CHAPITRE VI
des housses, sur un papier, parle moyeu de maître Basante. . . Le déclarant donna huit réaux, par ordre d'Antonio Perez, audit Basante, pour qu'il les remit au peintre qui avait dessiné sur du papier lesdites housses, a ses couleurs, bleu et jaune. Il disait encore qu'a Notre-Dame-del-Pilar il voulait mettre une grande lampe, supérieure à toutes celles qui s'y trouvaient, en argent, a l'extérieur de laquelle, et sur un cercle du pourtour, il y aurait une devise latine disant : Captivus pro evasione ex voto rediit; majora rediturus pro uxoris natorumque liberatione de populo barbaro traque régis iniqui, et de potestate judicum, semen Chanaan. Cette lampe devait être offerte par lui en l'honneur de son évasion de la Castille 1 . »
Mais voici ce qu'il y avait de plus sérieux dans la déposition de Diego Bustamente, qui ne dénonçait
lillos y carzeles, y junto al potro unas letras que dixeren Gloriosa pro prœmio en lo alto, y en lo baxo Décora pro fide, y en el medio una letra en castellano que dixese barato, desengano. Y la déclaration de las dichas letras y signification de las demas cosas era muy descomedida segun el la declarava. » (Collect. Llorente, vol. XIV, t. III, fol. 72.) 4 <r Y esta traça de reposteros y letras la hizô sacar en un papel por medio del maestro Basante, que lee gramatica... V este que déclara diô ocho reaies por mandado del dicho Antonio Perez al dicho Basante, para que se dièse al pintor % que avia puesto en un papel con sus colores azules y amarillos la muestra de los dicbos reposteros. Y tambien decia que en Nuestra Senora del Pilar avia de poner una lampara grande, mayor que ninguna de las que alli es la van de plata, y por de f uera, en un ccrco al derredor, avia de estar una letra en latin que dixese : Captivus pro evasione ex voto rediit; majora rediturus pro uxoris natorumque liberatione de populo barbaro iraque régie iniqui, et de potestate judicum, semen Chanaan. La quai lampara decia que avia de poner en razon de averse huydo de Gastilla. » {Ibid., fol. 72 v*.)
cependant que des propos et des projets antérieurs au soulèvement de Saragosse. « Le tout, disait-il^ était conté par ledit Antonio, avec des paroles insolentes et orgueilleuses dirigées contre le roi notre maître et ses ministres 1 . Il prétendait que Marcus Grassus avait été six mois caché dans une caverne, après quoi il avait triomphé de ses ennemis, et qu'un jour pourrait bien venir où don Inigo (voulant dire le marquis d'Almenara) serait trop heureux de se sauver de toute la vitesse de son cheval, et que Rodrigo Vasquez, qu'il n'appelait pas le président, ne trouverait pas un lieu où il pût se cacher. Tout cela était accompagné de menaces de révoltes et de troubles en Espagne, disant que le duc de Savoie se perdrait aussi a force de vouloir trop se grandir, et que l'Italie entière avait l'œil sur lui ; que Vendôme (Henri IV) devait finir par être le monarque de tout, que c'était un grand prince qui gouvernerait au gré de tout le monde, et que, si l'Aragon l'en croyait, ce royaume se ferait république, à la façon de Venue ou de Gênes, échappant ainsi a la Cas tille, qui, tout entière, suivrait l'exemple de cette couronne; que, si les forces manquaient pour réussir en ce point contre le roi notre maître, on pourrait se donner à la France, par qui on serait reçu a bras ouverts, aux conditions qu'on trouverait bon d'imposer*. »
* < Lo quai todo decia el dicho Antonio Perez con palabras insolentes y soberbias contra el rey nuestro senor y sus ministros. » (Collection Llorente, vol. XIV, t. III, fol. 72 V.)
* « Y decia que Marco Craso avia estado seys meses esoondido en