‹ Antonio Perez et Philippe IIChapitre 111 sur 192 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

une instruction secrète 1 a Madrid sur les troubles du 24 mai, découvrit des projets de nature à éveiller la défiance de ce prince. Don Pedro Pacheco reçut les dépositions de dix-huit témoins 3 , parmi lesquels étaient les deux lieutenants du justicia mayor, les docteurs Gerônimo Chalez et Juan Francisco Torralba, qui avaient été privés de leurs fonctions d'assesseurs et avaient été exilés du royaume d'Aragon par le tribunal extraordinaire des dix-sept*, pour s'être montrés contraires a Perez*; trois des principaux serviteurs du marquis d'Almenara; enfin le page de Perez, Antonio Anon, et son dénonciateur Diego Bustamente, si longtemps attaché à sa per-

4 Cette information remplit tout le tome III de la Collection Llorcnte dans le vol. XIV.

» Collection Llorcnte, vol. XIV, t. III, fol. 15 à 220.

5 Celait le tribunal chargé de statuer dans ces sortes de conflits. Il était composé de dix-sept membres « tirés annuellement au sort et parmi les hommes de bonne conscience selon Dieu, » des quatre Brazos, et assistés de deux assesseurs légistes dont ils n'étaient pas tenus de suivre les avis. Les décisions prises par ce tribunal, devant lequel tout se jugeait sommairement et sans subtilité de droit, n'étaient pas susceptibles d'appel. Le vote y était secret par boules blanches el noires. Les dix-sept qui entraient en charge, le 10 juin, ne prolongeaient jamais leurs sessions au delà du 20 juillet. (Argensola, t. VII, p. 9, et c. xxxi», p. 95, 94.)

* « Avian sido desterrados del reino dos jueces de la corte del

gran justicia de Aragon... Micer Chalez y micer Torralba, en la resw dencia que se tenié en el mismo tiempo, de la quai quieren decir que avia resultado que estos jueces y el marques de Almenara se entendian, y que ellos no guardaban el fuero, lo quebraban 6 dissimulaban, y fueron condenados en el juicio de la residencia, el quai consta de 17 ciudadanos, los quales salen por suertes, y esto se hace todas las veces que ai quienquier denuncio. » (Proctio, ms. ; Relaciones, p. 227, 228.)

sonne et si bien placé pour connaître ses desseins. Dans une déposition curieuse, celui-ci déclara « que l'orgueil et l'arrogance de Perez étaient tels, qu'il lui avait entendu dire, au temps où il était avec lui, qu'il devait se trouver libre aux premières cortès auxquelles figurerait le roi, et qu'il aurait alors a réclamer de lui la restitution de deux cent mille ducats dont il lui avait fait tort, comme aussi qu'il le forcerait à changer la teneur du désistement qu'il avait donné a Saragosse *. » 11 ajoutait « qu'il voulait se rendre aux cortès avec des housses d'apparat qui devaient avoir quatre parties : les coins de la housse porteraient en peinture des fers et des chaînes; sur le milieu devait être un appareil de torture tout dressé ; pour bordures, il y aurait des châteaux forts et des prisons; et autour de l'appareil de torture, des devises latines qui diraient Gloriosa pro prœmio en haut, Décora pro fide en bas, avec cette devise en castillan au centre, Fraude et désabusement. L'explication de ces devises et le sens des autres emblèmes étaient développés par lui d'une manière fort injurieuse*. Il fit tracer ces emblèmes et devises

* « Que era tenta y es su soberbia y arrogancia, que le oyô" dezir, en el tiempo que estava con el, que avia de ballarse libre A las primeras Cortès, en que estuviesc el rey nuestro senor, y que avia de pedirle restittiyese dozientos mil ducados que le avia becho de dano, y assi mismo avia de hazer que reforma se el ténor de la separacion que Su Mageslad avia hecbo en Zaragoça. » (Collection Llorente, vol. XIV, t. III, fol. 72.)

* a Decia que avia de yr & las Cor les con unos reposleros los quales avian de ser en quatro partes. Las esquinas del repostero pintadas grillos y cadenas, y en el medio tendido un potro, y por la orla cas-

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