ORGANISATION DE LA COMMUNE
On distinguait deux sortes de magistrats.
Les uns, émanation directe des citoyens et leurs représentants au dehors, étaient les Echevins et les Conseillers ; les autres, émanation du pouvoir souverain et son représentant au sein de la commune étaient l'Ecoutète [Schoutet) et l'Amman {Ambtman).
L'Ecoutète et l'Amman devaient être nés Brabançons et bourgeois d'Anvers, et prêter serment entre les mains du Duc ou du Grand Sénéchal.
L'Ecoutète d'Anvers représentait le Souverain dans tout le Marquisat. Il commandait la milice bourgeoise, recevait le serment de fidélité des échevins, assistait au Conseil où il avait voix délibérative, et revêtait leurs décisions du sceau ducal. Il faisait publier les ordonnances des Ducs au son du cor et veillait à leur exécution.
Sa fonction la plus importante était de rechercher les malfaiteurs dans la ville et sa franchise, de les faire arrêter, emprisonner et juger et de faire exécuter les jugements.
Sous les ordres de l'Ecoutète étaient les Massiers, chargés d'exécuter les ordres du magistrat, et les Hallebardiers, qui formaient sa garde particulière.
L'Amman s'occupait spécialement des affaires civiles. Chargé surtout de la saisie des biens meubles et de la mise sous séquestre des immeubles, il avait sous lui trois officiers subalternes : la grande verge citait les parties et exécutait les jugements ; la petite verge les enregistrait ; le fripier vendait à l'encan les biens meubles des condamnés.
Les huissiers de l'Amman remplissaient à peu près les mêmes fonctions que ceux de nos jours.
La nomination des échevins se faisait, au nom du Duc, par le Chancelier de Brabant, assisté d'un ou de deux autres grands dignitaires.
Ils avaient à choisir d'abord parmi les échevins en fonctions, dont la moitié ou neuf, devaient être maintenus, ensuite sur deux listes contenant chacune neuf noms, et présentées l'une par le magistrat, l'autre par les quartiniers ou chefs des diverses sections de la ville.
— îG —
Les échevins nommaient aux emplois salariés par la commune. Arec l'intervention de l'Ecoutète, ils avaient tout pouvoir pour faire ou reviser les statuts et ordonnances concernant les douanes, les poids et mesures, les impôts, ainsi que les règlements et instructions relatifs aux métiers et à tous les services publics.
Si le Conseil n'eut pas d'existence légale jusqu'en i356, date à laquelle Jeanne et Wenceslas l'organisèrent, il est cependant certain que cette institution communale rendit, aux échevins, bien avant cette date, des services appréciés.
Les Conseillers ne pouvaient prendre de décisions ; ils se contentaient de délibérer sur les questions d'utilité publique qui leur étaient soumises par les échevins.
Dans des circonstances extraordinaires se réunissait le Large Conseil (Breeden Raed) composé des Bourgmestres, échevins, conseillers, receveurs, clercs de la ville, anciens échevins, chefs-hommes, doyens des métiers et bourgeois jurés tous ensemble désignés sous le nom de bonnes gens fgoede mannen).
Jusqu'en l'année 1409, Anvers n'eut point de Bourgmestres. Le Conseil des échevins était présidé par l'Ecoutète, et deux échevins étaient chargés à tour de rôle, des fonctions dévolues ultérieurement aux Bourgmestres.
L'institution des Bourgmestres, par les échevins, fut ratifiée par le Duc de Brabant, Antoine de Bourgogne, en 1411. Il y avait deux Bourgmestres; l'un était choisi par les échevins : on l'appelait Binnen- Burgemeester, Bourgmestre de l'Intérieur ; l'autre était pris en dehors du Conseil, parmi les notables de la ville et appelé pour ce motif Buyîen-Burgemeesier, Bourgmestre de l'Extérieur.