CHAPITRE VI
à remettre a Vos Seigneuries, en les suppliant et les requérant de prendre sa défense, conformément au privilège et au devoir de leur dignité et de leur charge ; ses périls et ses risques devenant aussi pressants qu'on l'a pu voir, et s'augmentant a tel point, qu'il a pu évidemment craindre de n'avoir pas le temps de copier une page, et à plus forte raison de rédiger un mémoire avec la convenance et le respect dus a un tel tribunal, puisqu'il n'y avait pas d'instants où il fût sûr de n'être pas enlevé, il a adressé k Vos Seigneuries, pour tout mémoire et toutes requêtes, une simple suite d'observations qu'il a closes par six lignes qui sont le cri de l'àme, celui de l'honneur, celui de la vie même.
« Dans cette situation, ne voyant prendre aucune mesure sur les objets qu'il a exposés, il continue a craindre que, d'une heure a l'autre, du soir au lendemain, sa personne même ne se retrouve plus, et que le souffle et la voix ne lui manquent pour articuler devant vous les demandes nécessaires a son salut. Par ces motifs, et attendu que personne n'est assez hardi pour le défendre et dresser un mémoire en sa faveur, il présente a Vos Seigneuries le même écrit qu'il rappelle ici avoir déjà présenté un autre jour, n requiert et supplie Vos Seigneuries par toutes
que ténia jurados, y que, violados estos/como lo estavan violada la carcel de la Manifestation, y sacado délia preso, tenian facultad, y tal se le concedian sus fueros, para poder eligir nuevo rcy que les conservasse sus libertades. » (Collection Llorente, autre déposition de Basante, t. VIII, fol. 1 v'.)
les obligations qui les lient envers Dieu, envers les hommes, envers le royaume dont elles ont charge de maintenir la grandeur, les fueros, et l'antique organisation, il les supplie encore par ce qu'elles sont et par le siège qu'elles occupent, d'ordonner l'examen de ce mémoire, et surtout de considérer l'obligation que les fueros imposent a Vos Seigneuries de -venir en aide a sa personne et a toutes les libertés qui sont mises en péril par la persécution qu'il éprouve 1 . »
Il les conjurait éloquemment de ne pas le livrer
* « Antonio Perez dize que el ténia hecho un apuntamiento de ca bos para dellos t'ormar un mémorial en forma, para dar i Vuestras Scnorias y supplicarles y requirirles acudiessen à su defensa, segun fiiero y obligation de su lugar y oficio ; y apretandoae quanto se ha visto sus peligros y aventuras en tanlo grado y aventura, que evidentemente pud<5 temer que no le quedaria tiempo para copiar un plie go de papel, quanto mas para formar mémorial con la considération y reverencia que A ese consistorio se deve dar, pues no avia hora segura que no temiese ser arrebalado, embiô" i Vuestras Scnorias con esta priessa y rebato, por mémorial y demanda, el tal papel de advertimientos, con poner al remate del seys renglones del aima y de la honrra y de la vida. Yporquc no vee provision ninguna sobre taies puntos... terne que de una hora a olra, y de la nocbe a la manana, no parecerâ ni su persona ny le quedarâ" resuello con que pronunciar las demandas ante Vuestras Scnorias para su remedio necesarias. Présenta a Vuestras Senorias (por estas razones y por faltarle quien se atreba a defenderle ni formarle un mémorial) el mismo papel que ha referido arriba que di<5 el otro dia. Pide y suplica a Vuestras Senorias por todas las obligaciones que tienen a Dios y i las gentes y a este reyno (cuyo amparo y conservacion de sus fueros y estado antigo estan & su cargo), y por quien Vuestras Senorias son, y por su lugar, manden considerar todo ese mémorial y la obligation que los fueros ponen â Vuestras Senorias i salir â la defensa desta persona y de todas las libertades que en el y por sus persecuciones se ponen en aventura. » (Collection Llorcnte, vol. XVIÏ, t. X. fol. 2.)