‹ Antonio Perez et Philippe 2Chapitre 93 sur 191 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

corda deux ou trois audiences 1 , prit connaissance des documents signalés à son attention intéressée, et parut satisfait du service qui lui était rendu par un semblable avertissement 4 . Mais, chose étrange, et cependant conforme au caractère de Philippe H, qui semblait s'adoucir lorsqu'il allait frapper, loin de montrer envers Ferez une clémence judicieuse, il fit publier, quelques jours après, contre lui, la sentence suivante : « En la ville de Madrid et en la cour de la Majesté du roi notre seigneur don Philippe second, que Dieu garde, le premier jour du mois de juillet de l'an 1590, les seigneurs Rodrigo Vasquez de Arce, président du conseil des finances, et le licencié Juan Gomez, du conseil et de la chambre de Sa Majesté, vu le procès et la cause d'Antonio Perez, qui fut secrétaire du Despacho universal de Sa Majesté, ont déclaré qu'en punition de la culpabilité qui en résulte contre ledit Perez, ils devaient le condamner et le condamnaient à mourir par le gibet, à être traîné, avant d'être pendu, par les rues de la ville selon la forme accoutumée, et à avoir, après sa mort, la tête coupée avec un couteau de fer et d'acier, pour être mise dans tel lieu public qui conviendrait auxdits seigneurs juges, sans que personne fût assez osé pour l'en enlever sous peine de mort; le condamnaient, de plus, a la perte de tous

1 « Oyôlc cl rcy dos 6 très vezes muy de proposilo, y Uiv6 rn sus manos information y prueva de lo que se dezia » [Relaciones, p. 100.)

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ses biens, qui seraient acquis a la chambre et au fisc de Sa Majesté, et appliqués aux dépenses faites pour sa personne et pour son procès. Et ainsi l'ont prononcé, ordonné et signé le licencié Rodrigo Vasquez et le licencié Juan (Jomez *. »

Cette condamnation portée a Madrid n'annonçait pas un désistement a Saragosse. Aussi la procédure y suivit-elle son cours. Réduit a se justifier, Perez dressa le fameux Mémorial del hecho de su causa. 11 y raconta tout, en appuyant sa défense sur les billets originaux du roi et les lettres du confesseur, qu'il produisit devant les juges d'Aragon. Philippe II, inquiet alors de la tnarche de l'affaire, lit demander a micer Baptistade la Nuza 2 , qui en était juge rapporteur, comme l'un des lieutenants du juslicia mayor, de lui en envoyer un état sommaire, et de lui faire connaître ce qu'il en pensait. Micer Baptista de la Nuza lui adressa ce sommaire du procès, en ajoutant qu'à son avis Perez serait acquitté

1 « En la villa de Madrid, corte de Su Magestad nucstro scïïor don Phelipe secundo (que Dios guarde), a priinero dia del mes de julio del afio de 1590, visto por los scîiorcs Rodrigo Vasquez de Arce, etc., dixeron que, por la culpa que de todo cllo résulta, le dehian de çondenar y condenaban en pena de muerte natural de borca, y d que primera? 868 arrastrado por las calles publicas en la tonna acostumbrada, y despues de muerto, le sea cortada la cabeza con uncuchillo de bieno y acero, y sea puesta en un lugar publico, y coino quai pareciere d los diebos seùores jueees, y del nadie sea osado a quitarla so pena de muerte; condenaron le en perdiiniento de todos sus bienes, queaplicaron para la caméra y fisco de Su Mageslad, » etc. [l'roceso, ms.)

* « Para esto se mandé d miçer Baplista, juez y relator délia, que biziessc un sumario do todo cl proceso. » {Relaviones, p 106.)

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