transigeant avec Escovedo, mais que le roi devait considérer qu'il avait couru beaucoup de bruits sur l'ordre donné par lui d'exécuter ce meurtre; qu'il importait maintenant a son autorité de se faire connaître et d'ordonner a Perez de déclarer les causes qu'on avait eues pour infliger ce châtiment 1 ; » il ajoutait : « On donne à entendre a Perez, sire, que le meurtre n'est pas prouvé par le procès, bien qu'il le soit suffisamment pour moi, si j'étais juge. Que Votre Majesté m'écrive donc un billet que je puisse montrer, et où elle mettra : « Dites a Perez qu'il sait cornet ment je lui ai ordonné de faire tuer Escovedo pour « les motifs qu'il connaît bien, et qu'il convient à « mon service qu'il les déclare 2 . »

En apprenant cet inconcevable projet, le cardinal de Tolède alla trouver le confesseur de Philippe II, et lui dit : « Seigneur, ou je suis fou, ou c'est cetle affaire qui n'a pas le sens commun. Si c'est le roi qui a ordonné et convient d'avoir ordonné a Perez

* « Que ya que Antonio Perez se librava, por el concierto con Escobedo, de la muerlc de su padre, mirasse Su Magestad que avia eor-

' rido muebo averse cometido aquella muerte por orden suyo, y que â su auctoridad convenia descubrirse ya, y mandar à Antonio Perez, que déclarasse las cosas, y molivos, que huv6 para hazersc aquel castigo. » (Relaciones, p. 75.)

• a Dase, Seîior, a entender a Antonio Perez que no esta provada la niuerle por el proceso (aunque para mi baslassc si buviere de ser juez). Vuestra Magestad me escriva un villete, que yo se le pueda mostrar, diziendo : Dezid â Antonio Perez que ya sabe, como yo le « mandé que hiziesse matar â Escovedo por las cosas que cl liene cn- « tendidas, queé mi servicio conviene que las déclare. » [Ibid.)

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de faire mourir Escovedo, de quoi et de quels motifs peut-on lui demander compte? Plus on y regardera, plus on verra que Perez n'était pas juge dans cet acte, mais seulement secrétaire et rapporteur des dépêches qui venaient dans ses mains ; après quoi il était l'exécuteur de ce qui était ordonné et contié comme d'ami à ami. C est aujourd'hui, après douze années, qu'on lui demande d'articuler les motifs, après la saisie de ses papiers et la mort de tant de personnes qui pourraient savoir et attester tant de choses. Ressuscitez cinq cents morts, restituez-lui ses papiers avant de les avoir fouillés et relus, et alors même vous n'aurez pas le droit de faire ce que vous faites 1 . »

Ce qui paraissait insensé au cardinal de Tolède l'était en effet, mais par de bien autres raisons encore. Quoi ! Philippe H avait commandé le meurtre, le meurtrier et le fils de la victime s'arrangeaient entre eux, il pouvait mettre un terme au procès dont l'inquiétante durée l'avait plusieurs fois troublé et dont le scandaleux éclat devait le compromettre, et . il ne se hâtait pas de rendre Perez a la liberté et d'étouffer enfin une affaire aussi dangereuse! Quel

1 a Sefior, ô* yo soy loco, 6 este negocio es loco. Si el rey le mand6 a Antonio Perez que hizicssc matar a Escovedo, y cl lo confiessa, que quenta le pidc, ny que cosas? Mirara los entonces, y el lo vicrâ, que estotro no era juez en aquei aclo, secretario y relatore de los despachos que le venian â las nia nos, y cxecutor de lo que le mandé y encargo como un amigo â otro, etc... Resuscitenlc quinientos muertos, restituyanle sus papeles sin aver los rebuelto, y releydo, y aun entonces no se puede haier tal. » (Reïaciones, p. 77.)

intérêt pouvait-il avoir a convenir qu'il avait donné l'ordre d'un assassinat, et à punir celui qui l'avait exécuté? Ce n'était ni l'honneur de la royauté, qui devait souffrir d'un pareil aveu, ni le soin de sa réputation, a laquelle il devait porter une double atteinte en trahissant sou complice après avoir fait tuer par lui un de ses sujets. 11 n'y avait donc k cet acte d'autre explication que l'aveuglement de la passion et le besoin de la vengeance. L'aveu du crime demandé d'abord a Perez par le confesseur, exigé ensuite par Rodrigo Yasquez, ne saurait l'avoir été dans une autre intention. Philippe 11 espérait, sans doute, que Perez, privé de ses papiers, ne pourrait pas fournir la preuve des motifs auxquels il attribuerait le meurtre d'Escovedo, qu'il serait facilement condamné comme ayant trompé ou calomnié son maître, et que sa mort mettrait à cette affaire un terme plus satisfaisant pour lui que l'impunité : trame abominable, qui fut sur le point d'envelopper et d'étouffer le coupable mais infortuné Perez.

En effet, on lit dans le procès manuscrit l'acte suivant, dressé par Rodrigo Vasquez, le !21 décembre 1589 : « Ayant rendu compte au roi notre maître que, en ce qui touche le meurtre du secrétaire Juan Escovedo, Antonio Perez paraissait n'avoir agi que d'après la volonté et avec le consentement de Sa Majesté, et qu'il semblait convenable que ce consentement fût constaté dans le procès pour venir a la décharge dudit Perez, et pour qu'il puisse, en conséquence, être absous sur tous les points, confor*

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