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,,. d'après le Tableau de P. Vander Oitderaa.
pour conserver son monopole. Il voulut alors modifier les lois, le gouvernement et les mœurs des Belges, en supprimant les anciens privilèges et les usages nationaux, pour établir des institutions et des coutumes nouvelles.
Il s'attaqua d'abord au clergé, et voulut établir lui-même un séminaire général.
Ensuite, il abolit les tribunaux et les conseils; enfin il cassa les Etats de Hainaut et de Brabant qui lui résistaient {1789). C'étaient des actes de despotisme, et ils furent soutenus avec brutalité.
La résistance ne se fit pas attendre.
Il s'était formé, à Bréda, un comité de Belges émigrés, qui put bientôt réunir deux ou trois mille volontaires. Le commandement fut confié au colonel Van der Meersch, vieil officier d'une valeur éprouvée. Il entra en Brabant avec sa faible troupe et battit les Autrichiens à Turnhout (26 octobre 1789).
Ce fut le signal du soulèvement de la Belgique entière. Toute la Flandre chasse les Autrichiens. Le peuple de Bruxelles les attaque dans les rues et les force à la retraite. Mons tombe également au pouvoir des bourgeois.
Le 11 janvier 1790, les députés de toutes les provinces situées au nord de la Meuse étaient réunis à Bruxelles et y proclamaient l'indépendance des Etats-Belgiques- Unis.
Henri Van der Noot, jusqu'alors avocat à Bruxelles, et qui s'était mis à la tête du comité de Bréda, se trouva appelé à diriger l'Etat lui-même. Après avoir chassé les étrangers, les Belges ne purent compléter leur œuvre en s'organîsant. Van der Meersch et ses officiers se montrèrent bientôt disposés à dicter la loi aux Etats. Ceux-ci donnèrent le commandement des forces à un officier prussien, le général Schœnfeld, tandis que le vainqueur de Turnhout était arrêté et conduit à la citadelle d'Anvers. Mais Schcenfeld, qui semble avoir été l'agent d'une puissance étrangère, ne fit aucun usage des forces mises sous ses ordres, et glaça leur enthousiasme par sa froideur.
Cependant Joseph II venait de mourir, et Léopold II, son frère, offrait une paix avantageuse. Les Belges l'ayant refusée, il s'avance avec une forte armée, culbute les patriotes peu confiants dans leur général Schœnfeld, reprend la Belgique (1790), accorde aux Belges une amnistie générale et la pleine jouissance de leurs constitutions. Il meurt (1792), sans avoir eu le temps de réaliser toutes ses vues bienveillantes qui auraient pacifié complètement le pays.
François II, son fils, était à peine monté sur Je trône impérial qu'il eut à lutter contre la terrible Révolution française, qui renversait, à Paris, le trône de Louis XVI et faisait disparaître jusqu'aux derniers vestiges du régime féodal. Le fléau de la guerre vint encore une fois monder de sang la Belgique. Dumouriez remporta (1792), sur les Autrichiens, à Jemmapes, une victoire qui valut aux Français la conquête de la Belgique. L'année
La Maison de J. J. Jordaens.
suivante, les Autrichiens reprennent l'offensive, et le général belge Clairfayt, à la tète des Impériaux, bat Dumouriez à Neerwinden, et remet de nouveau la Belgique au pouvoir de l'Autriche.
L'archiduc Charles-Louis, frère de l'empereur, vient prendre possession du gouvernement de nos provinces ; mais en 1794, Jourdan. général français, gagne sur le prince de Saxe-Cobourg, général autrichien, la bataille de Fleuras, qui met fin, en Belgique, à la domination autrichienne.
DOMINATIC
Les Français réunirent la Belgique à leur pays et supprimèrent toutes nos institutions pour nous imposer les leurs. Ils ôtèrent à nos provinces leurs noms antiques, et divisèrent le territoire , en neuf départements. La province d'Anvers fut appelée le département des Deux-Nèthes.
Napoléon ayant relevé le trône et rétabli le culte religieux, que la France républicaine avait voulu abolir , la Belgique obéit avec moins de répugnance à ce puissant souverain, qui fit quelques efforts pour encourager son industrie. Lorsqu'il vint visiter la Belgique (i8o3), il voulut s'arrêter trois jours à Anvers. Dès le lendemain de son arrivée, à trois heures du matin, il fit à cheval le tour de la ville, examinant dans le plus grand détail les fortifications et le port : cette inspection lui inspira de vastes projets qu'il s'efforça bientôt de réaliser. Il fit creuser le bassin, élever l'arsenal, construire la route qui de cette ville conduit à Amsterdam, et joindre, par un canal, l'Escaut à la Somme.
« Dans un de ses nombreux sujets de conversations rompues, dit le Me'-, mariai de Sainte-Hélène , l'empereur s'est arrêté avec suite sur Anvers, son arsenal, ses fortifications, son importance, les grandes vues politiques et militaires qu'il avait eues sur ce point si heureusement situé, etc., etc. Il a dit qu'il avait beaucoup fait pour Anvers, mais que c'était encore peu auprès de ce qu'il comptait faire. Par mer, il voulait en faire un point d'attaque mortel à l'ennemi ; par terre, il voulait le rendre une ressource certaine en cas de grands désastres, un vrai point de salut national ; il voulait le rendre capable de recueillir une armée entière dans sa défaite, et de résister à une année de tranchée ouverte, pendant laquelle une nation avait le temps, disait-il, de venir en masse la délivrer et reprendre l'offensive. — L empereur disait qu'il avait arrêté que le tout fût gigantesque et colossal. Anvers eût été à lui seul toute une province. Il avait l'intention d'établir un arsenal complet et bien plus grand en face d'Anvers, sur la rive opposée, à la Tête-de-Flandre. II avait d'abord eu le projet hardi de jeter un pont au travers de ce fleuve difficile; mais il finit par se décider pour des ponts volants très ingénieux. — L'empereur avait sur Anvers
RANÇAISE.
les idées les plus gigantesques : il eu eût prolongé l'ensemble, les détails et les moyens jusqu'à la mer. » Autant Napoléon s'efforçait de réédifier Anvers, en lui donnant pour base des fondations commerciales, autant
l'Angleterre s'efforçait de prévenir les conséquences de cette restauration.
L'expédition entreprise sur l'Escaut en 1809 fut conçue dans cet esprit.
Saisissant le moment où la France était privée de ses deux grandes armées régulières, occupées l'une sur le Danube, l'autre sur le Tage, le ministère britannique dirigea contre l'île de Walcheren une flotte composée de soixante et dix bâtiments de guerre, indépendamment de quatre-vingt-quatre corvettes et d'une foule d'autres navires.
Vingt millions de livres sterling (cinq cents millions de francs) avaient été dépensés pour ce formidable armement. Au moment où Anvers était ainsi menacée par plus de quarante-cinq mille soldats, elle était presque sans garnison. En réalité, l'ancienne métropole commerciale des Pays-Bas ne dut son salut qu'à l'inhabileté du général anglais : au lieu de s'avancer directement par le gué du canal de Berg-op-Zoom , lord Chatham alla mettre le siège devant Flessingue, dont la prise d'Anvers devait entraîner la chute. Entassée dans les marais de la Zélande, son armée fut décimée par les fièvres ; et, en moins de soixante jours, ces forces si imposantes étaient dispersées, sans s'être montrées plus loin que le fort de Bath.
D'après les détails fournis par le préfet de l'empire, Anvers, grâce aux immenses travaux qui avaient pour objet de menacer l'Angleterre, obtint un accroissement de 10,000 âmes; en 1814, la ville contenait 66,000 habitants.
Lors de la chute de Napoléon, les puissances alliées , maîtresses de la Belgique, établirent à Bruxelles un gouvernement provisoire (11 février 1814), qui fut confié à Guillaume d'Orange-Nassau, afin de préparer ainsi les voies à l'union de la Hollande et de la Belgique, que les puissances voulaient effectuer. En effet le congrès de Vienne réunit définitivement la Belgique et la Hollande (11 décembre 1814) sous le sceptre de Guillaume d'Orange -Nassau.