ORGANISATION JUDICIAIRE
Les échevins exerçaient à la fois le pouvoir administratif et le pouvoir judiciaire. On comprend ainsi que, presque partout, il ait existé des échevins avant qu'il y eût une commune proprement dite.
La Vierschare (scarre, autrefois scame, signifie banc, d'où vierscarre, quatre bancs) était la réunion du tribunal des échevins au grand complet, en séance solennelle. L'un des bancs était occupé par les échevins ; vis-à-vis d'eux siégeait l'Ecoutète, et, sur les deux bancs latéraux se trouvaient, d'un côté le plaignant ou demandeur et de l'autre, le prévenu ou défendeur.
La juridiction du tribunal des échevins s'étendait sur tout le Marquisat. Ils rendaient des jugements, non seulement dans les affaires civiles ou criminelles, mais même dans les accusations pour crime de lèse-Majesté.
En outre, on pouvait en appeler au tribunal des échevins des jugements rendus par les tribunaux inférieurs. Nous allons dire quelques mots de ces derniers.
Le tribunal qui siégeait à la Halle aux draps connaissait de toutes les affaires concernant la fabrication à tous les degrés et la teinture des étoffes de laine.
La Chambre des orphelins (Weeskamer), instituée en 1427, connaissait de tout ce qui concernait les intérêts des orphelins.
La Chambre des Faiseurs de Paix (Peismakerskamer), s'efforçait de calmer les haines, de faire accepter des compensations pécuniaires, d'amener des transactions, des réconciliations.
Le Tribunal des Syndicaux (Syndicalen) connaissait des affaires de mœurs.
On appliquait, pour les actes de violence, la loi du talion. Pour les autres cas, la peine la plus commune consistait en amendes. L'emprisonnement n'était pas en usage comme pénalité mais seulement comme mesure de sûreté en attendant le jugement des échevins.
Quant aux droits civils et politiques, dont l'ensemble constituait le droit de bourgeoisie anversois, ils étaient placés sous la garde spéciale des chefs-hommes (hoofdmannen) et des quarteniers (wykmeesters). Le bourgeois qui se croyait lésé dans ses droits devait s'adresser aux quarteniers de la section, qui présentaient l'affaire aux chefs-hommes, lesquels, après l'avoir examinée, la soumettaient aux Bourgmestres et échevins et s'en constituaient les défenseurs.
D'autres offices complétaient l'organisation communale.
Les examinateurs étaient chargés de fixer le prix des denrées alimentaires ; de s'assurer, en visitant
de temps en temps les boulangeries, que le pain avait la dimension et le poids voulus, qu'il était fabriqué et vendu conformément à l'usage et aux règlements.
Les maîtres des chartes, au nombre de six, possédaient chacun une clef du coffre de bois {de Kom) dans lequel étaient renfermés les originaux des chartes, privilèges, octrois et autres pièces importantes.
L'ouverture de ce coffre ne pouvait donc se faire sans la présence des six maîtres. De plus, il fallait pour cela l'autorisation du Large Conseil, c'est-à-dire de toute la commune.
Le secrétaire de la ville fut désigné jusqu'en 1408 sous le nom de clerc.
Guicciardini nous fait connaître en quoi consistaient les fonctions du secrétaire :
« En l'absence des Pensionnaires, les quatre secrétaires font quasi le même office qu'eux, et davantage « ils ont le petit sceau en main, font les instruments et contrats de venditions et choses semblables ; et « c'est à eux à signer les actes faictz en jugement et causes criminelles. »
Enfin, les deux Pensionnaires étaient chargés du contentieux.