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EDMOND ROSTAND {Dessin en couleurs, 1911). Au Musée du Jeu Ge Paume
Mme VAN KARNEBEEK, née BAROMNE VAN WASSENAER VAN ROSANDE, La Haye. (Peinture, 1923).
S. Ex. JHR Mr. Dr H.-A. van KARNEÉBEEK, Ministre des Affaires Étrangères, La Haye (Peinture, 1923).
1 22 FRA AREA
BARONNE BENTINCK, née COMTESSE VAN LIMBURG STIRUM,
La Haye (Dessin en couleurs, 1916).
il va au fond de la psychologie sociale et individuelle. Ses portraits successifs des papes Pie X, Benoit XV et Pie XI sont des documents d'histoire qui expliquent parfaitement et corroborent ce que nous pouvons savoir des trois mentalités si dissemblables de ces pontufes. Les dessins d’après Pie X sont très beaux, et le portrait peint d’après Pie XI est un des plus complets sans doute qu'il ait été donné à un artiste moderne d'exécuter en présence d’un pape, la plupart étant faits de souvenir d'après quelques notes hâtives. Familier du Vatican et de la vie romaine, Antoon van Welie a su donner un grand caractère à ses figures de prélats : tel celui, si vigoureux, si majestueux, de Mgr Nicotra, nonce apostolique à Bruxelles, ou ceux de Mer Nolens, de Mer Eras, du P. Hyacinthe Hermans, le premier révélateur d’un caractère austère et énergique, les deux autres montrent l’extrème finesse du prélat diplomate et la finesse, toute différente, du prélat érudit, linguiste et archéologue. L’effigie de M. le curé Verbraak est, par contre, celle d’un ascète, d’un saint, dont la bonté s'inscrit en chaque pli de la figure émaciée. Enfin, contraste à toutes ses physionomies ecclésiastiques, s'impose le riche portrait en buste du prince Orsini, des gardes-nobles ; la tête orgueilleuse et fine,
type achevé de la brune beauté juvénile de l'Italie, est rehaussée
par le beau casque à cimier antique; cachant à demi l'uniforme rouge et or, le grand manteau blanc se drape comme une tope sur lé torse vigoureux. Morceau fougueux, brossé par le peintre avec un évident plaisir de coloriste.
S'il ne se propose que d'exprimer l'adolescence, Antoon van Welie donne du moins toute sa synthèse. On peut comparer à ce point de vue deux de ses effigies de jeunes gens élégants. L'un est M. Noothoven van Goor, l’autre M. L. +]. Koœælemey. Le portrait du premier est d’un arrangement fantaisiste et d’un modernisme léger etamusant où s’affirme encore la souplesse de l’auteur. Ce grand jeune homme svelte, vêtu d'un costume blanc, de souliers blancs, la boutonnière fleurie, le chapeau de paille rejeté sur la nuque, la cigarette aux doigts, s'apprête à sortir : pour un instant, pour quelque dernier propos, 1l s’assied cavalièrement au bord d’un guéridon bas, une jambe pendante, l’autre pied posé sur un fauteuil. Une main à la hanche, il se cambre avec coquetterie. Son lévrier favori le regarde, impatient de bondir. On devine un décor de salon, un grand vase fleuri, une console, une pendule à figures de Falconet. Traité à l'aquarelle avec une négligence apparente, en réalité avec une science extrême, ce morceau
plein de vie, de naturel, de verve, est aussi actuel, aussi
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« parisien » que le pourraient souhaiter les plus déterminés partisans des expositions « d'avant-garde ». On y sent toute l'assurance amusante du jeune mondain ravi de son chic impeccable, désinvolte et heureux de vivre, et le moindre détail est spirituellement présenté. Dans l'effigie de M. Koælemey au contraire, peinte en pleine pâte onctueuse avec de beaux tons chauds et sombres, l'élégance n'est pas moindre, mais l’âme se révèle toute différente : celle d’un jeune homme pensif et épris de vie intérieure, d'étude et de retraite. Tout l'intérêt se concentre sur cette figure grave, volontaire, réticente et fine, une des plus pénétrantes qu'ait peintes Antoon van Welie, et assurément un des meilleurs portraits d’adolescent qu'on ait réalisés en notre époque. À l’un de ces modèles 1l fallait une facture rapide, légère, superficielle, et beaucoup d'accessoires contribuant à en dire le type mental : à l’autre, la profondeur et la tenue de la peinture à l'huile, avec un clair-obscur. Appropriation subtile et Juste, comme toujours, du moyen au but, et définition en deux toiles des antinomies morales de la jeunesse, brillante ou méditante.
Ainsi chaque tableau est-il un exemple de la théorie du peintre physionomiste. Il en donne d’autres applications lorsqu'il aborde les portraits d'adultes, mondains, politiciens,