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Une expédition dirigée contre la Flandre zélandaise échoua ; Maestricht, qu'on le Brabant septentrional, désireux de s'allier aux Belges, restèrent sous la domination
novembre, une conférence où siégeaient les représentants de la France,
de l'Angleterre, de la Prusse, de l'Autriche et de la Russie, s'était réunie à Londres, à la demande du roi des Pays- Bas. Le 4, un acte fut signé, qui proposait aux deux pays une cessation d'hostilités, en assignant à la Hollande, comme ligne de l'armistice, les limites qu'elle avait avant la réunion, c'est-à-dire avant le traité de Paris du 3o mai 1814. Le Gouvernement provisoire adhéra, le 10 novembre, à cet armistice.
Le même jour, le Congrès national de la Belgique ouvrit ses séances à Bruxelles. Les cloches de toutes les églises annoncèrent cette solennité ; la garde civique et les troupes étaient sous les armes ; le peuple, confiant dans l'avenir, laissait éclater sa joie. Deux cents députés, élus directement par leurs concitoyens, sans aucune intervention du Pouvoir exécutif ou de ses agents, s'étaient réunis au Palais de la Nation.
Le 18 novembre, l'Assemblée proclama, à l'unanimité, l'indépendance du peuple belge; elle décréta, le 22, que la forme du Gouvernement serait la monarchie représentative et héréditaire, et, le 24, elle prononça « l'exclusion perpétuelle des membres de la Maison d'Orange-Nassau de tout pouvoir en Belgique. »
Le 20 décembre, la Conférence prononça la dissolution du royaume des Pays-Bas. Le roi Guillaume protesta en vain contre ce qu'il appelait le démembrement de son royaume. Le Comité diplomatique belge, présidé par M. Van de Weyer, protesta, de son coté, contre une clause du protocole du 20 décembre, qui réservait, dans les arrangements intervenus, les
droits que le roi des Pays- V
Bas et la Confédération ^^fct
germanique exerçaient sur le Grand-Duché de Luxembourg.
Faisant usage du droit qu'elle s'était attribué, la Conférence arrêta, par les protocoles du 20 et du 27 janvier i83i, les bases de séparation entre les deux pays. La Belgique fut dépossédée du Luxembourg et de la rive gauche de l'Escaut. Alors le Congrès, dans sa séance du ier février, protesta encore contre les nouvelles décisions de la Conférence, auxquelles Guillaume Ier accédait.
Plus les difficultés se multipliaient au dehors, plus il devenait urgent de s'occuper de l'élection du chef de l'État. Le 3i janvier, la discussion s'était ouverte au Congrès sur cette question vitale. Le 3 février, le duc de Nemours, qui avait pour compétiteur le fils du prince Eugène de Beauharnais, fut désigné comme le futur souverain; mais Louis-Philippe crut ne point devoir accepter pour son fils,
L'Assemblée nationale, loin de se décourager, poursuivit son œuvre avec ardeur : le 7 février, elle acheva la Constitution, monument glorieux et impérissable de la Révolution de i83o.
Le 24, Erasme-Louis, baron Surlet de Chokïer, président du Congrès, fut nommé Régent de la Belgique, et remplaça sous ce nouveau titre, le Gouvernement provisoire.
La position du pays devint néanmoins alarmante.
Les partisans du monarque déchu s'agitaient; la France donnait son adhésion aux protocoles des 20 et 27 janvier; de funestes dissensions" égaraient les citoyens. Il importait de sortir au plus tôt d'une crise périlleuse et de mettre un terme aux anxiétés de l'esprit public. Ce fut la tâche qu'assuma courageusement le deuxième ministère de la Régence ; ce fut le but vers lequel tendirent les efforts patriotiques des deux principaux membres de cette administration, M. Lebeau, ministre des affaires étrangères, et M. Devaux, ministre d'État.
Parmi les princes qui auraient pu briguer les suffrages d'un peuple libre, on distinguait Léopold de Saxe- Cobourg. Allié aux plus puissantes maisons de l'Europe, membre de la famille royale d'Angleterre, il avait fixé
Charlier.
la Jambe de bois
l'attention de ses contemporains, depuis qu'il avait refusé le trûrie de la Grèce, pour ne pas se rendre complice de fausses combinaisons diplomatiques.
Le 18 avril,, une dépuration fut envoyée par le Gouvernement à Londres, afin de sonder les dispositions du prince, qui la reçut, le 32, à Marlborough-House. Léopold dit aux députés qu'il avait suivi avec intérêt tous les événements qui s'étaient passés, depuis six mois, dans leur pays, et qu'il comprenait qu'on pût être fier d'être appelé a le gouverner. Il reconnut que la paix de l'Europe était intéressée à ce que la Belgique eût un chef dans un bref délai. Dès le 1 1 mai, son acceptation put être regardée comme probable : la France et l'Angleterre y avaient donné leur assentiment.
Toutefois, le prince désirait que le Congrès se mit préalablement d'accord avec les puissances.
Le 2 juin, un décret du Congrès autorisa le Gouvernement à terminer toutes les contestations territoriales au moyen de sacrifices pécuniaires.
La séance qui se tint le 4 au Palais de la Nation eut un caractère solennel Cobourg fut proclamé,
au milieu des applaudissements , Soi des Belges , par cent cinquante-deux voix sur cent quatre-vingt-seize votants.
Le jour même et séance tenante, le Congrès nomma une Commission composée de MM. F. de Mérode, Van de Weyer, l'abbé Defoere , d'Aerschot , Hipp. Vilain XIIII, Osy, Destouvelles, Duval, de Beaulieu et Thorn. Elle était chargée de porter au prince le décret qui l'appelait au trône de la Belgique.
Le Gouvernement désigna en même temps deux autres membres
le prince Léopold de Saxedu Congrès en qualité de commissaires auprès de la Conférence, pour suivre les nouvelles négociations qui auraient été autorisées : aidés par la puissante intervention du prince de Saxe- Cobourg, M M . Devaux et Nothomb réussirent de faire modifier les bases de séparation H contenues dans les pro- :; :! tocoles du 20 et du H 27 janvier.
S. La Convention, con-
fe nue sous le nom de H Traite' des dix-huit arti- |s des, fut définitivement f arrêtée par la Conférence le 26. Dans la soirée , Léopold reçut officiellement la députation du Congrès et
Erasme-Louis Baron Sutiet de Chokier Proclame Régent de la Belgique le 24 février i83i.
lui fit connaître qu'il se rendrait aux vœux de la nation belge. Le prince écrivit ensuite au Régent une lettre, dans laquelle il promettait de se rendre en Belgique, dès que le Congrès aurait adopté les articles proposés par là Conférence de Londres. Le 28 juin, la dépuration et les commissions belges étaient de retour à Bruxelles; le 9 juillet, après une lutte longue et orageuse, les dix-huit articles furent adoptés par une majorité sage et prévoyante.
Le 21 juillet était le jour fixé pour la solennité de l'inauguration de Léopold I". Une magnifique estrade avait été élevée sur la place Royale, à Bruxelles.
A une heure, le prince vint y prendre place, entouré des ministres, des généraux et des membres du Congrès.
Le vénérable Régent, en déposant ses pouvoirs entre les mains de l'assemblée qui les lui avait conférés, prononça ces touchantes paroles : .< J'ai vu l'aurore du bonheur se lever pour mon pays, j'ai assez vécu. » Bientôt un des secrétaires du Congrès, debout devant le prince, lit le texte de la Constitution. Le premier roi des Belges, d'une voix ferme, prête le serment exigé par l'art. 80 : « Je jure d'observer la Constitution et les lois du peuple belge, de maintenir l'indépendance nationale et l'intégrité du territoire. » Léopold I"' prononça ensuite au milieu d'un profond silence, un discours qui peut être regardé comme le programme de son rè»ne.