‹ Antonio Perez et Philippe IIChapitre 23 sur 192 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Afin d'entretenir la confiance d'Escovedo et de contenir son ardeur, Perez ajoutait, en parlant du roi avec un défaut de respect et un sentiment de crainte qui devaient à la fois choquer et satisfaire ce prince auquel il soumettait ses réponses : « Plaise a Dieu qu'un jour vous et moi occupions les places de Vêlez et de Sesa! Mais gardons-nous de montrer jamais à cet homme-ci (Philippe II) que nous le désirions. Ce serait le moyen de n'y jamais parvenir. Le chemin pour y arriver est de lui persuader que les choses se font a son gré a lui. et non au gré de Son Altesse; que nous, qui sommes ses serviteurs, nous les lui conseillons comme bonnes pour son service. Que le prince nous y aide donc, en ne faisant autre chose que servir son frère et lui obéir comme il le fait, afin de lui montrer en tout, ce dont nous l'assurons, que le prince n'a d'autre volonté que la sienne. Ainsi donc, seigneur Escovedo, que Dieu nous garde de votre venue ici, car elle nous per-

de tal obediencia, ni tal linpieca de animo qifc no lo hallara jamas. Y por aqui corri lo mexor que supé. Rrcspondiô-me que yo lo decia muy bien todo y que de su hermano acîa el toda confiança y esperava el mucho descansso, y que las cosas de Flandes yo veia el estado en questavan, y que séria aventurarlo todo dexando el sefior don Joan aquello, que no es bien acerlo por aora, y que lo demas que yo le ad ver lia me lo agradecia y era de consideracion, y que ya que por su persona no podia asislir a lo de alli y à las cosas de fuera, el principal descansso, y ayuda que de su hermano a de tener es encomendarle aquello en quel no pueda estar présente ; y no quissé passa r de aqui, pues es materia para mas de una bez y en que se deve hir lavrando poco a poco y no a grandes golpes por que no quebremos. » (7 avri 11577. Perez à Escovedo, ms. de la Haye, fol. 27 à 52 v°.)

drait. Je vous ai déjà dit combien nos amis sont en petit nombre. Vous le savez bien. Vous savez aussi combien la nature du frère est une nature dangereuse. » Le roi avait mis en marge de cette partie de la minute de sa lettre : « Cet article est bien ainsi, et tout ce que vous y dites est bon l . »

Tout en se refusant a rappeler don Juan des Pays- Bas et a lui permettre de marcher au secours de Henri III avec les troupes espagnoles, Philippe II lui faisait annoncer par Perez qu'il ne le laisserait pas éternellement en Flandre*. Il lui donnait l'espoir de reprendre le projet sur l'Angleterre, pour l'exécution duquel don Juan s'était adressé de nouveau a la cour de Rome. Philippe II avait été instruit de ses

1 « Placera a Dios que algun dia sea, pero no lo mostremos â esto ombre jamas que lo deseamos porque nunca lo beremos, y el camino para vencerle a de sser que enlienda que sucede como el dessea y no Su Âlleça, sino que nos, los suyos, se lo aconsexamos como cossa de su servi cio, y quel ayude con solo servir â su hermano, y obedecerle como lo ace, y que bea en todo lo que certificamos, que no tiene voluntad sino la suia, y asi, sefior Escobedo, de venirse Vuestra Merced aca nos guarde Dios que seriamos perdidos, y ya le bé dicbo los pocos amigos que tefiemos, y Vuestra Merced lo save bien, y quel estado del hermano, sin dar occasion, es peligroso y mucbo, y la dara notable su venida ; mire Vuestra Merced y mire Su Alleça bien en esto ques de mucha ymportancia : buelbo A decir â Vuestra Merced lo mire mucho, y que no lo haga sin orden del Rey y me créa. » (7 avril 1577, Perez à Escovedo, ms. de la Haye, fol. 27 à 32 v\) « De mano de Su Magestad : Este capitulo ba muy bien assi y lo que decis en el tambien. » [Ibid.)

• <c Mirad si es tiempo decirle algo de los FI and es y que no piense que se casa con ellos porque aquellos no an de ser sino por el tiempo que alli estuviere ; escrevis se lo, si os parece. » (Apostille du roi dans la minute d'une lettre de Perez à don Juan, ms. de la Haye, loi. 20,24.)

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