‹ Antoon van WelíeChapitre 19 sur 23 · TOS · texte numérisé non relu

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crépusculaires sont chers au peintre. Il aime poursuivre les moindres sinuosités de ces figures amenuisées, de ces mains amaïigries que le temps travaille avec son burin corrosif ; il aime ces masques où la vie de l'esprit commence de primer la vie charnelle, et où la lassitude se transforme en renoncement. Mais il est aussi, lorsqu'il le veut, un peintre de l'enfance radieuse et florale, comme dans certains groupes familiaux, ou dans le délicieux portrait de Mile Maddy Veptel tenant dans son bras replié un loulou favori, et qui est la fraîcheur et la grâce même, ou encore dans un pastel doré exécuté d'après le petit-fils de M. Charles Benoist, ou le pastel de Mile Philipse caressant un angora, ou celui de miss Waddell. Le portrait en pied, un peu théâtral, est à peu près absent de l’œuvre d'Antoon van Welie; je n’en sais guère d'autres exemples que ceux de Mme Verloren van Themaat, baronne van Lawick, en toilette de bal, appuyée à une colonnette sur un fond de salon éclairé, celui de Mme Bristowe et, tout récemment, de S. À. R. Mme la duchesse de Vendôme, en robe orangée, diadémée d’émeraudes, et surgissant d’une tenture auprès d’une touffe d’azalées, dans un jeu de reflets comme Besnard s'est souvent plu à en combiner entre la clarté du jour tombant et

la lumière aruficielle. En général, l'artiste s'en tient à présenter

ses personnages assis, jusqu'aux genoux, et sur fond neutre, l'étude des faces et des mains étant tout pour lui. C’est ainsi que se disposent encore les portraits de Mme Regout, aux belles épaules tombantes, de Mme Jurgens-Verbrugoen, dont une écharpe d’hermine rehausse encore la robe de satin et de dentelle neigeuse, de Mme Wittock van Landeghem, dont les beaux bras nus et l'attitude rappellent par leur arrangement le style Directoire, de Mme van Hoboken de Monchy, jouant négligemment avec son sautoir de perles, ou enfin de Mme van Mens et de Mme van Aalst, dont la simplicité et l'expression de bonté sont mises en relief par le moindre détail du geste, du costume, par le choix même du coloris.

Je voudrais cependant retenir un instant encore l'attention devant les deux portraits de sir Graham Walters, en uniforme de capitaine de l’armée anglaise, et de Mrs Walters, en costume de bal. Ce sont deux magnifiquesimages de la saine beauté britannique telle qu'elle se présente en tout son éclat dans des unions d’aristocratie raffinée. Et elles offrent un vif contraste avec la grâce toute française des vicomtesses Des Tombes se présentant de profil sur un fond de tapisserie aux tonalités éteintes. C’est un poème de féminité délicate, de jeu-

nesse, comme les masques de Mme Jean Benoist, aux cheveux

dorés, ou de Mlle l1 baronne van Geen, simples dessins rehaussés de touches discrètes de couleur.

Je ne parle là, comme je lai dit, que d’une partie de l'œuvre d'un portraitiste qui a énormément travaillé dans plusieurs contrées de l'Europe. Les textes et reproductions de la présente étude auront surtout pour but de faire pressentir la surprenante variété, la poétique faculté d'adaptation d'Antoon van Welie. Il semble réapprendre la peinture devant chaque modèle nouveau. Il satisfait à sa passion de scruter et de définir avec une inlassable et méthodique curiosité. Il se veut impersonnel devant l'être dont il lui faut saisir et fixer l’âme. Mais les artistes possédés par cette volonté d'impersonnalité se mêlent eux-mêmes, à leur insu, à leurs personnages. Quand on regarde dans l'ensemble les portraits de la haute société néerlandaise réalisés par Antoon van Welie, on les trouve réunis en leur diversité par un amour foncier de la race, une noblesse pensive, une tendance à la vie intérieure, à l’accalmue morale

et mentale, qui sont lui-même, et sa véritable signature.

L'artiste n'apporte pas moins de méthode divinatrice dans sa restitution des effigies masculines. Qu'il ait pour modèles

des mondains, des homme d’'Eghise, des diplomates, toujours

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