‹ Anvers et l'Exposition universelle, 1885Chapitre 18 sur 125 · SS · texte numérisé non relu

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dis-neuf francs à son imprimeur. Conscience se fit jardinier chez l'horticulteur Van Geert à Anvers, résolu de faire œuvre de ses dix doigts, de travailler au besoin comme un ouvrier. Un discours flamand, fait sur la tombe de Van Brée en i83g, opéra une demi-réconciliation avec la littérature, tant aimée. Un superbe banquet fut offert par ses amis de l'académie à Conscience, le magnifique discours s'étalait en toutes lettres et en flamand dans le Précurseur et cela l'après-midi du jour même. Le gouvernement chargea le jardinier de M. Van Geert d'écrire une Histoire de Belgique en flamand. Peu de temps après M Wappers, nommé directeur de l'Académie royale d'Anvers, appela Conscience aux fonctions de greffier du même établissement.

A partir de ce revirement, le chemin d'Henri Conscience était tracé. Il resta à Anvers jusqu'au moment où le baron Wappers abandonna la direction de l'Académie. C'est en 1854 que l'illustre romancier donna sa démission de greffier. En 1857, il a été nommé commissaire de l'arrondissement de Courtrai.

Conscience resta à Courtrai jusqu'en janvier 1868, époque à laquelle il fut investi des fonctions plus honorifiques que fatigantes de conservateur des Musées royaux de peinture et de sculpture du royaume. On lui avait offert d'abord une chaire à l'Université de Gand, où il aurait enseigné cette littérature flamande qu'il a en quelque sorte ressuscitée, mais il se dit non sans raison que là le professeur eût empiété trop souvent sur les droits du romancier, et c'est pourquoi il sollicita du ministre Van den Peereboom, que M. Heremans le remplaçât dans ces hautes fonctions. Depuis longtemps déjà le nom du conteur flamand excitait des admirations au delà des frontières de son pays natal. Désormais Conscience brillait au rang des écrivains d'élite que le monde entier adopte.

L'Allemagne était la première à l'accueillir.

En 1843 trois nouvelles de Conscience parurent traduites en allemand par M. Diepenbeeck, princeévêque de Breslau, sous le titre Flaemïsches Stillleben. G. Eekhoud, à qui nous avons emprunté ces notes, laisse la parole sur ces succès à Conscience. Il dit dans sa brochure Henri Conscience (Collection nationale) :

« Il n'en a pas fallu davantage pour me faire connaître en Allemagne, où les éditions de mon œuvre traduite se répandent et se multiplient depuis lors dans des proportions plus flatteuses que rémunératrices pour moi. Mais la renommée me suffit; je ne suis pas un homme d'argent. »

Conscience a épousé en 1842 une Anversoise, Ml,c Marie Peinen, dont il a eu plusieurs enfants.

Conscience a été nommé chevalier de l'ordre de Léopold le 1" juin 1845; officier le 19 juillet i856; enfin grand'croix le 9 mai 1881 à l'occasion de l'apparition de son centième roman intitulé Geld en Adel. Il est aussi décoré de plusieurs ordres étrangers, entre autres du Lion Néerlandais et de l'Aigle rou»e de Prusse. Il a été le professeur de flamand de S. M. Léopold II et de S. A. R. le comte de Flandre. Il a été depuis 1869 membre de l'Académie Royale de Belgique.

Conscience mourut le 10 septembre 1883.

C'est M. A. Snieders, rédacteur en chef du Handelsblad à Anvers, qui protège aujourd'hui l'école H. Conscience.

Les magnifiques œuvres de notre romancier flamand lui valent toutes les sympathies du peuple flamand, et l'admiration et l'estime de ses écrivains contemporains.

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Anvers au point de vue Militaire

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nvers, en cas d'invasion du dehors, doit servir de boulevard à la nationalité belge et de refuge à la dynastie. Il ne sera donc pas hors de propos de donner un aperçu des transformations et des développements de l'antique cité au point de vue militaire.

Les Romains ne tardèrent pas à comprendre et à apprécier les avantages d'une position militaire sur les bords de l'Escaut. Obligés de lutter contre les révoltes incessantes et les invasions des peuples Bataves, ils élevèrent sur un îlot à l'embouchure du Schyn une forteresse, qui bientôt devint le boulevard de la Gaule conquise. Diercksens attribue la construction de cette position militaire à Constance Chlore.

Nous croyons reconnaître les derniers vestiges de la forteresse romaine dans le Cronenburg dont le duc d'Albe décréta la démolition en 1564, pendant la construction de sa citadelle. C'était une vaste tour octogone, entourée d'un ceinture de fortes murailles.

La construction d'un remblai ou vailum, côtoyant le lit de l'Escaut sur une longueur de plus de i3oo mètres, mettait en communication la citadelle romaine avec le Werf, un îlot de six hectares. Cette espèce d'estacade était le premier jalon posé, la première conquête des terrains anversois faite sur les eaux, et dans les actes publics du xive siècle, l'endroit longeant la rue Haute, se trouve encore désigné sous le nom de Borchwale (rempart du Bourg). En 660, on enveloppa l'îlot d'un enceinte de murailles crénelées.

Au IXe siècle, les Normands en firent une importante place de guerre, construite selon toutes les règles de l'art de ce temps-là.

Vers Tan 1200, Anvers n'avait qu'un périmètre peu considérable. Comme toutes les forteresses du moyen âge, le Bourg avait une enceinte extérieure appelée Kitip (cuve) ou Voorburg (avant-cour), où peu à peu il s'était formé des groupes de constructions habitées par des gens de métier ou des habitants de la campagne qui étaient venus chercher la protection de la forteresse, et devaient s'engager à concourir à la défense de la place. Cet accroissement de population devait être assez important pour qu'on songeât dès le XIIe siècle à entourer de murs cette agglomération d'habitations. On suppose que l'établissement de cette enceinte est antérieure à 1124.

De 1201 à 1216, sous le duc Henri I de Brabant, eut lieu le premier agrandissement de la ville naissante. Vers i25o, sous le duc Henri III, un deuxième agrandissement eut lieu vers le côté nord. L'enceinte résultant de ce deuxième agrandissement fut construite en solides murailles revêtues en pierres. Elle était percée de 6 portes flanquées de fortes tours avec herses et pont-levis.

Ancienne porte cTAustruiveel, dite Slyck-Poort.

Porte Saint-Laurent.

Porte

ienre).

:mi^hlMjStruite en i5'à3, démolie eji i866.

me en 1880.

Poudrière de l'ancienne porte du Rhin.

Porte de Turnhout.

Ancienne chaussée de Merxcm (Porte Rouge).

Malgré les extensions déjà faites, la population, vers la fin du XIII' siècle, étouffait de nouveau dans la ceinture étroite de ses remparts, et on reconnut la nécessité d'un nouvel et considérable agrandissement Cet agrandissement, qui triplait la surface de la ville, eut lieu de 1291 à i3i4> sous le duc Jean II.

La construction des murailles de cette enceinte n'était pas achevée que déjà l'on songeait à rectifier le tracé de la partie s'étendant de la tour Bleue à la porte Rouge.

On reconnut probablement que cet agrandissement ne correspondait pas aux besoins futurs et on le

compléta par de nouveaux travaux, qui furent exécutés de 1314 à 1440. On abandonna les fossés et les remparts qui avaient été établis, et l'enceinte, à partir de la tour Bleue, va se raccorder à l'est à la porte Kipdorp et la porte Rouge. Décrivant alors une courbe, elle va aboutir à l'Escaut par une ligne formée par les canaux de l'Ancre, des Vieux-Lions et des Brasseurs. Six portes s'ouvraient sur la campagne; treize donnaient accès à la rivière.

Le rapide accroissement de la population fit, dès \5o-j, concevoir le plan d'un cinquième agrandissement. On n'y donna suite toutefois qu'en 1543, après l'attaque infructueuse de la ville par Martin Van Rossum.

Un édit du 16 août 1542, signé pour Charles-Quint par sa sœur, la gouvernante Marguerite de Parme, décréta les nouvelles fortifications d'Anvers, connues sous le nom d'enceinte espagnole, qui subsistèrent jusqu'en 1866.

La superficie de cet agrandissement comprenait environ 4,000 verges.

La nouvelle place se composait de huit fronts et de neuf bastions. Cinq portes donnaient accès à l'extérieur.

C'est la place d'Anvers de 1542 qui marque l'origine du front bastionné proprement dit, où les bastions se flanquent mutuellement.

Commencées en 1543, les fortifications ne furent terminées qu'une vingtaine d'années après.

Le duc d'Albe décréta , en 1567 , la construction de la citadelle du Sud.

L'exécution de ce projet rendit nécessaire l'annexion d'une grande étendue de terrain depuis la porte Saint-Georges jusqu'à la tour de Cronenburg, qui fut rasée à cette époque.

Les fronts en maçonnerie de cette partie furent démolis et remplacés par deux fronts en terre partant de la porte Saint-Georges et se raccordant aux ouvrages de la citadelle, nette en terrassement,

Porte Saint-Georges ou de Berchem, construite en 1343, démolie en 1866 (Façade extérieure).

Porte Kipdorp,

construite en 1343, démolie en 1866 (Façade extérieure).

qui occupa un espace d'environ 60 hectares.

Tous les travaux furent terminés en deux ans et coûtèrent 14 tonnes d'or, soit environ 3 millions de francs. La superficie de la ville à l'intérieur de l'enceinte était alors de 294 hectares.

Les événements politiques qui survinrent firent que la ville d'Anvers n'eut, hélas!

plus besoin de la moindre extension durant des siècles. Voici l'indication des perfectionnements successifs qui ont été apportés à la place jusqu'à l'agrandissement de 1860, le septième depuis l'origine de la ville.

En 1750, les bastions de la citadelle furent retranchés ; les extrémités antérieures des petits flancs retirés furent réunies par un parapet et casematées.

En 1774, un ravelin en maçonnerie fut établi en avant de la courtine 4-5 et de la porte d'Eau; un batardeau fut placé devant la face droite du bastion 3i.

En 1794, on construisit une petite lu-

fermée à la gorge par une palissade, devant le bastion d'attaque n° 2. En i8o5, Napoléon décréta la création d'un chantier maritime, entre le bastion Saint-Michel et la citadelle. On abattit l'enceinte sur cet espace, le système définitif de la gorge fut supprimé, celui de la rive gauche du fleuve amélioré et renforcé par l'édification des deux forts d'Austruweel et de Burght.

fut

En 1806, on construisit la batterie Ferdinand au nord, et la lunette Montebello, dont la g fermée, par un mur disposé en front bastionné.

En 180g, on éleva la batterie dite Impériale, près des nouveaux bassins: des poternes sont percées dans les courtines revêtues, un couvre-face est établi devant le bastion 21, on construit les bastions 29 et 3i, ainsi que la tenaille qui les sépare.

En 1811, on établit entre le batardeau Saint-Laurent et le ravelin 10 une seconde enceinte; on construisit le fort Ferdinand qui fut achevé en i8i3. Un grand camp retranché composé de trois fronts bastionnés fut établi au sud de la citadelle. Il fut démoli par les alliés en 1814.

L'empereur décréta aussi une nouvelle ville fortifiée sur la rive gauche de l'Escaut, mais ce projet ne fut pas exécuté, sauf la construction des forts Stingel et Jean-Bart.

En 1817, on édifia les lunettes d'Hérenthals et de Saint-Laurent; en 1818, la lunette du Kiel ; en 1819, les deux redoutes de Zwyndrecht et de Calloo, chacune d'elles formant un pentagone en terre précédé d'un fossé et pourvu d un réduit circulaire à l'épreuve de la bombe.

En iS32, après la reddition de la citadelle aux Français par le général Chassé, on éleva une demi-lune avec couvre-face sur la capitale du front 1-2, ainsi qu'une contre-garde en avant du bastion n° 1.

En i852, on créa autour de Berchem et de Borgerhout un camp retranché composé de 7 fortins, pourvus chacun d'un réduit en maçonnerie. Une citadelle avec toute ses dépendances remplaça le petit fort de la Tête de Flandre. Une caserne défensive àl'abri de la bombe avec deux batnant-général 1

Vieux Remparts (hors la porte Rouge).

teries de flanc fut établie dans la citadelle du Sud.

Deux batteries permanentes, celles de St-Michel et de Saint- Laurent furent élevées pour défendre les quais .

Le projet du septième agrandissement d'Anvers, avec sa grande enceinte et son camp retranché, est l'œuvre du lieute-

rialmont, actuellement inspecteur général du génie et des places fortes.

Le tracé est du système polygonal; le périmètre embrasse une étendue de 14 kilomètres environ. Il s'appuie au nord à l'Escaut par une grande citadelle qui défend le fleuve au moyen de puissantes batteries; il passe ensuite en avant du Dam, de Borgerhout, de Berchem, pour venir s'appuyer de nouveau au fleuve, en avant de l'emplacement de l'ancienne citadelle du Sud, aujourd'hui disparue. La citadelle du Nord comprend cinq fronts extérieurs; les deux fronts intérieurs ont été démolis. Les fronts sont flanqués au moyen de caponnières revêtues en maçonnerie et armées de pièces casematées.

La place a 11 fronts dont 5 sont inondables à une grande distance. Ils sont tous en terrassement avec grand relief, et fossé capital de 70 mètres de largeur. Ces fossés sont flanqués par de formidables batteries casematées placées dans des caponnières maçonnées, à l'épreuve de la bombe, couvertes par des ravelins, dont les faces sont flanquées par d'autres batteries casematées. Les faces des caponnières et leurs saillants sont en outre défendus par des batteries casematées placées en arrière et à la gorge de chaque front. Sur les fronts d'attaque, le terrain en avant est dominé par des cavaliers armés de pièces à longue portée; cette partie de l'enceinte est protégée par des contre-gardes et deux lunettes avec réduit en maçonnerie. L'enceinte est percée de 16 portes, savoir, en partant du nord : celles d'Eeckeren et de

Porte de Wilryck.

Porte de Matines.

Porte du chemin de fer.

Porte d'Hû

Bréda; celles de Turnhout et d'Hérenthals [front 5-6); celles de Léopold et de Louise; celles de Borsbeek et du Chemin de fer (front 7-8); le viaduc du chemin de fer; celles de Berchem et de Malines (front 8-9); celles d'Edeghem et de Wilryck; celles de Saint-Laurent et du Kiel (front 9-10); enfin, la porte de Boom.

Le camp retranché est composé de 9 forts détachés à 3,500 mètres de l'enceinte, et reliés entre eux par

Echelle de 160,000 Position militaire d'Anvers.

une large route militaire pavée. Ces forts, véritables forteresses, sont pourvus de puissants réduits en maçonnerie. Leur' périmètre est de 22 kilomètres.

Pour défendre les passages de la Nèthe, on a établi une défense avancée, le long de la rivière, en construisant trois autres forts, très importants, à Lierre, à Waelhem et à Rupelmonde.

La gorge de la place est protégée contre un bombardement par les forts de Zwyndrecht et de Cruybeke, lesquels sont reliés au fort de Sainte-Marie par une digue défensive. Le fleuve est défendu à la limite de la frontière

par les forts Lillo et Liefkenshoek, en arrière desquels se trouvent les forts La Perle et Philippe, qui contiennent des batteries sous-marines et des coupoles tournantes munies de pièces de gros calibre.

On voit, par cette description abrégée, qu'Anvers est devenue une des forteresses les plus remarquables et les plus importantes de l'Europe.

Les travaux coûtèrent plus de soixante millions de francs; ils furent en grande partie exécutés par l'armée.

Anvers Commercial et Industriel

'est l'admirable situation d'Anvers qui, jointe à la sécurité que donnaient aux marchands, tant étrangers qu'indigènes, les libérales institutions que nous avons esquissées dans les chapitres précédents, ne pouvait manquer d'exercer l'influence la plus heureuse sur le développement de l'industrie et du commerce; le bien-être général qui en fut le fruit rendit d'autant plus chères aux habitants les libertés auxquelles ils devaient à la fois la dignité morale et l'amélioration de leur condition matérielle.

Cependant la prospérité d'Anvers n'atteignit son apogée que vers la fin du xvB siècle, quand notre ville hérita de la splendeur commerciale de Bruges.

Le commerce, ennemi de tout trouble, déserta la « Venise du Nord » pour venir s'établir à Anvers où il trouvait la sécurité et la tranquillité. Les Hanséates furent les derniers à abandonner entièrement Bruges. Ce ne fut qu'en 1562, à la suite d'un différend avec le gouvernement espagnol, qu'ils se décidèrent à fixer leur comptoir à Anvers.

L'Italie envoyait à notre marché des draps de différentes qualités, des tapisseries, des serges, des ostades, des toiles, des épiceries, des drogues, de la soie, des feutres, des maroquins et des couleurs du Levant; des draps de soie, d'or et d'argent, des bonnets, des crêpes, des clous de girofle, de la cannelle, des noix muscades, du gingembre, de la rhubarbe, de l'aloès, de la casse, de l'agaric, du séné en feuilles, de la coloquinte, des oranges et des noix de galle, du cumin, des vins de Malvoisie, de l'or et de l'argent filés, des futaines, des basins, des étamines et autres fines étoffes ; du riz, des armes, du fromage parmesan, des pelleteries, du corail, des aluns, des huiles, de la gomme, du soufre, de l'orpiment, etc. Elle demandait en retour des draps d'Angleterre et des Pays-Bas, des toiles, des joyaux et des perles, des laines, du sucre, du poivre, de la quincaillerie, des ustensiles de ménage, des meubles, de l'étain, du plomb, de la garance, de la cire, des cuirs, du lin, du suif, du poisson salé, du bois propre à lebénisterie, du blé, du froment, des fèves, etc.

L'Allemagne envoyait, par terre, de l'argent en lingots, du mercure, du cuivre brut, des laines de la Hesse, du verre, des futaines, des teintures, du nitre, de la mercerie, des meubles, des armes, des vins. On lui envoyait des pierreries, des perles, des épiceries et drogueries, du safran, du sucre, des draps, des serges, des ostades, de la tapisserie, des toiles, de la mercerie.

Le Danemark, l'Osterland, la Livonie, la Norwège, la Suède, la Pologne et autres contrées du Nord produisaient du blé, du cuivre, du salpêtre, de la guède, du vitriol, de la garance, des laines d'Autriche, du lin, du miel, de la poix, de la cire, du soufre, des pelleteries, des cuirs, du bois d'ébénisterie et de construction, de la bière, de la viande et du poisson salés, ainsi que de l'ambre jaune. Anvers expédiait en échange les produits indigènes et ceux qu'elle recevait du dehors, notamment des vins d'Espagne.

De France, il venait par mer force sel de ménage, du pastel de Toulouse, des canevas et autres grosses toiles de Bretagne et de Normandie, des vins, des huiles, du safran, de la mélasse, de la térébenthine, de la poix, du papier, des miroirs, des pruneaux qui formaient un trafic important. On recevait par terre des dorures, des draps fins, des cramoisis, des fils de Lyon et de chanvre, etc. Nous rendions aux Français des perles et des pierreries, de l'argent en lingots, du mercure, du cuivre, du bronze, du laiton, du plomb, de l'étain, du vermillon, du bleu d'azur, de la cochenille, du soufre, du salpêtre, du vitriol, des draps, des toiles fines, des serges, des ostades, des tapisseries, des cuirs, des laines d'Autriche, de la pelleterie, de la cire, de la garance, du houblon, du suif, de la viande et du poisson salés.

On amenait d'Angleterre beaucoup de draps tant gros que fins, des franges, des laines fines, du safran, des peaux de mouton et de lapin, des cuirs, de la bière, du fromage, des victuailles, du vin de Malvoisie. Anvers expédiait des joyaux, de l'argent non travaillé, du mercure, des draps d'or, d'argent et de soie, de l'or et de l'argent filés, des drogues, du sucre, du coton, du cumin, des noix de galle, des toiles fines et grosses, de la tapisserie, de la garance, du houblon, du poisson salé, des miroirs, des armes, des meubles.

De l'Espagne, du Portugal et de l'Afrique arrivaient des pierreries, des perles d'Amérique, d'innombrables lingots d'or et d'argent, des drogues, du safran, de l'écarlate, de la soie écrue, des draps de soie, des velours, des taffetas, du sel, de l'alun, des laines fines, du fer, des vins, des huiles douces et grasses, des vinaigres, du miel, de la mélasse, de la gomme, du savon, des fruits secs et autres, de l'ambre, du musc, de l'ivoire, de la rhubarbe, de Tabès, des cuirs, des pelleteries, des plumes d'oiseaux rares et surtout d'autruche. On y envoyait les mêmes marchandises qu'aux autres pays.

En résumé, le montant de la vente et de l'achat des marchandises atteignait, année commune, la valeur d'environ trois milliards et demi de francs de notre monnaie, sans y comprendre la négociation des effets de change.

La population d'Anvers, à cette époque de splendeur, a été évaluée, par des contemporains, à cent dix mille âmes. Notons encore que la foire de Saint-Bavon y attirait de quatre-vingt à quatre-vingt-dix mille personnes.

« J'ai vu, dit Scribanius, jusqu'à 2,5oo navires dans l'Escaut, dont les derniers restaient deux ou trois semaines à l'ancre, avant de pouvoir s'approcher des quais et décharger leurs cargaisons. Il n'était de jour qu'il n'entrât dans le port ou n'en sortît plus de 5oo bâtiments. J'ai même ouï conter que parfois environ 400 voiles y avaient été poussées à la fois par la marée. » Selon le même auteur, il arrivait chaque semaine plus de mille chariots, chargés de marchandises, qui venaient d'Allemagne, des villes hanséatiques, de la Lorraine et de la France, sans compter les charrettes des paysans, qui apportaient des vivres de toute espèce et dont le nombre surpassait dix mille par semaine. C'est pour la commodité de ce roulage que fut construite, de 1564 à i566, aux frais de la nation Hessoise, la Maison de Hesse, servant aujourd'hui de magasin.

Parmi les riches négociants étrangers qui étaient venus se fixer dans notre ville, il faut citer en première ligne les Fugger; le chef de cette maison, Antoine Fugger, laissa en mourant plus de six millions d'écus d'or soit environ 125,000,000 de francs, sans compter ses nombreuses et vastes propriétés, dont plusieurs étaient des seigneuries importantes. On cite encore les Tucher, les Welser, les Hochstetters, les Salviati, qui occupèrent pendant quelque temps le magnifique hôtel Van Liere, les Affaitadi, qui se distinguèrent lors du siège de la ville par Martin Van Rossum, les Justiniani, les Spinola, les Buonvisi, les Galteroti et les Dozzi.

Quoique l'activité des Anversois se portât surtout vers le commerce, l'industrie ne demeurait pas en arrière, par suite même des débouchés plus nombreux que le commerce lui ouvrait. Nos fabriques de draps se soutenaient, malgré l'énorme concurrence que leur faisaient les autres villes du pays et l'Angleterre. Il est fait mention dès l'an 1415 des fabricants de tapis. Les tisserands avaient obtenu, en 1344, un nouveau règlement. Nous avions, en outre, des fabriques de toiles, de futaines, de cuirs pour tentures, peints et dorés, de passementeries d'or et d'argent, de soie, filet laine; des fabriques de velours, satin, damas, taffetas et autres soieries; on tissait même à Anvers de la soie indigène, mais en petite quantité, et l'on y excellait à travailler les métaux, la bijouterie, la cire, le sucre et le vermillon. On y fabriquait aussi des armes.

La verrerie ou plutôt la fabrication des vitraux peints, formait une branche nouvelle et importante. De magnifiques verrières, ornements de nos églises, sont sorties des fabriques d'Anvers. Citons encore l'imprimerie

dont il a été question ailleurs. La vente des livres formait une branche considérable de commerce. La carrosserie doit avoir été très considérable vers la fin du XVIe siècle, puisque Scribanius comptait de son temps 5oo voitures de luxe. On fabriquait aussi chez nous du papier et des cartes à jouer. Enfin, les plantes rares et les fleurs étaient l'objet d'un trafic important. Ceux que le commerce enrichissait ornaient leurs jardins et leurs serres avec autant de luxe que leurs appartements.

Telle était la splendeur commerciale d'Anvers au XVIe siècle. Mais la prise de notre métropole par les Espagnols sous la conduite d'Alexandre Farnèse fut le signal du déclin de notre commerce ; cependant, cette décadence ne fut ni subite ni rapide. S'il est bien vrai qu'un certain nombre de négociants partirent pour

La Maison Hanséatique (état actuel) .

Amsterdam après cette catastrophe, il fallut plusieurs événements encore, et particulièrement le traité de Munster, pour consommer la ruine du pays.

Pourtant on ne se décourageait point. En 1698, le roi Charles II avait formé le projet d'une Compagnie de la Guinée, aux capital de deux millions de florins. Cette tentative échoua.

En 1714, un Français, le chevalier Hallet de la Merveille, vint à Ostende, à bord d'un navire

français, et y apporta une riche cargaison de produits du Bengale. Cette opération fut un événement.

Aussitôt quelques négociants d'Anvers, de Gand, de Bruges et d'Ostende, s'associèrent pour exploiter cette

source inattendue de prospérité. Bientôt il est question d'organiser les opérations en grand, de les rendre

permanentes et plus sûres, en créant à Ostende une Compagnie des Indes, à l'instar des Compagnies britannique

et hollandaise. Mais la Compagnie existe à peine, que la Hollande et l'Angleterre accusent la cour de Vienne

d'avoir octroyé un privilège exorhant et contraire à la foi jurée, en autorisant la création de la fameuse Compagnie d'Ostende. L'empereur fut obligé par un traité du 22 juillet i73i, de livrer de nouveau le commerce belge en holocauste aux intérêts étrangers.

Aucun changement ne survint dans ce déplorable état de choses, jusqu'à la conquête de la Belgique par les Français, en 1792. Le général Labourdonnaye fit son entrée à Anvers, le 19 novembre, et le 25 du même

La Bourse en i532.

La Bourse, avant L'incendie de l858.

La nouvelle Bourse inaugurée le 18 août 1873.

mois, il fit publier un décret rendu par la Convention nationale, qui proclamait la liberté absolue de l'Escaut. A la suite de ce décret, une flotille, composée de la frégate XAriel et de six autres bâtiments d'un moindre tonnage, sortit du port de Dunkerque, remonta l'Escaut, arriva devant Anvers, et y fut accueillie par des cris de joie et des réjouissances générales. Tout Anvers était en fête. Le jour de la réparation se levait enfin. La Bourse fut splendidement illuminée. L'Escaut était réouvert après un blocus de 144 ans !

Mais pendant trois années encore la liberté du fleuve ne fut que nominale. Après la rentrée des Autrichiens, la République des Provinces-Unies avait de nouveau réclamé et obtenu la fermeture de l'Escaut. Ce ne fut qu'après la conquête de la Hollande par Pichegru, que les choses changèrent de face. Le 10 août îygS, la réouverture de l'Escaut fut solennellement proclamée par les représentants Ramel et Lefebvre, et les obstacles soulevés en dernier ressort par les Hollandais échouèrent devant l'énergie du gouvernement français.

La situation d'Anvers offrait alors l'exemple d'une profonde décadence. Il n'y avait point de quais; l'eau baignait les maisons construites le long de la rive et à chaque marée extraordinaire, la ville était menacée d'inondation.

En juillet i8o3, le premier Consul arriva dans nos murs. Son œil d'aigle lui avait fait entrevoir immédiatement tous les avantages que la position si favorable d'Anvers pouvait réserver à sa puissance; de gigantesques projets allaient être mis à exécution, quand les événements de 1814 vinrent les mettre à

Canal aux Charbons comblé lors de la rectification des quais.

néant. Néanmoins, on doit à Napoléon la construction d'un immense arsenal maritime, des quais Jordaens et Van Dyck, et des chantiers pour sa flotte. 11 fit creuser aussi un grand bassin qui coûta plus de 7,000,000 de francs.

Sous le régime hollandais, Anvers voyait son commerce renaître, grâce aux grandes maisons d'Amsterdam et de Rotterdam qui venaient y établir des succursales ; les colonies néerlandaises, offrant à l'industrie belge un grand débouché, firent prospérer le commerce de la place. Au lendemain de la révolution, le commerce local commença les plus louables efforts pour faire connaître nos produits dans les parages les plus éloignés.

Le 8 septembre i85g, nos députés au Parlement obtenaient de la législature l'agrandissement d'Anvers, c'est-à-dire la transformation de la vieille ville de deux cents hectares en une nouvelle cité de mille hectares.

Nous avons parlé ailleurs d'un événement heureux pour notre commerce : l'abolition du péage de l'Escaut.

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A partir de ce moment, le commerce d'Anvers acquit une importance toujours plus considérable, diverses réformes, l'abolition du tonnage, la réduction des droits de pilotage, la fusion des divers droits perçus sur la navigation, contribuèrent puissamment à ce résultat. Celui-ci fut tel, que la ville se vit forcée d'étendre dans une large mesure ses installations maritimes, devenues insuffisantes.

Le 10 octobre 1869, le bassin de jonction fut ouvert à la navigation. Les bassins de la Campine et du Canal furent livrés au commerce le 3o juillet 1873 (1).

Cependant ces installations ne tardèrent pas à devenir insuffisantes à leur tour, et sous peine de voir détourner du port d'Anvers, au profit de ses concurrents, une partie du trafic qui formait la base essentielle de sa prospérité, on dut songer à créer de nouveaux établissements maritimes.

L'intervention de l'Etat s'imposait, son concours efficace ne pouvait être refusé en présence des efforts incessants faits par les autres ports pour attirer le transit.

C'est ce que l'Etat comprit en se chargeant, par la convention du 16 janvier 1874 faite avec la ville

Nouveaux Quais, inaugurés le 26 juillet 1885.

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d'Anvers, de la reconstruction des quais de l'Escaut en leur donnant un mouillage suffisant pour que les plus grands navires pussent venir aisément y accoster à marée basse, et une largeur assez considérable pour pouvoir établir sur le terre-plein agrandi, des installations économiques, un outillage perfectionné et des moyens de transport d'un immense développement.

La loi du 17 avril 1874 approuva les diverses conventions conclues entre l'Etat belge, la ville d'Anvers et la Compagnie Immobilière de Belgique relativement à la reconstruction et à l'exploitation des quais de l'Escaut.

Les travaux de rectification des quais, à exécuter aux frais de l'Etat, furent confiés par adjudication à la maison Couvreux et Hersent, de Paris, au prix d'environ 40 millions de francs; ils furent commencés vers la fin de l'année 1877 et inaugurés le 26 juillet i885.

ivent sont extraits de 1

1 groupe d'ingénieurs anversc

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Les bassins de batelage du Sud, d'une superficie de plus de 4 hectares, furent inaugurés en mai 1882

Entretemps la Société du Sud, qui se trouvait substituée aux droits de la Compagnie Immobilière de Belgique, avait dès 1869, commencé les travaux de démantèlement de l'ancienne citadelle du Sud et l'appropriation des terrains à leur nouvelle destination. Les travaux de nivellement et de voirie turent complètement terminés en 1882 et coûtèrent environ 7 '/> millions de francs. Une gare de 20 hectares avait été créée au sud pour le service des nouveaux quais.

Conformément aux conventions, la Société du Sud avait dû céder gratuitement à l'Etat i3 hectares de terrain pour former le terre-plein de la nouvelle gare , les 7 hectares complémentaires furent expropriés aux frais de l'Etat.

A la ville d'Anvers, propriétaire des bassins, incombait le soin d'agrandir ses établissements, de créer de

Quais d'Anvers.

nouveaux quais, de construire des hangars-abris, de compléter et de perfectionner l'outillage pour la manutention des marchandises.

Voici les travaux les plus importants qui furent exécutés au moyen des ressources communales :

De 1876 à 1878, on reconstruisit les murs des quais Godefroid et de l'Entrepôt au moyen d'un procédé ingénieux qui permit, sans intermédiaire de batardeau, de ne pas abaisser, pendant la construction, les eaux du grand bassin au-dessous du niveau ordinaire. La largeur de ces quais fut portée ainsi à 40 et 43 mètres.

De 1877 à 1881 le bassin du Kattendyk fut prolongé, ce qui augmenta de 4 hectares la surface d'eau de ce bassin, et l'on construisit trois cales sèches.

Le bassin de batelage du Looibroek, d'environ 2 hectares de surface, fut creusé au nord pour être réservé aux bateaux d'intérieur qui font la navigation sur le canal de la Campine.

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Des améliorations notables furent apportées au terre-plein entourant les bassins, — travaux de remblai et de pavage, — établissement de hangars couverts, de manière à permettre la manutention des marchandises à l'abri des intempéries, notamment autour des bassins aux Bois et du Canal, du bassin-sas de Kattendyk, des quais

Ce fut le 26 juillet l8S5, qu'eut lieu l'inauguration officielle des nouveaux quais. Ce grand événement, qui marquera une date des plus glorieuses dans les annales de la ville d'Anvers , fut célébré avec un

L'Escaut.

éclat inaccoutumé; le Roi, accompagné de la Reine et de la famille Royale, escorté de ses ministres, de représentants du corps diplomatique et d'une suite nombreuse de personnages officiels, daigna présider lui-

Sa Majesté Marie-Henriette, Reine des Belges

d'après le dessin de Pannemaeker, sur la photographie de MM. Gers;

LEOPOLD II, Roi des Belges, Souverain de l'État libre du Congo (voir paoe i 55

D'après le dessin de PANKEMAEKER, sur la photographie de MM. GeRUZET frères.

même à cette solennité qui, favorisée par un temps superbe, excita un enthousiasme général et laissera cœur de tous ceux qui y ont assisté un souvenir ineffaçable.

Souhaitons que le vœu exprimé par M. le bourgmestre de Wael , réalise et que « l'inauguration

des nouveaux quais soit pour Anvers le commencement d'une ère nouvelle de prospérité et de progrès. •>

De son côté, l'Administration des chemins de fer compléta le réseau des voies ferrées qui desservent les bassins et établit dans la gare commerciale du Nord une série d'engins mus par la force hydraulique pour le chargement, le déchargement et la manœuvre des wagons.

De 1870 à 1880, le nombre des navires entrés a été en moyenne de 4,501 pour un tonnage moyen par année de 2,194,961 tonneaux, soit 6,014 tonneaux par jour.

Le progrès du commerce est tel que, même avant Fachèprojet définitif, dressé par M.

A. R. Marie-Louise- Alexandrine-Caroline de Hohen^ollern , Comtesse de Flandre

le 28 avril i883. Les doivent être terminés en 1886.

Ces bassins , désignés sous le nom d'Africa et America, présenteront une surface d'environ 22 hectares et un développement de quais de plus de 3,400 met. , avec un mouillage de 9 mètres, c'est-à-dire presque autant de développement que les nouveaux quais de l'Escaut. Une écluse à construire ultérieurement par l'État les mettra en communication directe avec le fleuve. Conformément aux conventions conclues avec le Gouvernement, la ville a commencé en même temps l'outillage du terre-plein des quais de l'Escaut.

O. Royers, ingénieur de la ville.

travaux furent adjugés

même année

A. R. Philippe, Comte de Flandre, Président d'honneur ï Exposition (voir pa:>e i 56}.

dans son discours au Roi , se vement de tous les travaux décrétés, il fallut déjà songer à une extension considérable.

C'est ce qui amena l'administration communale à pousser vigoureusement les négociations entamées dès 1873 pour l'acquisition du terre-plein de la citadelle du Nord, afin d'y établir un dispositif de bassins et d'écluses qui pût mettre la ville à même de satisfaire aux exigences croissantes du trafic. Ces négociations aboutirent à la convention du 16 janvier 1881, qui permit à la ville de donner suite à ses projets.

On avait décidé, dès 1881, de construire deux immenses bassins à flot d'un mouillage suffisant pour donner accès aux plus grands transatlantiques. Le adopté par le conseil communal sont activement poursuivis. Ils Déjà nous voyons s'élever sur la plus grande partie des quais, des hangars à claire-vote, séparés de la voirie par une grille élégante. Des rampes monumentales donnent accès à des promenoirs établis sur une partie de ces hangars.

Des grues hydrauliques" se dressent le long de la bordure des quais.

Un bâtiment, de colossale allure, contenant les machines destinées à transmettre la force hydraulique aux divers engins des nouveaux quais, a été construit près du bassin de batelage du Sud.

Un pont roulant a été établi sur l'écluse du Kattendyk.

de

On travaille activement à approprier l'ancienne Maison Hanséatique à la manutention et à l'emma-

gasinage des grains. On perfectionne les aménagements et l'outillage de l'Entre

Enfin, on étudie de nouveaux projets pour donner aux pétroles des installations spéciales, réclamées depuis longtemps.

Des pourparlers sont engagés avec l'Etat pour prolonger, vers le nord, le mur du quai de l'Escaut, dont les travaux ont été arrêtés à la limite de l'écluse du Kattendyk.

Nous ne pouvons terminer cette brillante page de l'histoire de la ville d'Anvers sans y ajouter le portrait du prince Baudouin, héritier présomptif du Trône de la Belgique.

Le prince Baudouin est né le 3 juin 1869 à Bruxelles; il vient de quitter l'Ecole militaire,

11 suffit de citer les chiffres des dernières années

Le Prince Baudouin, héritier présomptif du Trône de la Belgique

pot royal, racheté par la ville.

dont il a suivi les cours avec une grande distinction, et d'entrer dans le régiment des Grenadiers comme sous-lieutenant.

Le Pays entier fonde les plus grandes espérances sur ce jeune Prince, qui sera appelé un jour à présider aux destinées de la Belgique.

Reportons nos regards sur le mouvement maritime. Après avoir examiné d'une manière générale les améliorations apportées aux installations du port, nous avons pu constater leur développement incessant et nous voyons qu'il s'accentue encore de jour en jour. Les résultats sont vraiment prodigieux.

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