CHAPITRE PREMIER
insister assez vivement pour me rendre suspect. Car, bien que le roi me tienne pour fort attaché k Votre Altesse, il faut qu'il ait souvent lieu de croire et de penser que tout ce qu'on lui dit est pour son service ; parce que, s'il en était autrement, nous marcherions a notre perte, comme je l'écris k Escovedo, et je serais peu en état d'être utile k Votre Altesse 1 . »
11 engageait don Juan à rester dans les Pays-Bas pour y achever l'œuvre qu'il avait si bien commencée. Il le détournait du projet d'envoyer au roi do France les troupes que ce roi n'avait pas demandées et de se placer à la tête d'une expédition peu digne d'un personnage comme lui. Dans sa réponse a Escovedo, du 7 avril, il disait : « Je me suis époumoné, l'autre jour, k dire au roi du bien de Son Altesse, k
* « Y aunque yo quisiera ynfinito enbiar a Vueslra Alteça la rresolucion que desea acerca de su salida de ay, a nuestro amigo el marques de los Bêlez ni a Quiroga... no les ha parecido que en ninguna manera se puede tratar por aora desto, sino es queriendo que se perdiesse todo, y lo que Vueslra Alteça ha gafiado hasta aora, y que se pusiesen los Estados en manifiesto peligro. Y aunque yo todabia hé antepuesto algunas rraçones de las que Vucstra Alteça y Escobedo me an escrito para persuadir lo que desseo, no me an sido admitidas, porque a Su Magestad le parece muy al contrario y que, si esos estados se an de poner y rreducir a su buen estado antiguo, a de ser por mano de Vuestra Alteça, y viendo que Su Magestad entiende esta materia con tanta rresolucion desta manera, no me ha parecido apretarle tanto que me tuviesse por sospechoso, por que, aunque me tenga por muy de Vuestra Alteça, algunas beces créa y piense que todo lo que se dicc es principalmente por su servicio, porque, si no se hiciese esto, hiriamos, perdidos como lo escrevo a Escobedo, y podria yo acer poco servicio a Vuestra Alteça. » (Perez à don Juan, ms. de la Haye, fol. 20 à 24 V. )
lui montrer tout le secours qu'il peut recevoir d'un tel frère, d'un frère déjà mûr, expérimenté, éprouvé, de la société et de l'activité duquel il peut dès a présent tirer plus de profit et de soulagement que de personne autre, et chez qui, qu'on me le pardonne et qu'on me croie, il a trouvé autant de fidélité, de soumission et de désintéressement qu'il en retrouvera jamais autre part. J'ai couru de ce train le mieux que j'ai suie faire. Le roi m'a répondu que je parlais a merveille a cet égard, qu'il se fiait entièrement a son frère, et qu'il en attendait grand soulagement, mais que je voyais en quel état se trouvaient les affaires de Flandre; que c'était les mettre toutes en péril que de permettre au prince de les abandonner ; que pour le présent c'était impossible; qu'il appréciait les conseils que je lui donnais, et qu'il en tenait compte; mais que, ne pouvant de sa personne concourir a ce qui se fait là* bas ni aux affaires du dehors, l'aide et le secours qu'il doit principalement tirer de son frère consistent à le charger d'être où il ne peut être lui-même. Je n'ai pas voulu faire un pas de plus dans le moment sur ce point. Il faudra y revenir plus d'une fois en avançant peu a peu, et non en frappant de grands coups, de peur de tout briser 1 . »
4 « Que me arroxe este otro dia el agua diciendole mil bienes do Su Alteça, lo mucho que vale, el gran descanso que ha de tener con este hermano, y ques hermano, y ombre ya hecho y esperimentado y probado, y de cuyo trabaxo y compania puede començar lucgo a sacar mas frulo y descansso que de otras, de mas que a ninguno tiene tan ta onlijçncion, que me perdonassen y me creyessen, de tal fidelidad ni