‹ Anvers et l'Exposition universelle, 1885Chapitre 77 sur 125 · NOTTING · texte numérisé non relu

NOTTING

2fi prix : Médaille d'or de 100 fra,

- Collcc;

Médaille de verni Concours n° 1. — Arbres et ai*bus'

horticulteurs).

hors concours, à MM. Ketten frères.

es d'ornement de pleine terre. Groupes et massifs.

!<"■ prix : Médaille â'or de 200 francs, à M. MouseT. de Sandweiler.

Récompenses clé ver né a s hors concours.

A h collection d'arbres fruitiers de M. Mousel à Sandweiler, une médaille de vermeil, avec félicitations du jury.

Au lot de 12 caisses de roses de divers genres, y compris des semis, chaque variété représentée par une touffe de plusieurs fleurs, de MM. Soupert et Notting, une médaille d'or de 230 francs.

Au lot de 4 caisses de roses variées, chaque variété pir touffe de plusieurs fleurs, de MM. Ketten frères, une médaille d'argent.

Art, 25 du règlement du 24 janvier 1SB5. Les concurrents qui ont obtenu une médaille d'or de 200 francs, reçoivent, en outre, le diplôme de médaille d'or et la médaille de bronze, de grand m:dule, de l'Exposit

En conséquence, il a été 1 t Notting, et un diplôm

rné un diplûm ■■ médaille d'à

: de médaille d'or à MM. Soupert à M. Nie. MoTJSEL de Sandweiler,

LISTE DES EXPOSANTS QUI, PAR APPLICATION DE L'ART. 12 DU RÈGLEMENT GÉNÉ- RAL DU JURY DES RÉCOMPENSES, SONT MIS HORS CONCOURS EN LEUR QUALITÉ DE JURÉ :

M. F. Raynaud, membre du jury de la classe 15 — Cér pour VÎUeroy et Boch, à Septfonlaines, Luxembourg.

M. /. Knaff, de Larochette, membre du jury de la classe 28 — fils et tissus de laine cardée — ayant exposé avec la maison Knaff fières, à Larochette.

M. P. Funck, architecte à Luxembourg, membre du jury de la classe 61 — matériel et procédés du génie civil, des travaux publics et de l'architecture, — M. Funck ayant exposé dans cette classe.

Ont fonctionné en outre comme jurés ■

M. Alph, Munchen, directeur des hauts-fourneaux de Hollerich;

M. G. Faber, tanneur, membre de la Chambre de commerce à Wdtz;

M. Ch. Arcndt, architecte de l'Etat, membre ff. de président du Jury de la classe 6, application usuelle des arts, du dessin et de la plastique ;

M. G. Lefèvre, membre de la Chambre de commerce du Grand-Duché, membre secrétaire du jury de la classe 26, (ils et tissus de laine;

M. Knaff, député, membre de la Chambre de commerce, comme membre du jury de la classe 83, Musées commerciaux ;

M. Ch. Buffjt, député, à Wiltz, membre du jury pour les concours des espèces bovine, porcine et animaux de basse-cour;

M. EnsiL-eiler, ingénieur agricole, ;'i Luxembourg, membre du jury pour les concours des espèces bovine, porcine et animaux de bnsse-ccur ;

M. Ch. Siegen, médecin-vétérinaire, à Luxembourg, membre du jury pour les concours des espèces bovine, porcine et animaux de basse-cour ■

M. Siupert, membre du jury pour les concours temporaires, roses cu:illies, plantes fleuries et non fleuries ;

M. E. KMan, membre du jury pour les concours temporaires, roses cueillies, plantes fleuries et non fleuries ;

M Ch. Sisgsn, membre du ju-y pour les concours temporaires, roses cueillies, plantes fleurie; et non fleuries ;

M. Math. Mov.scl, memb'e-sscrétaire, id.

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Les Pays-Bas

race à l'intervention efficace de Sa Majesté Guillaume III, la participation de la Hollande à l'Exposition Universelle d'Anvers fut, sinon brillante, du moins assez complète; la Belgique avait, en quelque sorte, le droit de compter sur ce concours d'une nation voisine et amie, à raison de la part, vraiment splendide, prise par elle à l'Exposition d'Amsterdam en i883. Et cependant il semblait, à un moment donné, que ce concours n'était rien moins que certain; à la suite du rejet par la deuxième Chambre, d'une demande de subvention de fr. 3oo,ooo, la commission centrale qui avait été nommée, fut forcée de donner sa démission. C'est alors que le Roi confia les intérêts des exposants Néerlandais à M. le Comte C. J, E. de Bylandt, qu'il désigna en qualité de Commissaire général et auquel furent adjoints cinq commissaires délégués, MM. Hijmans, van Wadenoyen, le chevalier E. W. Berç, F. C. Tromp, J. Duijvis et A. T. Van Aken.

MM. Westerouen van Meeteren et W. Travaglino, directeurs du Nederlandsch Handeh Muséum , furent chargés par le Commissaire général, de l'organisation de la section. Ces Messieurs prirent en location , du comité exécutif, un emplacement qu'ils divisèrent, et sous-louèrent aux exposants Néerlandais.

Le roi Guillaume, en témoignage de ses vives sympathies pour la Belgique et de l'intérêt spécial qu'il prenait à l'Exposition d'Anvers, daigna envoyer dans notre port, pour assister aux fêtes de l'ouverture, deux frégates de la Marine Royale : le Marnix, commandant C. A. le Bron de Vexela, et le Castor, commandant Z. J. Cambier.

Pendant toute la durée de l'Exposition, le Gouvernement Néerlandais fut représenté à Anvers par le Commissaire général, ou par un ou plusieurs des Commissaires délégués.

Le compartiment hollandais présente un ensemble coquet et de bon goût ; la décoration en est simple mais originale ; les frises de la façade sont parées de carreaux de vieux delft, représentant des paysages hollandais ; dans la galerie centrale se trouvent de grandes peintures de 25 mètres de longueur, reproduisant le port et la plage de Scheveningue, les types et les costumes de chaque province. Des vélums aux couleurs nationales, rouge, blanc et bleu, recouvrent les plafonds, et de larges draperies de velours garnissent les entre-colonnes de la façade.

Un des clous de la section qui nous occupe, c'est le salon de la librairie, où se trouve installée la collectivité des libraires-éditeurs.

Cette exhibition, d'un goût supérieur, est très étendue, et contient des richesses sans nombre ; trentehuit exposants y figurent et trois d'entre eux ont obtenu des diplômes d'honneur.

La firme E. J. Brill, de Leyde, expose des spécimens de caractères orientaux pour impression en hébreu, chaldéen, syriaque, arabe, turc, sanscrit, javanais, chinois, japonais, tartare, grec, persan, etc., ainsi que deux grands et superbes volumes, contenant la reproduction des monuments égyptiens du musée d'antiquités de Leyde.

Des publications de luxe, d'une exécution parfaite, sont exposées par M. A. W. Sythoff, de Leyde, entre autres : X Histoire de la Maison d'Orange-Nassau, avec descriptions héraldiques imitées de l'ancien; Le Faust de Goethe ; le Paradis perdu de Milton ; les Possessions Orientales des Indes.

Nous avons encore remarqué les ouvrages scientifiques de M. Nyhoff, de la Haye; les éditions de luxe de M. F. Van Holkema, d'Amsterdam; les livres classiques de M. J. B. Wolters, de Groningue ; un curieux catalogue publié en 1881, par l'union des libraires et éditeurs, et renfermant des spécimens d'imprimerie de toutes les maisons de Hollande; enfin une Encyclopédie flamande illustrée, publiée par la Société anonyme Elsevier de Rotterdam ; c'est le catalogue de tous les livres parus en Hollande, de 1600 à i885.

Un pays où l'instruction est aussi développée, ne pouvait manquer de nous montrer ce qu'il a fait pour perfectionner les mobiliers scolaires et les méthodes d'enseignement ; nous y trouvons, en effet, l'installation complète d'une classe des écoles primaires ; un banc d'école inventé par le docteur Snellen ; un

Cramer, Hattem et G. Loeber.

matériel très ingénieux pour l'enseignement des travaux d'aiguille; un procédé aussi simple que nouveau pour apprendre à lire aux enfants, inventé par un instituteur de Laren, M. J. Van Wulfen; son exposition consiste en une série de planches coloriées , représentant des objets connus , dont la forme peut servir à faire retenir la forme d'une lettre.

Quelques fabricants de papier ont envoyé des échantillons très recommandables de leur fabrication; les usines les plus importantes sont celles de MM.

Van Gelder fils, établies à Amsterdam et à Wormerveer, C. Kalf, à Kampen, H. G. B.

L'art de la photographie

En fait d'instruments de science et de précision, nous ne trouvons que les instruments de mathématique de MM. Becker et Buddingh d'Arnhem ; les balances et les poids de précision, maintes fois couronnés, de M.

Becker's Sons de Rotterdam, et les chronomètres- et pendules astronomiques de M, Hohwtï, d'Amsterdam; M. Hohwù est non seulement un fabricant

M. le Comte C. J. E. de Bylandt Commissaire Général de la Sect. Néerlandaise

consciencieux , c'est encore un savant de premier ordre ; il est l'inventeur de plusieurs appareils astronomiques très estimés, qui lui ont valu de nombreuses distinctions, tant dans son pays qu'à l'étranger en Hollande, a suivi la marche du progrès. M. Halbertsma expose des reproductions photographiques et des photographies d'après nature, qui ne laissent rien à désirer, non plus que celles de M. Soublette de Curaçao. Mais ce qui nous parait surtout intéressant, ce sont les photographies exposées par la ville de Rotterdam et qui, mieux que les descriptions les plus minutieuses, nous donnent une idée complète des grands travaux exécutés pour l'amélioration du port de cette ville.

La poterie de Delft n'est représentée que par une seule maison, celle de MM. Thooft & Labouchère. Leur exposition, à vrai dire, est exceptionnellement belle. MM. Thooft & Labouchère se bornent à l'imitation des anciennes faïences de Delft, qui ont rivalisé dès l'origine de l'art céramique, avec les produits italiens, chinois, etc.

Des échantillons des célèbres tapis de Deventer sont exposés par la Fabrique royale de tapis; cette fabrique, dont les produits jouissent d'une réputation universelle, est déjà très ancienne; elle a brillé au premier rang dans toutes les Expositions.

L'ameublement du pavillon royal, en noyer, style ancien, est de MM. H. M. Jansen&fils, d'Amsterdam; on y remarque une vaste cheminée flamande, d'un grand effet, des bahuts de toute beauté et des fauteuils richement capitonnés.

Non loin de là, se trouve la grande vitrine de la maison J. J. van Kempen & fils de Voorschoten, orfèvres du Roi des Pays-Bas ; elle renferme de vrais trésors de bijouterie et de joaillerie ; les pièces capitales de cette

riche exposition sont les cadeaux offerts, par différentes villes, au Roi et à la Reine, à l'occasion de leur mariage ; ce sont des surtouts de table d'une richesse vraiment royale, en argent massif, travaillés avec un art infini et un goût merveilleux.

On remarque encore l'élégant kiosque de M. J. C. Boldoot, renfermant des eaux de Cologne, des extraits d'odeurs, et des parfumeries fines ; les laques décorés, émaillés et incrustés, de MM. Bekkers & fils ; les articles en laque de MM. Reyênga d'Amsterdam, qui se distinguent par un dessin très soigné ; les pipes de Gouda, de MM. Van Goedewaagen & fils.

Les fabriques de produits stéariques Belges et Hollandais ont établi collectivement une espèce de monument, à la limite des deux sections ; la fabrique hollandaise « Apollo » à Schiedam et « Gouda » à Gouda, y exposent tous les produits de leur fabrication : bougies, stéarine, oléine, glycérine, etc.

L'exposition de la fabrique de produits chimiques « Rotterdam » est très intéressante ; elle nous permet de suivre la glycérine dans les diverses transformations qu'elle subit, avant d'arriver à l'état chimiquement pur ; nous y voyons aussi des échantillons de glycérine devant servir à la fabrication de la dynamite, ainsi que des modèles d'emballages pour le transport de cette matière dangereuse.

Le docteur A. Haagen, de Ruremonde, est parvenu à donner à son exposition de produits chimiques, une physionomie attrayante, qui fait qu'on ne passe pas à côté d'elle sans s'y arrêter; sous une voûte en forme de

grotte, composée de cristaux de prussiate jaune de potasse, une belle photographie donne une idée de la grandeur de son établissement ; des vases en cristal, contenant des échantillons des couleurs les plus diverses, disposés avec goût, complètent cet étalage.

Nous sommes heureux de saluer en passant un produit d'invention toute récente, qu'on ne trouvera pas en dehors de la section hollandaise et dont nous avouons n'avoir pas, jusqu'ici, soupçonné l'existence; nous voulons parler des tissus de Beraudine; M. G. Beraud, leur inventeur, industriel à Weert, s'est imaginé d'utiliser les fibres de la tourbe, très commune en Hollande, et de les mêler à la importantes ; citons entre autres, la maison P. Van Dooren, de Tilbourg, fondée en 1827, qui a exposé de fort beaux draps et des étoffes de laine; MM. Raue et Bodde, de Geldrop et MM. Sala frères, de Tilbourg, qui avaient des draps floconnés et ratines, des étoffes d'été et d'hiver, de bonne fabrication ; il y avait encore, dans le même groupe, les étoffes de lin de M. Van der Heyden de Geldrop ; les tissus de jute de MM. Ter Horst & C'% de Rijssen ; les étoffes pour drapeaux, les flanelles de laine et demi-laine, de M. Van den Berg Krabbendam, de Tilbourg, étalées avec goût; les cotonnades imprimées, imitant à s'y méprendre les tissus de l'Inde, et les superbes couvre-lits et couvre-pieds, en soie et en coton,' avec les piqûres aux armes nationales, de MM. P. E. Van Vlissingen à Cie ; les fils rouges d'Andrinople, de M. K. Van Wensen, de Zoeterwoude ; les articles de caoutchouc, de MM. Merens & C'% de Harlem; les coiffures en équipements militaires irréprochables, de la firme J. F. Segers & fils, de Breda; les chapeaux de soie, de M. J. Dewildt, de Maestricht et les chaussures élégantes et bien conditionnées, de M. Schenkels, de Waaspik.

Viennent ensuite les coffres-forts avec fermetures secrètes, et des portes de sûreté pour les caves des maisons de banque; des capsules métalliques pour bouteilles de tous genres, fabriquées par MM. Schimmelpenninck & Cie, de Deventer ; des bouchons pour vins, bières, médicaments, confitures etc., de M. J. A. Lindner

Surtout de table en argent, offert par la ville

d'Amsterdam à LL. MM. le Roi et la Reine

de Hollande

(J. F. Van Kempen et fils)

laine, pour en faire des étoffes ; l'exposition de M. Beraud comprend des draps et des étoffes en tous genres, sur lesquelles la plupart des visiteurs auront jeté un regard indifférent , ne sachant pas qu'ils avaient devant eux les produits d'une industrie nouvelle et assurément fort curieuse ; il paraît que les tissus dans lesquels les fibres de la tourbe entrent en proportions assez notables, ne se mouillent pas par la pluie.

Le procédé de M . Beraud ne s'applique pas seulement aux étoffes ; on en fait encore usage dans la papeterie , la cartonnerie , les filatures , la chapellerie, etc. etc.

La Hollande possède plusieurs fabriques d'étoffes assez

- 2g6^ d'Amsterdam. M. Lindner est aussi renommé pour ses appareils de sauvetage ; il en expose de plusieurs modèles.

L industrie des cloches est représentée par M. A. H. Van Bergen, de Heiligerlée, qui a trouvé le

moyen de réaliser une économie de 3o °/0 sur le métal employé , tout en donnant à ses instruments le ton voulu ; les trois cloches exposées par cette maison, donnent un son fort beau, prolongé et susceptible d'être entendu à de grandes distances; MM. Petit et Fritsen, de - Aaiie-Rixtel , ont exposé des cloches harmoniques et des cloches pour carillons, dont on dit beaucoup de bien.

L'exposition des fers forgés artistiques, grilles, ornements, travaux fins, etc., etc. de MM. G. C. Vincent & Cie de Schiedam, est très instructive et fait honneur au pays qui produit de tels artistes; la pièce capitale de ce remarquable ensemble, est une grille entièrement forgée à la main, d'un dessin riche et correct, et d'une exécution irréprochable.

M. Logeman de Nymègue, expose dans une caisse de dimensions restreintes, une collection de 73 échantillons de différentes essences de bois, coupés dans les forets de l'île de Bornéo.

En fait de voitures, citons une superbe Victoria de MM. L. H. Hermans & O , de la Haye et une charrette d'Utrecht, de MM. Boertjes & O ; ce modèle est inconnu dans notre pays, mais ne manque pas de cachet. Ce genre de voiture, de chasse et de campagne, est fort répandu en Hollande.

C'est ici que se trouve, dans la collection des pointes de Paris et des clous mécaniques, en fer et en acier, de MM. J. Regout & Cifl , de Maestricht, l'objet le plus petit de l'Exposition Néerlandaise, sous forme d'un clou minuscule ; il n'en faut pas moins de 36o,ooo pour faire un kilo !

Le département des comestibles occupe une large place dans cette section; chaque ville de la Hollande a une spécialité de petits gâteaux, dont quelques-uns portent les noms les plus bizarres, intraduisibles en français.

Nous trouvons dans la même classe des huiles de foie de morue au café, très appétissantes, de M. Schuit; le lait condensé et sans sucre de la société « Hollandia », et le beurre conservé, destiné à l'exportation.

Nous nous attendions à une exposition importante des excellents fromages de Hollande; cet article national a été représenté par deux maisons seulement, MM. K. Ingerman, d'Amsterdam et Wennekers J1".

Par contre, les fabricants de chocolat, et de cacao qui se proclame pur, étaient assez nombreux ; en dehors de la maison Van Houten, dont nous avons parlé ailleurs, citons les firmes Rensdorp & Cie d'Amsterdam, A. Driessen de Rotterdam, R. C. Van Haagen, d'Utrecht, de Erve Wed. H. de'Jong, de Wormerveer, etc., etc.

Mais ce qui l'emportait sur tout le reste, comme importance numérique tout au moins, c'est l'industrie de l'alcool, représentée par une infinité de flacons, de bouteilles, de cruchons, de fioles, renfermant toutes les liqueurs, tous les élixirs , toutes les essences, tous les apéritifs et tous les amers, depuis les crèmes, variées à l'infini à l'usage des palais féminins, jusqu'à l'eau-de-feu, pour civiliser les nègres.

La réputation universelle de « Wynand Fochng » nous dispense de faire son éloge; il est le fournisseur breveté de presque toutes les cours et ses produits sont exportés dans toutes les parties du monde. La maison Wynand Focking, dont la fondation remonte à 1679, est une des illustrations de la Hollande. A voir sa vitrine plus que modeste, on ne s'en serait jamais douté.

Les vastes et riches colonies Néerlandaises ont fourni à notre Exposition, quoique d'une façon indirecte, un de leurs produits les plus appréciés : le tabac.

Parmi les exposants de cette classe, MM. Zwartendyk frères, de Rotterdam, figurent au premier rang.

La plupart des négociants en tabacs fabriquent en même temps les cigares ; citons les firmes : Maseman à Cie, d'Utrecht; van Best frères; la fabrique royale de cigares « Insulinde », de MM. Bleckman frères à Arnhem ; A. Herschel, d'Amersfoort, négociant en gros de tabacs en feuilles, spécialité de Planteur ; etc. etc.

Les mérites des produits hollandais ont été hautement appréciés par les jurys: le nombre des exposants s'élevait à 285 ; il leur a été décerné 252 récompenses.

C'est pour nos amis d'Outre-Moerdijk un glorieux succès, auquel nous sommes heureux d'applaudir.

La Suisse

Une façade de chalet Suisse, en hois verni très clair, forme l'entrée de l'exposition de ce pays;c'était pour ainsi dire, le décor obligé et attendu de ce compartiment; comme couleur locale c'est très réussi.*

Un salon coquet, de 500 m. c. de surface, renferme les produits industriels des divers cantons, disposés avec art.

Une Commission nationale, composée de MM. H. Etienne, Inspecteur Fédéral des fabriques, à Neuchâtel, Président; Arnold Grosjean, Conseiller national à Chaux-de-Fonds, vice- Président ; et J. Borel Courvaisier, à Neuchâtel, fonctionne comme Commissariat général. MM. Michel Tschander, Consul de la Confédération Suisse, à Anvers, E. Francillon, Conseiller national à St-Imier, remplissent les fonctions de Commissaire et Commissaire adjoint, et M. G. Brunner, attaché au Département Fédéral du Commerce et de l'Agricul-

ture, à Berne, celles de Surveillant général de la Section.

Une soixantaine d'exposants ont pris part à notre Exposition et ont fourni un ensemble très original et des plus intéressants. La Suisse d'ailleurs possède des spécialités de divers genres, qui ne peuvent manquer d'exciter la curiosité et l'admiration, comme le pays lui-même.

La Suisse avec ses hauts sommets, couverts de neiges é te r n el 1 es , ses nombreux glaciers et ses beaux lacs, ses gorges sauvages, ses plateaux étroits et ses effrayants précipices, ses cascades et ses torrents , ses fraîches vallées et sa flore variée, est une des contrées les plus pit-

J> K. Schenk Président de la Confédération Suisse

Le climat y est extrêmement variable, suivant les altitudes et les localités.

La Suisse occupe une superficie de 41,300 kilom.

carrés, et a une population de 2,800,000 habitants.

Son Gouvernement est une République Fédérative ; le Corps législatif ou Assemblée Fédérale comprend deux Conseils : le Conseil national, qui exerce le pouvoir exécutif, et le Conseil des États.

Les Suisses se font remarquer par un sentiment élevé de patriotisme et un ardent amour de la liberté ; ils sont industrieux, actifs, intelligents, d'un sens droit, généreux et hospitaliers. Le commerce y est très actif; l'exportation consiste en soieries, et l'importation, en vins et spiri-

toresques du globe.

cotonnades, toiles, horlogeries, bois sculptés, fromages, beurre, miel, etc

tueux, céréales, bestiaux, denrées coloniales, verres à vitre, etc.

Chose digne de remarque, ce pays hérissé de montagnes, sans ports ni fleuves maritimes pour exporter ses produits, ni consulats salariés pour protéger ses intérêts à l'étranger, privé de fer, de houille et de, ces puissantes institutions de crédit, qui sont les meilleurs leviers de l'industrie moderne, a su néanmoins donner à son commerce extérieur un développement considérable; on rencontre des négociants, des comptoirs, des marchandises, des colons suisses, sur les côtes les plus éloignées d'Amérique, d'Asie et d'Afrique.

La Belgique fournit à la Suisse des laines , des verres à vitre , des cafés, du pétrole et des fers ; elle en tire des fromages, des soieries et des broderies, de l'horlogerie et de la bijouterie, des boîtes à musique et des bois sculptés, des cotonnades et des dentelles.

Les richesses minérales de la Suisse sont peu abondantes ; elles se réduisent à quelques gisements de fer dans le Jura, et une mine de nickel dans le Valais.

On y rencontre de beaux marbres, des pierres meulières, des ardoises, de la tourbe et du sel gemme.

Ses sources minérales, sulfureuses, ferrugineuses et alcalines sont très fréquentées.

Ses nombreuses forêts de pin, érable et chêne, hêtre, aune, mélèze, bouleau, constituent une source précieuse de richesse. Le bois y est employé à une infinité d'usages; il figure à l'Exposition sous forme de parquets massifs et en mosaïque, de modèles de chalets, de MM. Bûcher et Durrer, de Kagiswyl; de caractères

et matériel d'imprimerie, de M. A. Martin et O d'Ardon ; de meubles et d'objets sculptés de M. A. Hugenfeld de Rheinfelden, et de l'Institut de sculpture, de Brienz; de caisses de piano, sculptées et gravées, etc., etc. C'est l'Oberland bernois qui est le siège principal de l'industrie du bois sculpté.

Au sein des forêts et au-dessus d'elles, on rencontre les pâqûis Alpestres où se fabriquent les célèbres fromages de Gruyère, d'Emmenthal et de Neuchâtel. Ces riches pâturages sont de véritables jardins où se renouvelle chaque année, une abondante provision de plantes et de fleurs, qui se transforment en lait, en beurre et en fromage.

Parmi les plantes qui fournissent le plus de lait , on compte le pied-de-lion, la matricaire, le plantain et la mille-feuille. Aucun fromage Suisse ne figurait â l'Exposition.

La pop ulation pastorale tend à diminuer et à se transformer en population agricole et industrielle.

Il y a, dans le canton de St-Gall, de nombreuses fabriques de machines à broder; de beaux échantillons de broderies à la mécanique et à la main étaient exposés par MM.

Steiger & Oe .

L'industrie nationale des boîtes

Façade de la Section Suisse

musique, s'est concentrée à Genève et dans le canton de Vaud ; l'Exposition nous en ^offrait de tout format et de tout prix, présentées par MM. G. Mermod & Bornard, et Mermod frères, J. H. Heller, de Berne; Karrer & Wohnlich, de Feufenthal, depuis la serinette de poche, jusqu'à La boite à musique, soigneusement [ dissimulée, s'introduit dans mille objets d'utilité ou de fantaisie : des chaises, des encriers, des albums, des carafes, des plats, etc.

^ A remarquer les lanternes magiques très perfectionnées, de MM. Ganz & Cie , de Zurich; les poteries de fantaisie, les porcelaines et faïences peintes, de M™ Kœnig-Christener et de M. Wangeried ; les chapeaux et

deSte-Croix;

l'orchestrion.

objets en paille tressée, de MM. Chiesa frères, de Lucerne; les tabacs, cigares et cigarettes, de MM. F. Gaudin, de Coppet et Misani fils, de Brusio; les tissus élastiques pour chaussures, de MM. Bally & Schmitter, d'Aarau, et les chaussures de chasse et de montagne, de M. D. G. Petremand, de Neuchâtel; les brosses sculptées, de M. J. Hunziker, de Brieux; les rubans de soie, de MM. Bally frères, de Schôneverd.

Le cidre est l'une des boissons nationales; cependant on fabrique des vins estimés dans les cantons de Vaud, de Neuchâtel, de Valais et de Tessin. Ces vins sont légers et rafraîchissants; chaque propriétaire fabrique lui-même 3e vin destiné à sa consommation, en se servant du pressoir que possède la commune.

Parmi les liqueurs Suisses les plus connues, citons le Kirsch et l'Absinthe, fabriqués dans les cantons de Vaud, de Zug et de Neuchâtel; cette classe n'avait réuni qu'un petit nombre d'exposants, entre autres : MM. L. A. Bolle & fils, de Verrières; A. Fivaz, de Neuchâtel; Aug. F. Dennler, d'Interlaken ; Meyer et Margueron, de Thoune, etc.

Une jolie vitrine, placée en évidence au milieu de la section, renfermait les excellents produits de la célèbre fabrique de chocolat Suchard & Cie, de Neuchâtel ; venaient ensuite les chocolats et fruits confits de MM. J. Klaus de Locle, et A. Kohler et fils, de Lausanne; les pâtes et produits alimentaires de MM. W. Elsner fils, de Bex et Martin et Marguerat, de Torrent.

Les industries ne manquent pas dans ce petit pays; mais l'industrie nationale par excellence, celle qui a fourni à elle seule plus du tiers des exposants, c'est l'horlogerie. Les principaux centres de fabrication sont Genève, pour la montre de choix, le canton de Berne, pour les montres courantes, Je canton de Vaud, pour les mouvements d'horlogerie, et les montagnes du canton de Neuchâtel, pour l'horlogerie commune. Malgré l'abstention presque générale des fabricants Genevois (MM. Fritz Piguet & Backmann, de Genève, font exception), l'exposition horlogère offre un ensemble complet, depuis la montre la plus simple, jusqu'au chronomètre le plus compliqué et le plus parfait.

Les vitrines du compartiment Suisse font passer sous nos yeux toutes les phases de la fabrication des montres. MM. Kuhn & Tièche, de Bienne, Dubail Monnin, de Porrentruy, nous montrent des collections très curieuses, depuis la matière première jusqu'au mouvement complet, prêt à être logé dans la boite. M. A. Droz expose une collection de barillets de différents calibres, et MM. Bechni frères, de Bienne, des balanciers compensateurs et des spiraux.

M. H. Thalman, de Bienne, expose un riche assortiment de pièces minuscules, et MM. Fritz Piguet & Backmann, de Genève, des montres de précision, des chronographes, et des bijoux-montres ; ces deux expositions ont eu beaucoup de succès ; les exposants se prêtaient de bonne grâce à satisfaire la curiosité des visiteurs ; il y avait là des objets merveilleux, des bracelets et des bagues-montres ; une boite minuscule d'où sortait un oiseau chanteur ; une broche recelant un mouvement d'horlogerie, réduit à sa plus simple expression, qui met en action les fleurs et les dessins du bijou ; et bien d'autres objets de luxe et de fantaisie.

Citons encore les beaux spécimens de pièces compliquées, c'est-à-dire, celles qui servent à fournir des indications particulières : la montre à équation, qui donne à la fois le temps moyen et le temps vrai ; la montre à quantième, qui indique le mois et le jour ; la montre à répétition qui sonne les heures, les demies et les quarts, quand on le désire , la montre à seconde indépendante, qui permet d'évaluer, à un cinquième de seconde près, la durée d'un phénomène, d'une course, etc. Ces pièces remarquables sont exposées par MM. C. Couleru- Meuri, de Chaux-de- Fonds ; Frères Bergeons, et Ch. A. Favre-Bulle, de Locle; Mermod frères, Bornand-Many, de Ste-Croix ; D. Golay, de Setier.

MM. Ch. Tissot et fils, de Locle, exposent un chronographe ; c'est une pièce qui indique les phases de la Inné, le mois, la date, le jour de la semaine ; qui sonne les heures, les demies et les quarts et qui marche avec une précision telle, qu'elle ne varie que de trois dixièmes de seconde par jour, soit une minute quarante neuf secondes et demie par an. C'est un comble de précision.

Mentionnons enfin la montre sans aiguilles, de M. Waldenburg ; les heures et les minutes apparaissent en chiffres arabes devant des ouvertures pratiquées sur le cadran ; le tachymètre, de M. A. Droz, indiquant, sans calcul, la vitesse d'un train, locomotive, voiture, etc. ; l'imperméable, du même fabricant, qui peut être plongée dans un liquide où être exposée à là poussière la plus fine, sans que rien puisse pénétrer dans le mouvement.

L'impression que laisse une visite au compartiment Suisse, est celle d'une exposition originale, amusante et pleine d'intérêt.

Sa Majesté Alexandre III, Empereur de toutes les Russu

Russie

ans la Section Russe, tout frappe par la majesté, le grandiose et la distinction.

Ces produits, d'une civilisation et d'un art qui ne sont ni ceux de l'Orient ni ceux de l'Occident, sont marqués au coin d'une originalité puissante ; ils appartiennent à l'Empire des Czars et n'appartiennent qu'à lui ; nous sommes en Russie, on le voit, on le sent ; il n'est pas nécessaire pour s'en convaincre, de lire l'inscription qui se détache sur fond d'or, au-dessus de l'écusson montrant Saint Georges terrassant le dragon.

Organisée sous les auspices de S. E.

M. le Ministre des finances N. Bunge, et sous la direction de M. le Directeur du Département du commerce et des manufactures, le conseiller privé N. Ermakoff, la section russe a été installée avec infiniment d'ordre et de goût.

Elle fait honneur au zèle infatigable et au dévouement patriotique de M. Ch, Baeckmann, Commissaire général, dont la tâche a été d'autant plus difficile et la responsabilité d'autant plus grande, que très peu d'exposants se trouvaient sur place. Le mérite d'avoir pleinement réussi n'en est que plus complet.

Une part de ces éloges revient à MM. A. Dobroniszky, V. Arzimovitsch et A. Kuehne. M. Baeckmann a rencontré un précieux auxiliaire en M. E. Colinet, l'architecte de la section. La façade russe est une vraie merveille , avec ses riches arcades , ses curieuses frises — - dont les motifs ont été empruntés aux vieux dessins du Kremlin — et ses longues draperies de velours, qui forment un encadrement si riche et si majestueux à ce portique monumental.

La section Russe est, avec la section Italienne, la seule dont la décoration soit réellement nationale et artistique. Tous les connaisseurs ont admiré l'œuvre de M. Colinet, qui a fait preuve en cette circonstance d'une connaissance approfondie des ouvrages russes.

De vives félicitations ont été adressées à M. Baeckmann et à ses collègues, par le grand-duc Paul, le plus jeune frère de l'Empereur, au cours d'une visite dont Son Altesse Impériale honora l'exposition de son pays.

L'inauguration de la section s'est faite avec solennité le 2 juin, sous la présidence de M. le comte de Bloudoff, Ministre de Russie à Bruxelles, accompagné de M. le baron Pillai' de Pilchau, Secrétaire de légation, et en présence de M. Agie, consul de Russie à Anvers, de Madame Agie, de M. Victor Lynen, Président du

Comité Exécutif de l'Exposition, de Madame Victor Lynen, et de toute la colonie russe de Belgique.

Une table servant d'autel avait été dressée au milieu de la section ; M. Pétroff, Chapelain de la légation de Bruxelles, revêtu d'une chape rouge, a chanté d'une voix pénétrante, des prières en vieux slave. Deux autres voix lui répondaient par des chants sacrés d'un caractère antique.

M. Pétrorf a ensuite prononcé une allocution en langue russe, d'une allure religieuse et patriotique, les toiles masquant la section sont tombées et l'Exposition russe a été déclarée officiellement ouverte.

M. Ch. Baeckmann, Commissaire général de la Section Russe

Avant d'y pénétrer, disons un mot des ressources du pays lui-même.

Le vaste Empire Russe a une superficie de 5,640,000 kilomètres carrés et une population de 75,000,000 d'habitants.

Ses richesses naturelles sont énormes ; ses bassins houillers les plus importants, sont ceux de la Pologne, du Dniester et du Donetz ; l'exploitation de la houille s'est beaucoup développée à gauche de la Vistule supérieure ; dans le bassin du Donetz la production du charbon anthracite suffit pour alimenter toutes les industries et tous les chemins de fer de l'Empire.

Le fer se rencontre en abondance en Finlande, dans les

rochers, les lacs, les marais et les landes. Le fer magnétique et le cuivre se trouvent dans la région de l'Oural, en dépôts inépuisables. C'est principalement au nord du lcc ETaïma que sont situées les usines pour la fabrication du fer; ces usines se servent exclusivement de charbon de bois; il parait que ce procédé donne aux fers des qualités, que ne possèdent pas ceux qui sont préparés au charbon de terre.

Au pied du versant oriental de l'Oural, en Asie, l'or se trouve mêlé au sable et à l'argile ; le rendement de ces sables aurifères constitue, avec celui des mines d'argent, un des plus importants revenus de la couronne.

La Crimée renferme des gisements considérables de sel gemme.

Depuis un petit nombre d'années les sources de pétrole du Caucase sont régulièrement exploitées et font déjà une concurrence sérieuse aux pétroles américains.

Les seules sources de richesse"de la zone forestière sont : la chasse aux animaux à fourrures, — zibeline, renard, hermine et castor, — et l'exploitation des bois ; les essences les

Bureau du Commissariat général de la Section Russe

plus répandues dans les immenses forêts russes sont : le pin sylvestre ou pin de Riga, — le sapin rouge, le mélèze, le tremble, servant à la fabrication de la pâte à papier, — le bouleau qui fournit une huile empyreumatique, et une écorce employée pour le tannage des cuirs, — le chêne pédoncule et le tilleul. Le commerce de bois de la Russie a acquis une importance considérable.

La zone agricole est riche en lin et en chanvre, en orge, en maïs, en blés et en betteraves. Ses excellentes terres noires sont d'une fertilité hors ligne ; le chanvre, le trèfle et la luzerne y acquièrent un hauteur prodigieuse. L'élevage du cheval, du ;ros bétail et des moutons,. s'y fait

en grand ; aussi, la fabrication du suif et des cuirs parfumés occupe-t-elle un grand nombre d'établissements. Le Caucase possède des vignobles estimés.

La Pologne produit des tissus de laine et de coton ; la Lithuanie et le gouvernement de St-Pétersbourg, des lins et des toiles; Moscou, des tissus de coton, des soieries et des tapis.

La mer Caspienne contient en grande quantité l'esturgeon et le hareng ; de nombreuses pêcheries alimentent la préparation du caviar et du hareng en saumure, et la fabrication de la colle de poisson.

Telles sont, en peu de mots, les principales industries de l'Empire russe, toutes représentées à l'Exposition d'Anvers.

Le commerce de ce pays prend une extension de plus en plus grande, à mesure que se développe le

tenue, ils semblent faire partie intégrante de cet ensemble imposant.

Ce qui séduit dès l'entrée, ce sont les bronzes d'art, exposés par trois maisons importantes. Ces bronzes, un des succès du compartiment, se distinguent des bronzes français et belges, par l'originalité et la saveur particulière des sujets représentés, tirés ie plus souvent des scènes de la vie russe ou caucasienne.

La maison Postnikoff, de Moscou, dont l'existence remonte à i8o5, occupe un personnel nombreux, formé par elle-même ; elle entretient une école fréquentée par 85 élèves, internes et externes ; les cours y durent 6 ans et les ouvriers qui en sortent sont de vrais artistes. Le gouvernement a durée du service militaire ; c'est assez dire qu'il s'inté-

réseau de ses voies ferrées. Autrefois le commerce intérieur se concentrait dans les foires, qui se tenaient périodiquement dans la plupart des grands centres; actuellement ces foires n'ont plus de raison d'être et les centres commerciaux tendent à se déplacer.

C'est avec l'Allemagne et la Grande-Bretagne que la Russie fait le trafic le plus important. Elle fournit à la Belgique des grains, des graines, des bois et des fourrures ; elle en tire les produits des industries métallurgiques et verrières.

Entrons maintenant dans l'espace réservé à l'exposition russe, placée sous la surveillance des superbes soldats de la garde du Czar; par leur prestance et la correction de leur accordé aux élèves de cette école une réduction de

M. A. Dobronis\ky

Commissaire adjoint de la Section Russe

resse vivement à la maison Postnikoff,

Tout le monde a admiré le merveilleux vase de bronze, du style russe le plus pur, exposé par M. Postnikoff.

Ce vase est d'autant plus intéressant qu'il est le produit d'un essai ; l'émail en est obtenu par un procédé qui jusqu'à présent était le secret des Japonais.

Cette œuvre d'art a été acquise par l'Empereur de Russie pour la somme de 1 5,ooo roubles.

Un peu à droite, se trouve le superbe étalage de M. Félix Chopin, de St-Pétersbourg; tous ces bronzes sont d'un dessin à la fois très riche et très original.

Les sujets sont pleins de caractère et parfois pleins de charme, comme dans le beau groupe intitulé les Adieux du Cosaque ; une femme se hisse sur l'étftër

placée sous la protection spéciale de S. A. I. le Grand-Duc Serge, d'un guerrier, [ pour embrasser une dernière fois le bien-aimé, avant qu'il n'éperonne son cheval, pour s'élancer où ie devoir l'appelle. Tout est pris sur le vif, l'homme au mâle visage, la femme tendre et résignée, et jusqu'au coursier vigoureux, produit de l'Ukraine.

1 1 y a ensuite une troïka de fougueux chevaux russes, emportant un traîneau dans une course échevelée, rivalisant de vitesse, tout en gardant une allure différente : le cheval du milieu trottant, les autres galopant ; puis les Fourrageurs Cosaques, la Fantasia Arabe, le Trompette de hussards, le Poulain en liberté, etc., etc.

La firme C. F. Woerfell, de St-Pétersbourg, en dehors de groupes de bronze, représen-

M. Colinet, Architecte de la Section Russe

tant l'Equipage lapon, traîné par quatre rennes, la Chasse au renard, des combats d'ours et de chasseurs, une Telechka à trois chevaux, etc., expose de riches objets en malachite, lapis-lazulli, labrador, rhodonite, jaspe et autres pierres dures de Sibérie.

L'orfèvrerie russe n'occupe pas à Anvers le rang auquel elle semblerait pouvoir prétendre, en raison

Façade de la Section Russe

de sa grande réputation ; de fort beaux objets cependant ont été envoyés par MM. J. P. Khlebnikoff et fils, de Moscou, entre autres une corbeille en argent doré, dont une partie en relief imite, avec la plus étonnante ressemblance, une serviette finement damassée.

Les instruments de musique ont valu des récompenses très flatteuses aux cinq exposants appartenant à la Classe VIII. La maison C. M. Schroder s'y est distinguée tout particulièrement, et mérite une mention spéciale pour ses remarquables pianos.

M . Schroder exposait, au centre de la Section russe, un piano à queue, d'un mérite hors de pair ; de tous les instruments de ce genre, qui ont été entendus à l'Exposition, aucun n'a obtenu un succès aussi franc et aussi mérité.

A côté des expositions artistico-industrielles, dont nous venons de parler, il en est d'autres purement industrielles, mais qui n'en méritent pas moins d'attirer l'attention ; voici les allumettes de la Compagnie Grefsby de St-Pétersbourg, dont la fabrique se trouve dans le gouvernement de Novgorod; cette compagnie n'a que quatre ans d'existence et sa production annuelle atteint déjà 20 millions de boites; voici encore un pavillon fait entièrement d'allumettes, construit par la firme Basile Lapchine ; les 4 usines de cet exposant se trouvent également dans le gouvernement de Novgorod ; elles donnent du travail à 700 ouvriers; nous rencontrons ensuite les cosmétiques, pommades, parfums, savons, de MM. Brocard & C" et

' les articles de toilette de A. Rallet & C'° de Moscou ; puis encore des vitrines intéressantes, renfermant des objets en papier mâché, des albums, des coffrets, des objets en ambre, etc., etc.

La remarquable exposition des tissus, largement et brillamment représentée, a été l'une des grandes attractions de la section qui nous occupe.

Treize fabricants de premier ordre ont envoyé des fils et tissus de coton, des cretonnes, des indiennes, des velours de coton, des moleskines, la plupart teints en rouge d'Andrinople, unis et imprimés. Les cotonnades, aux belles couleurs rouges, éclatantes mais non criardes,

Prêtre Russe

donnaient la note gaie dans cette section un peu sévère ; les nombreuses transactions dont elles furent l'objet, car leurs prix n'étaient nullement exagérés, entretenaient une grande animation dans ce département. Ces i3 fabriques occupent ensemble 60,000 ouvriers ; on évalue leur production annuelle à plus de i5o millions de francs !

Nous ne pouvons décrire ici les mérites spéciaux de chacun de ces exposants ; mais nous citerons un fait qui leur fait honneur à tous, et qui honore en même temps leur pays: c'est que tous s'occupent du sort de leurs nombreux ouvriers, avec une sollicitude toute paternelle.

Cest ainsi que M. C. J. Pahl entretient, pour son personnel, un hôpital, une clinique, une caisse d'épargne, et fait donner un enseignement gratuit aux enfants de ses ouvriers; — M. Asaph Basanoff a fondé une institution de prévoyance pour ses travailleurs; — la Compagnie de la manufacture des Basanoffs entretient à ses frais 2 écoles pour 25o enfants des deux sexes, un hôpital de 5o lits, une maison de refuge pour les vieillards, une église, une pharmacie ; — la Compagnie de Bogorodsko- Gloukhoffsk possède une école pour 1000 enfants, un club pour les employés, une bibliothèque, etc. ; — Le'opold Kcenig J', de St-Pétersbourg, expose dans un vaste pavillon, des cotons écrus, blanchis et teints ; sa filature a été fondée en 1873 ; il y a joint une teinturerie et une retorderie, ainsi que des écoles, un hôpital et des maisons d'habitation à l'usage de ses nombreux ouvriers ; — la Compagnie des Manufactures de Charles Schleibler, à Lodz, gouvernement de Petrikau, existe depuis 1854 ; elle occupe 6000 ouvriers ; dans ses superbes ateliers fonctionnent Î2 moteurs à vapeur, de la force de 4400 chevaux, et 14 machines supplémentaires; elle a 36oo métiers mécaniques et 240,000 broches. La fabrique entretient une école pour 260 enfants, un hôpital (système de baraques), un hospice pour les vieux ouvriers, et 35 maisons à 2 étages, avec jardins, pour les employés.

Nous nous arrêterons, car il faudrait les citer tous. Il n'est pas étonnant, dans ces conditions, que l'ouvrier s'attache à son patron dont il apprécie la sollicitude ; le patron de son côté s'attache à l'ouvrier, à raison même du bien qu'il lui fait. La Russie donne là à tous les peuples un noble exemple à suivre, pour éviter bien des maux.

Ce que nous venons de dire des exposants de tissus de coton, s'applique aux fabricants de tissus de lin, de chanvre etc. Même importance des manufactures, même perfection des produits, et même souci du bien-être de l'ouvrier. MM. Hielle et Dithrich de Girardow ont joint à leurs écoles, hospices, caisses d'épargne etc. ,

des bains et un théâtre. Le délassement honnête après le rude labeur de la journée, c'est encore un moyen de retenir l'ouvrier dans le chemin du devoir.

La fabrication des fils et tissus de laine cardée, est également très importante en Russie ; les fabriques de soie y sont nombreuses et bien outillées; les brocarts d'or et d'argent, les brocatelles, les velours, les damas, les satins, étalent leurs splendeurs aux yeux charmés des visiteurs.

Une des grandes sources de richesse de la Russie, c'est la culture du lin et des étoupes, dans les gouvernements du Nord-Est. La culture du lin est pratiquée principalement par les paysans; les semailles se font en mai et les récoltes en septembre. Le lin des meilleures qualités et d'une belle longueur sont

vendus tels quels, les Uns courts et moins solides fournissent les étoupes. L'intéressante exposition de MM. Jacob Prosoroff et fils, de St-Pétersbourg, représentée en Belgique et en France par M. Bruynseraede d'Anvers, renfermait les différentes espèces de lin brut et travaillé, les étoupes, et les outils employés dans leur préparation ; il s'y trouvait joints d'autres produits textiles, tels que fils, toile blanche et écrue, coutils, etc., tous faits à la main par les paysans.

Un pavillon spécial assez vaste renfermait les lins et accessoires de la « Station d'Analyse et Taxation de Lin, à Pskoff. »

On. y avait joint des tableaux statistiques très intéressants, donnant des renseignements précis sur la production de chaque district russe, tant sous le rapport de la qualité que sous celui du rendement; sur les prix des lins des divers gouvernements ; sur la richesse en lin pur des récoltes de ces dernières années; en un mot, sur tout ce qui touche, directement ou indirectement, à cette importante culture.

De plus, un délégué du Comité statistique de PskofF, M. Ferdinand Bauer, Président de la Commission des lins, s'est tenu à la disposition du public, pendant toute

Vase en Bronze de M. Postnikoff

la durée l'Exposition; avec une complaisance charmante, qui ne s'est pas démentie un instant, il a répondu d'une façon claire et précise à toutes les questions qu lui ont été adressées. M. Bauer a écrit plusieurs ouvrages estimés' sur l'industrie des lins et des étoupes, qui n'a pas de secrets pour lui ; il était donc à même, mieux que personne, d'occuper le poste qui lui a été confié. Il est à regretter'seulement, que les explications se soient données exclusivement en Allemand, tout le monde n'étant pas familiarisé avec cette langue.

Citons enfin, comme étant Tune des plus importantes, l'exposition des lins et semences, de la maison John Ruecker & O ' , de Riga.

Les fourrures russes de M. Eggers de Moscou et de M. Gruenwaidt de St-Pétersbourg, d'une beauté incomparable, ont fait sensation; il y avait des zibelines, des hermines, des martres, des castors, des renards noirs, bleus et argentés, servant à faire des pelisses de dix, quinze, vingt mille francs et plus !

Les cuirs de Russie jouissent d'une renommée si universelle, qu'on devait s'attendre à une Exposition très complète de cet article dans la section russe ; cette attente

n'a pas été trompée. Nous comptons huit exposants de cuirs et de peaux; la célèbre tannerie Alafouioff, a Kazan, produit jusqu'à 175,000 peaux, représentant une valeur de 1 million et demi de roubles; elle occupe 5oo ouvriers. La tannerie de MM. Pfeiffer frères est d'égale importance.

La sellerie et la carrosserie ont été fort admirées; elles comprenaient des équipages superbes, des traîneaux de ville et de course, et de curieux harnais pour troïka.

Il faudrait parler de bien d'autres articles encore, des sucres, des vins du Caucase et de Géorgie, des champagnes, des liqueurs si renommées, — Kummel, crème d'Allasch, etc., — des alcools et des eaux-de-vie. Les distilleries sont très nombreuses en Russie; la Société Beckmann & Cie de St-Pétersbourg, produit jusqu'à 75,000 hectolitres d'alcool rectifié et d'alcool rectifié et distillé; la Compagnie Keller & Ci;

est à peu près sur la même ligne comme chiffre de production; viennent . ensuite la maison /. Kocheleff, de Moscou, avec 6o,ooo hectolitres, MM. A. P.opoff avec 3S,ooo, L. Obloff & Cie avec 22,000 hectolitres,

etc. Tous les grands propriétaires fabriquenteux-mèmes l'eaude-vie. Signalons encore des capsules élastiques, pour avaler les médicaments de mauvais goût, des sièges, des tapis, des samovars et des cigarettes.

Disons quelques mots d'une industrie qui pour être la dernière venue, n'en est pas moins une des plus prospères ; nous voulons parier des pétroles russes. D'importants établissements pour l'extraction du pétrole et du naphte, se sont élevés à Bakou et dans les environs. Trois des plus considérables figuraient à notre Exposition : la fabrique C.

M. Chibajeff fondée en 1880, qui produit par an 1 5,000,000 de kilos d'huiles minérales et taires, ajoutons en un

6,5oo,ooo kilos d'acide sulfurique; elle occupe 400 ouvriers, possède 25 chaudières et des moteurs à vapeur; — la firme B. J. Rago- -jne & C", qui avait installé un petit pavillon dans les jardins de l'Exposition; elle possède deux établissements pour la fabrication d'huiles minérales, l'un à Balakhna, fondé en 187g, l'autre à Yaroslaff, fondé en 1880; ces fabriques produisent annuellement 3o, 000, 000 de kilos et occupent 65o ouvriers; — enfin, la Compagnie Nobel frères fondée en 1878. Elle possède dans les environs de Bakou la moitié des sources de naphte, au nombre de 100 environ, sur un terrain de 48 hectares.

A ces chiffres, qui Pavillon de MM. John Ruecker & C (Riga, Lipome) se passent de commen-

autre pour servir de point de comparaison : les puits américains sont exploités depuis iS5o, les puits russes depuis 18G9; on a exporté d'Amérique en 1884, 25 millions de barils de pétrole, et de Russie 9 millions de barils. L'exposition de la Russie à Anvers aura servi à nous faire mieux apprécier ce riche et vaste pays, si mal connu encore et si diversement jugé; elle aura laissé derrière elle une impression profonde d'originalité, de grandeur et de puissance.

Grèce

C'est à Londres, en i85i, que la Grèce figura, pour la première fois, à une Exposition internationale, avec un effectif de 36 exposants; on la rencontre ensuite aux Expositions de Paris i855, Londres 1862, Paris 1S67 et 1878, avec un contingent d'exposants de plus en plus important. Sa participation à l'Exposition d'Anvers est presque nulle; elle se réduit à quelques échantillons de vins d'exportation, dont plusieurs ont un âge respectable.

C'est principalement aux événements politiques qu'il faut attribuer cette abstention presque complète, car le pays ne manque pas de ressources. Les Grecs représentent en Orient la civilisation et le progrès; c'est un peuple fin et délicat, brave et persévérant, capable des plus nobles dévouements patriotiques, et conservant intacte sa foi dans la grandeur de son pays. La race grecque est une des mieux douées sous le rapport de la beauté physique, l'acuité de l'esprit, la poésie, la langue, le génie des arts et des sciences.

Après l'anéantissement de la flotte Turco-Egyptienne à Navarin, en 1827, par la Russie, l'Angleterre

et la France, et l'évacuation de 1; Péninsule par une armée française, l'Europe songea à ériger la Grèce en royaume indépendant. Cette indépendance fut reconnue le 3 février i83o; la Couronne fut offerte au prince Léopold de Saxe-Cobourg, qui la refusa parce qu'on enlevait à la GrèceTAcarnanie et la moitié de l'Etoile. Les puissances européennes désignèrent alors pour roi de Grèce, le jeune Othon de Bavière. En iS63, les Grecs, qui avaient congédié le roi Othon, acceptèrent pour souverain le prince Guillaume de Danemark, qui règne encore actuellement, sous le nom de Georges I™, et ajoutèrent à leur petit royaume les îles Ioniennes, le vote direct de la nation. Le royaume de Grèce a une superficie de 947

S. M. Georges Ir, Roi de Grèce.

cédées par l'Angleterre. Depuis que les Hellènes ont reconquis leur indépendance, après plusieurs siècles de servitude, d'ignorance et de barbarie, ils travaillent'à leur régénération morale et intellectuelle. L'instruction publique a fait depuis^ quelques années surtout, de notables progrès. Sous ce rapport, comme sous tous les autres, la Grèce se développe autant que le lui permet la politique jalouse des puissances européennes.

Le gouvernement est une monarchie constitutionnelle représentative héréditaire. Le roi gouverne avec le concours d'une seule Chambre des députés, composée de 186 représentants élus, pour quatre ans, par .illes carrés ; sa population est

d'environ 1 million et demi d'habitants.

Son sol est fertile, mais le manque de bras, de capitaux et de routes, sont autant d'obstacles à son développement ; sa situation agricole est réduite à un tel état d'infériorité qu'aucune contrée de l'Europe occidentale ne peut lui être comparée sous ce rapport.

La culture du blé, du seigle, de l'orge et du maïs, donne d'excellents résultats dans les cantons pierreux; l'avoine et la pomme de terre ne réussissent que médiocrement. Les pois, les haricots, les fèves et le riz donnent, dans certaines régions, un rendement très satisfaisant.

Le coton se cultive avec succès en Livadie, à Argos et dans les iles. La garance vient à souhait et le tabac de Nauplie est renommé. Mais la principale source de richesse est la culture des oliviers et de la vigne. Le pays est couvert d'oliviers sauvages en quantités innombrables ; l'huile d'olive constitue un des principaux articles d'exportation.

Les vins de Grèce n'ont pas entièrement perdu leur antique réputation, malgré les procédés imparfaits de la fabrication actuelle et le peu de soin apporté à la culture de la vigne. Les vins ordinaires, servant à la consommation journalière, ne méritent pas qu'on en parle ; quoique additionnés d'une grande quantité de résines ils tournent à l'aigre dès les premières chaleurs. Il n'en est pas ainsi des vins de liqueur qui se conservent indéfiniment. On les fabrique, comme dans l'antiquité, en laissant sécher au soleil, pendant huit jours, les raisins coupés au mois d'août ; on mêle au raisin rouge, une espèce de raisin blanc, qui a l'odeur du noyau de pêche.

fi I

C'est à Athènes et à Condura, dans la Livadie, dans les îles et dans les principaux ports de la Morée, que se fait le commerce des vins ; les vins grecs sont pour ainsi dire inconnus ici; l'exportation se fait presque entièrement en Russie.

Les crûs de la Grèce moderne sont assez nombreux; citons entre autres les vins de Malvoisie, de Santorin et de Miconi ; les vins de Céphalonie ont quelque ressemblance avec ceux des côtes du Rhône. Corinthe prépare surtout des raisins secs qui portent son nom.

La culture des mûriers et l'élève des vers à soie ne sont pas moins importantes. Jusqu'en 1858, la soie était un des articles d'exportation les plus considérables, mais la maladie des vers a depuis lors beaucoup réduit ce chiffre. Les arbres fruitiers qui réussissent le mieux sont l'oranger, le citronnier, le grenadier, l'amandier, l'abricotier, le figuier et le jujubier. Ce dernier se rencontre principalement dans les îles Ioniennes.

La Grèce était autrefois couverte d'immenses forêts ; elles ont aujourd'hui disparu en grande partie ; le manque de routes rend très difficile l'exploitation de celles qui existent encore ; c'est au point que les Grecs, qui excellent dans la construction des navires, s'approvisionnent au dehors des bois dont ils ont besoin. Le seul

produit utile des forêts qui leur restent, est la valonnée, ou copule du gland du querciis O'gylops employée en Europe comme mordant pour la teinture.

Le pays possède peu de pâturages; les bœufs et les vaches y sont donc rares ; par contre, on y voit de nombreux troupeaux de chèvres et de moutons. Le miel de l'Hymette est encore digne de sa réputation.

Les richesses minérales de la Grèce sont abondantes, mais les bras pour les exploiter

font défaut. Les marbres de Pentélique et de Paras, de Karysto, d'Eubée et d'Eleusis, qui ont fourni à l'antiquité la matière de statues et de monuments immortels, sont toujours les premiers marbres du ^monde, mais la plupart des carrières sont abandonnées, ou mollement exploitées.

On trouve aussi des carrières de vert et de rouge antique, dans l'Archipel et dans le Pendactylon ; des lignites, dans l'Attique et dans l'Eubée; du plomb argentifère, dans l'île de Zéa; de l'émeri, à Naxos ; du plâtre, à Milo et des eaux minérales dans l'île de Thermia. La pêche des éponges est assez productive dans l'Archipel. L'industrie n'est pas très active en Grèce, la plupart des produits manufacturés qui s'y consomment, sont de provenance étrangère; ce sont les Anglais qui se sont emparés de presque tout le commerce extérieur; les articles belges, verre à vitre, pointes de Paris, draps de Verviers, sont expédiés par voie de Liverpool, de Trieste et de Marseille.

L'industrie la plus développée et à laquelle semble réservé le plus bel avenir, c'est la construction des navires, à Syra, au Pirée, à Patras, etc. — On rencontre ci et là des fabriques de soie, de coton, de laine, de tapis, de toiles à voiles, de chapeaux de paille, de vinaigre et de pipes en écume de mer; des poteries, des tanneries, des savonneries, etc.

On voit par ce rapide aperçu, que si la Grèce n'a pas pris une part plus large à notre Exposition Universelle, -ce n'est pas faute de trouver en elle-même les ressources nécessaires ; elle possède au contraire tout ce qu'il faut pour organiser un compartiment plein d'intérêt. Nous formons des vœux pour que ce vaillant petit peuple puisse trouver bientôt, dans une tranquillité durable, l'occasion d'exploiter ses richesses naturelles et de travailler à son développement intellectuel, moral et industriel.

L'Acropole à Athènes

Le Portugal et ses Colonies

Le Gouvernement Portugais n'ayant pas reçu des Cortès l'autorisation de subsidier l'Exposition d'Amsterdam , en 1883, n'a pas non plus demandé de subside pour l'Exposition d'Anvers.

Voilà pourquoi, quelques rares exposants seulement se sont présentés, pour prendre part, à leur frais, à ce

grand concours entre les nations des deux mondes. Un emplacement de 100 mètres carrés a suffi pour contenir tous les produits envoyés. Ces produits consistent principalement en vins, parmi lesquel nous citerons ceux de l'ancienne maison F. Chamisso & Silva, de Porto; de MM. P. de Magalhaes, Déjante & Cic, Mo- noel Pedro Marques, Pompeu Dias Torres, de Lisbonne; Newpoort & C'e, Joao de Carvalho Macedo, Ant. Pinto dos Santos jr, Miguel de Souza Guedes, Wiese & Khron, de Porto, et Henri Dru Drury, de Madère.

Il y a ensuite quelques photographies, quelques minerais, et c'est tout.

Si le Portugal a peu ou

point donné, il n'en est pas de même des Colonies Portugaises, il s'en faut. L'Exposition d'Anvers était 'à peine officiellement décrétée, que la Société de Géographie de Lisbonne, d'accord avec la Banque Coloniale Portugaise (Banco Nacional Ultramarino), prit l'initiative d'une Exposition Coloniale. Rendons justice à M. Manoel Pinheiro Chagas, Ministre delà Marine et des Colonies, qui leur a prêté tout le concours de son dévouement et des ressources de son département, ainsi que l'appui de l'autorité des colonies.

La Société de Géographie de Lisbonne a pour Président

M. Antonio Augusto de S. M. Louis i* Roi de Portugal Aguiafj pQ-r du Royaume et

Ministre d'Etat honoraire; pour Vice-Présidents: MM. le Vicomte de S. Januario, Pair du Royaume et Ministre d'Etat honoraire, et Francisco M. da Cuncha, Pair du -Royaume; pour Secrétaire perpétuel, M. Luciano Corderio, Député ; et pour Secrétaires : MM. José Bento Ferreira de Almeida, Député, et Joao Diego Patrone, junior.

Elle désigna en qualité de Commissaire Général, M. le conseiller Francisco de Oliveira Chamiço, Gouverneurdela Banque Coloniale Portugaise, et M. Jos. Van Geetruyen, agent de la même banque à Anvers, en qualité de Commissaire adjoint; M. Antonio de Castillo fut nommé Secrétaire et M. Jeronimo da Silva, Surintendant des produits. Ces nominations furent confirmées par Décret Royal.

Le Portugal, qui n'a jamais occupé en Europe une grande étendue de territoire, est cependant parvenu à établir sa domination sur des parties considérables de l'Amérique, de l'Asie,

de l'Afrique et de l'Océanie. .

L'entrée des Colonies Portu- M- Jos- Van Geetruyen

gaiseS]qui forme en même temps Commissaire adjoint de la Section Portugaise

droite contient des statuettes, des vêtements, des ornements et des bijoux, du cacao en poudre et en fèves. café, etc. ; celle de gauche est réservée aux instruments de musique, aux animaux empaillés, aux éventails et objets en bois sculpté.

Tous ces objets, provenant des différentes colonies, sont des produits de leur civilisation ; c'est à ce point

une entrée du Palais de l'Exposition, présente un cachet tout particulier et d'un joli effet ; les plans de cette belle façade, aux fraîches couleurs portugaises bleu et blanc, sont l'œuvre de M. l'architecie Hasse, l'un des trois promoteurs de l'Exposition d'Anvers.

Deux élégants minarets, couronnés de coupoles dorées, surmontées des drapeaux de la Société de Géographie de Lisbonne et du drapeau national, ainsi que de monogrammes arabes, complètent cette construction originale.

Le pavillon des Colonies Portugaises comprend trois salons ; celui du milieu nous présente des liqueurs, des collections d'armes, des livres, des meubles et des produits du sol ; la salle de du

de vue qu'il faut les juger. On y trouve la collection complète des publications faites par la Société de Géographie sur les différentes colonies; de grandes collections de photographies; des instruments de musique étranges, - le Cimbo, instrument à une corde, le Hungo, espèce de guitare, des Gongues du Con-o des Batuques, tambours de la province d'Angola etc., etc., - des chaises, bancs e, lits en bambou, et des palanquins de Macao; des pipes, des briques, des poteries; des nattes de jonc, de paille, de bananier, etc. des diverses colonies ; des tissus de coton et de soie, des fils, des lins, des tissus de laine, des dentelles, des vêtements de, chaussures, des bijoux; puis de riches collections d'armes, des couteaux de guerre, des arcs et des flèches dont plusieurs ont appartenu à des chefs célèbres, des sagaies, des massues, des haches, des lances- quelques

Façade du Pavillon des Colonies Portugaises

échantillons de minerais de fer de St-Thiago et de cuivre d'Angola, de pierres calcaires, de terre à potier etc Mentionnons encore les spécimens d'almeidina ; la cire blanche et jaune du Mozambique et d'Angola ■ les écailles de tortue ouvrées ; les défenses d'éléphant ; les dents d'hippopotame. Signalons ensuite des peaux de chèvre, de .taupe, de loutre, de serpent, de singe, etc. ; des cordes en filaments de cocotier, en crin de vache, en paille, etc. ; des selles en corde de bananier ; des échantillons de blé, de mais, de haricots de farine, du tapioca et de l'amidon de manioc, de l'huile de palmier et de cocotier, des marrons du sucre du cacao, du café, de la cannelle, de l'alcool, du vin et de l'eau-de-vie. Nous trouvons encore des pirogues faites de troncs d'arbres, des filets, etc.; des spécimens de corail rouge et violet, des éponges végétales et un grand nombre de plantes médicinales.

S. M. Léopold II a voulu examiner cette exposition en détail et a exprimé aux commissaires portugais, MM. de Ohveira Chamiço et Van Geetruyen, qu'il s'est fait présenter, tout l'intérêt qu'il avait pris à cette visite.

La République du Paraguay

Un petit salon, coquettement arrangé, situé à proximité de la Section Espagnole, renferme les produits exposés par la République du Paraguay. Le Gouvernement lui-même y figure comme principal exposant et ses envois sont des plus intéressants.

Le Président actuel de la République est S. E. le général Don Bernardino Caballero.

Pendant la guerre héroïque de cinq ans, que soutint sa patrie contre les forces coalisées du Brésil ainsi que des Républiques Argentine et de l'Uruguay, il fit des prodiges de valeur et conquit rapidement tous ses grades sur les champs de bataille.

A la conclusion de la paix, il ne restait plus du Paraguay qu'un pays ruiné, soumis à l'occupation étrangère, une population décimée et une organisation politique complètement annihilée.

Don Bernardino Caballero fut un des rares citoyens qui ne désespérèrent pas de l'avenir de la patrie. Appuyé par un petit groupe d'intelligences délite, il contribua à relever peu à peu l'édifice social, et le peuple reconnaissant le porta à la magistrature suprême le 25 novembre 1882. 11 fit choix d'un ministère composé d'hommes remarquables, et

les progrès que le Paraguay a faits depuis lors, ont dépassé toute attente.

Parmi les conseillers dont il s'est entouré, mentionnons spécialement S. E.

Don José Segundo Découd.

Quoique encore très jeune, — (il est né en 1848,) — il a occupé successivement, avec une rare distinction, les positions les plus élevées. En 1882, le Président Caballero lui confia le portefeuille des Affaires Etrangères.

C'est grâce à S. E. Don José S. Découd, que le gouvernement du Paraguay se décida à participer officiellement à l'Exposition

fit choix

Universelle d'Anvers ; par décret du i5 novembre 1 884, M . Henri Oostendorp, Consul Général du Paraguay à Anvers, fut nommé son Commissaire. Celui-ci s'est spécialement occupé de faire connaître ce pays en Europe, et c'est sous ses auspices que parut, à l'occasion de l'Exposition, une notice des plus intéressantes sur les ressources nombreuses et peu exploitées, que cette contrée renferme ; le Jury international décerna une médaille de bronze à ce travail;

A l'occasion de la proclamation des récompenses, le Roi a nommé M. Oostendorp, Chevalier de l'Ordre

S. E. le Général Don Bernardino Caballero, Président de la République du Paraguay

de Léopold. Grâce au choix des produits envoyés et aux soins apportés à leur arrangement, la Section du Paraguay a eu un légitime succès; elle joignait à beaucoup de couleur locale Un cachet des plus, pittoresques.

Nous croyons bien faire, tout en parlant des articles qui y ont figuré, de donner quelques renseignements sur les ressources et la situation commerciale de la République du Paraguay.

Ce pays est situé au centre de l'Amérique du Sud et a comme voisins immédiats la Bolivie, le Brésil et la République Argentine.

Les rivières Parana et Paraguay, qui forment une voie fluviale navigable d'une beauté exceptionnelle, le mettent en communication directe avec le Rio de la Plata et ainsi avec l'Océan Atlantique.

Il suffit de trois jours pour descendre le courant en bateau à vapeur depuis l'Assomption (capitale du Paraguay), jusqu'à Buenos-Ayres (capitale de la République Argentine).

Il n'existe, en ce moment, qu'une voie ferrée entre l'Assomption et Paraguari, mais il est question de la prolonger jusqu'à Villa-Rica .et l'on peut s'attendre à voir ce pays relié, dans un avenir peu éloigné, aux réseaux des chemins de fer brésiliens et argentins.

Les relations d'affaires^ sont surtout actives avec les ports de Buenos-Ayres et Montevideo et sont entre-

tenues au moyen de plusieurs lignes de steamers ; les négociants du Paraguay n'attendent toutefois que le moment favorable, pour entrer en rapports directs avec l'Europe. Quelques essais ont déjà été tentés, et ils seront plus faciles à l'avenir, grâce à la création relativement récente de la Banque Nationale du Paraguay; signalons en pas-

sant que les bénéfices nets de cet établissement, pour le premier exercice, arrêté à la fin de 1884, ont dépassé 29 °l0 sur le capital versé et que les résultats de iS85 promettent d'être encore plus brillants. Ceci fait voir, quel champ fécond le Paraguay peut offrir aux capitaux européens, confiés à des mains habiles et expérimentées.

Cette contrée offre le spectacle extraordinaire et presque .

unique au monde, d'un pays jfl civilisé mais encore inexploité.

La cause s'en trouve dans l'iso- ™ lement où il a été tenu par l'Espagne et ensuite, après la déclaration d'indépendance, par le despotisme soupçonneux et ja loux des présidents Frauda.

Carlos Antonio Lopez et Fran

S. E. Don José S. Découd,

Ministre des Affaires Etrangères de la

République du Paraguay

cisco Solano Lopez; en iS65 le Brésil, les Républiques Argentine et de l'Uruguay, s'allièrent pour faire la guerre au Paraguay; la lutte dura 5 ans et ne finit qu'en 1870, après des actes de valeur héroïques, lorsque la population se trouva réduite de i,2oo,oooà3oo,ooo habitants presque tous des vieillards, des femmes et des enfants.

Il a fallu plusieurs années pour que le pays se relevât de ses ruines, mais grâce à la liberté que la Constitution garantit à tous les citoyens, et aux esprits éclairés qui sont depuis 6 ans à la tête du Gouvernement, des progrès immenses ont été accomplis, l'organisation politique et administrative a été complétée et le Paraguay est prêt à suivre la voie brillante que ses voisines,

les Républiques Argentine et de l'Uruguay, lui ont tracée. Le climat est, dans son ensemble, chaud et sec; l'on se plait à reconnaître, qu'au point de vue de la salubrité, fort peu de contrées peuvent être comparées au Paraguay. La capitale, Assomption, est le siège du Gouvernement en même temps que le centre des affaires; elle comptait plus de 5o,ood habitants avant la guerre de 1865-1870, contre 18,000 aujourd'hui; mais ce chiffre tend journellement à augmenter, un courant d'immigration assez régulier existant déjà, principalement de la République Argentine. Cette ville est construite dans un site des plus pittoresques, sur une colline le long du Rio Paraguay, à environ 25 mètres au-dessus du niveau de la rivière; elle a un bon port et des lignes de tramways ; on y voit des édifices remarquables, de belles maisons, des magasins à l'européenne, des clubs, des restaurants, des hôtels, etc.

Les autres villes les plus importantes, sont ; -Villa-Rica 1 3,ooo habitants, Concepcion 1 1,000 habitants, San - Pedro 10,000 habitants, San-Salvàdor, Luque, Yaguaron, Itapua, San-

Estanislao, Paraguari, Oliva, Ygatimi,

Villa-del-Pilar, Villa-Franca, Humaïta,

Encarnacion, etc.

Le sol du Paraguay est boisé, bien

arrosé, très fertile; les terres sont d'un bon marché fabuleux (environ les deux tiers du territoire étant propriété nationale), et obtenables, pour la plupart, à des prix variant entre 5oo fr. et 7,300 fr.

par lieue carrée de 1743 hectares, suivant la situation ; les lois relatives à leur vente, promulguées au mois de juillet dernier, ont provoqué des offres d'achat si nombreuses de la part des capitalistes, tant indigènes qu'étrangers, que le Gouvernement, en vue d'éviter l'accaparement des terres publiques entre

M. Henri Oostendorp,

Consul Général de la République du

Paraguay, Commissaire

peu de mains, a récemment été obligé de prendre des mesures à cet égard. Les richesses minérales, guère exploitées encore, promettent d'être considérables.

On rencontre des forêts immenses renfermant les bois les plus beaux de tous les Etats de La Plata ; aussi la collection d'échantillons, qui a figuré à l'Exposition Universelle d'Anvers, a-t-elle obtenu une médaille d'or.

Les articles les plus importants d'exportation sont toutefois le Yerba-maté (thé de Paraguay) et le tabac ;

tous les deux sont de qualité remarquable et le jury leur a également attribué des médailles dor, La canne à sucre croît très bien ; son produit sert principalement à la fabrication de la cana, ou rhum blanc.

Les orangers viennent admirablement dans ce pays et environ 5o millions d'oranges sont exportées chaque année. Le bétail, auquel le climat convient parfaiteme.it, fournit la viande à la consommation indigène et des cuirs pour l'exportation.

Section de la République du Paraguay.

Les chiffres officiels du commerce de l'année i883, sont :

Importations sujettes à des droits d'entrée . Fr. 4,765,400

Importations libres de droits » 436, 3oo

Exportations

Fr. 5,201,700 » S.S32,3oo

Fr. 14,034,000

Les importations en i883 par la Douane de l'Assomption (qui représente plus des 7/10 du mouvement total), comprenaient surtout des :

Tissus pour une valeur de . . . Fr. 1,799,595

Comestibles id » 909,865

Boissons id » 543,110

Merceries pour une valeur de. . Frs. 330725 l Vêtements confectionnés pour . Fr. 112,440

Ustensiles, outils, etc » 222, 53o Chaussures » 98,565

Articles pour chapellerie . ... » i33,65o J Droguerie;, couleurs, médicaments, etc.

48 % des marchandises importées sont d'origine anglaise ; viennent ensuite, par ordre d'importance, les produits français, italiens, allemands, espagnols, argentins et uruguayens. La Belgique y figure pour une part extrêmement faible.

S5 % des tissus, cotonnades et vêtements, sont également de manufacture britannique.

Les principaux produits exportés du Paraguay en i883, sont :

Yerba r Tabacs

é pour une valeu feuilles id.

Cuirs bn Bois

; et peaux pour une valeur de Fr. 542,700 id, ji 840,935

Oranges pour une valeur de Cuirs tannés id.

La dette extérieure du Paraguay n'existait pas avant la désastreuse guerre de 1865-1870. Le Gouvernement contracta en 1871-1872, deux emprunts sur la place de Londres, pour ensemble environ 35 millions de francs ; mais seulement une minime portion de cette somme atteignit l'Assomption. Le pays, appauvri par la lutte qu'il venait de soutenir, fut impuissant à en faire régulièrement le service, qui est resté en souffrance.

Le Gouvernement de S. E. le Président Don Bernardino Caballero, dans le but de mettre un terme à cet état de choses , a envoyé comme Commissaire spécial en Europe, S. E. le Ministre des Affaires Étrangères, Don José S. Découd qui vient, après de longues négociations, de conclure un arrangement avec les détenteurs des fonds paraguayens en Europe.

La participation du Paraguay à l'Exposition Universelle d'Anvers, est une preuve du désir sincère qu'a son Gouvernement, de voir des relations directes s'établir avec nos parages, et d'appeler l'attention de l'Europe sur les ressources nombreuses qu'offre ce pays aux hommes d'initiative.

Les objets envoyés ont permis de se rendre compte de ses richesses naturelles remarquables, ainsi que de

Les femmes Gitarini

l'industrie de ses habitants.

On a vu les produits des zones tempérées et tropicales, ceux des forêts, de l'agriculture et des mines, des cuirs, des fourrures, des tissus (parmi lesquels des dentelles d'une finesse merveilleuse), des poteries naïves, de la joaillerie, des cigares et des cigarettes d'une apparence irréprochable, des huiles et des savons, des eaux de toilette, des médicaments, des liqueurs admirablement fabriquées, etc. Le Jury des récompenses en a apprécié la haute valeur et leur a décerné 4 médailles d'or, 7 d'argent, 11 de bronze et 1 5 mentions honorables , ainsi qu'un diplôme d'honneur au Gouvernement, pour l'ensemble de l'Ex-

position. Ce résultat est des plus flatteurs, eu égard au nombre restreint d'exposants, et dispense de plus longs commentaires.

Mentionnons toutefois encore, que le Commissariat de la Section du Paraguay a été particulièrement heureux dans le choix qu'il a été appelé à faire de deux membres du Jury International des récompenses.

La haute compétence de M. G. Ch. Van de Velde, pharmacien en chef des Hôpitaux, ancien Conseiller provincial d'Anvers, a en effet été fort appréciée, et ses collègues l'ont nommé Secrétaire de la 1° Section de la classe 68, où il a rendu des services signalés. Les connaissances spéciales de M. Florent Lenoir, courtier en tabacs, ont été d'une grande utilité et elles ont notablement contribué à faire estimer à leur juste valeur les nombreux échantillons de ce produit.

*M8WK*-

Canada

uarante ans environ après la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb, un navigateur ' français, Jacques Cartier, découvrit le Canada.

Cette colonie, cédée à l'Angleterre en 1763, est actuellement formée par la Confédération de '' huit provinces, dont l'union remonte àrannée'1867. ' Antérieurement à cette date les différentes provinces, unies par des liens de race et de langage, ' et placées sous la souveraineté d'un même prince, offraient Cette particularité qu'elles avaient chacune une existence politique spéciale et s'isolaient les' unes des autres par des tarifs protecteurs frappant tous les1 produits de leur industrie.

L'influence qu'un tel système exerçait sur le développement de ces colonies, dont la population naturellement perspicace et prévoyante, est douée d'un tempérament actif et vigoureux, devint à la. fin intolérable, et, de commun accord, il fut décidé d'anéantir les barrières qui arrêtaient toute expansion, d'abolir à tout prix le séparatisme, et de noyer tous les intérêts locaux dans l'intérêt commun d'un Etat-Uni qui procurerait à chacun de ses membres des avantages considérables.

Le Canada mesure 4,000 milles entre les deux océans et couvre, au Sud du parallèle de Saint-Pétersbourg, une étendue d'environ 2,000,000 de milles carrés de terrains cultivables dont la moitié est propre à la culture de tous les grains récoltés dans l'Europe centrale et septentrionale.

Dans une contrée de cette étendue doit forcément exister une grande diversité de climats. En général pourtant, les étés y sont plus chauds et les hivers plus froids que ceux d'Angleterre et de Belgique; mais ces températures extrêmes n'ont aucune influence nuisible sur la santé des habitants. L'hiver a ses journées de froid intense et l'été ses périodes de chaleur tropicale, mais, durant la majeure partie de l'hiver, le Canada jouit d'un ciel clair et limpide et d'un temps agréable.

La chaleur de l'été fait mûrir les avoines, l'orge, le froment et le maïs; les pommes, les poires, les pèches, les raisins, les melons, les nectarines et les abricots; les pommes de terre, les raves, les tomates, etc., etc.

Dans les parties orientales et méridionales du Canada, l'hiver commence vers la mi-novembre pour finir vers la fin de mars, tandis que vers l'ouest, dans la Colombie Britannique, son intensité et sa durée sont sensiblement moindres.

Le travail de la charrue commence en avril, et, quand le temps est favorable, il peut être continué jusqu'en décembre. La moisson commence avant la fin de juillet, et, sous le chaud soleil canadien, le foin, les grains et les blés sur pied se suivent sans interruption; la terre est labourée à nouveau et les

semailles d'automne du froment sont commencées et continuées jusqu'à ce qu'un nouveau changement brusque amène l'hiver.

Le climat canadien est remarquable par le frappant contraste des saisons, l'hiver et l'été amenant avec eux des alternatives de labeur et de repos, dont la monotonie est rompue par des occupations industrieuses et utiles et par des plaisirs divers.

La population du Canada est composée de 891,248 Anglais et Gallais, 957,408 Irlandais, 699,863 Écossais, 1,298,929 Français, 254,819 Allemands, et d'un certain nombre de Hollandais, de Scandinaves, d'Italiens, etc.

La vie sociale dans tout le

Le Tî-cs Honorable Sir John Macdonald, Premier Ministre du Canada

pays, et principalement dans les villes, a acquis un degré de raffinement et de distinction comparable à celui des plus vieilles cités européennes.

Dans toutes les provinces, l'éducation des enfants est réglée d'après les meilleures méthodes anglaises et européennes et est très largement subventionnée par les gouvernements locaux.

D'une manière générale les écoles sont mixtes, mais, dans les districts où sont professées différentes croyances religieuses, des mesures sont prises pour assurer à chaque secte des écoles spéciales. Dans chaque province existent des écoles supérieures et des collèges religieux et mixtes dans lesquels

l'enseignement supérieur est donné à un prix très minime et mis ainsi à la portée des plus humbles.

Les universités les plus célèbres sont l'Université catholique de Laval à Québec, fondée sous les

auspices du séminaire de cette ville, et les universités Mc Gil à Montréal et de Toronto qui sont laïques.

Les meilleures écoles d'Agriculture et les principaux centres industriels se trouvent également dans la

division de l'Atlantique. Il est utile

de mentionner ici que, dans toutes

les provinces, il est possible, moyennant certaines conditions, d'obtenir la concession d'une terre de 100 à 200 acres. A ceux qui possèdent un capital de £ 3oo à £ 1000 s'offrent souvent des occasions exceptionnelles pour l'achat, à des prix très favorables, de fermes en partie mises en culture.

Généralement un marché pour l'écoulement de tous les produits de la ferme se trouve à proximité, et de grandes facilités sont offertes au producteur pour le transport de ses marchandises aux marchés extérieurs.

La grande Division Centrale ou des Prairies, composée de la province du Manitoba et des Territoires du Nord-Ouest, est une vaste contrée exclusivement agricole et semble destinée à devenir le grenier de l'Europe. De Winnipeg, capitale du Manitoba, une ville de 35,ooo âmes qui compte à peine dix années d'existence, la vue s'étend sur une immense plaine qui développe ses vertes collines ondoyantes sur une étendue d'un millier de milles, jusqu'à ce qu'elles viennent expirer au pied des Montagnes Rocheuses.

L'Honorable Sir Charles Tupper, Commissaire général du Canada

M. Frêd. J. S. Dore, Commissaire adjoint du Canada

Cette vaste prairie, qui a une largeur moyenne de 3oo milles à partir de la frontière internationale, et pourrait faire vivre plus de 5o, 000,000 d'habitants, n'est occupée aujourd'hui que par 3oo,ooo colons. Le sol, d'une structure à peu près uniforme sur toute l'étendue de la contrée, est formé d'une couche de terre noire et argileuse, d'une épaisseur variable de 1 à 6 pieds, et repose sur un sous-sol d'argile très résistant. 11 est essentiellement propre à la culture de toute espèce de céréales et, quand il n'est pas cultivé, forme ces admirables prairies qui peuvent servir de pâturages à d'innombrables troupeaux.

Dans ces dernières années le courant de l'émigration s'est dirigé en général vers le Manitoba et vers les Territoires du Nord-Ouest. La colonisation a d'ailleurs trouvé un appui considérable dans la

Montréal Vue prise de la Cathédrale de Notre-Dame

(Extrait du o Picturesqut Canada u avec l'autorisation des Editeurs.)

construction du « Canadian Pacific Railway »> qui traverse toute la contrée et donne maintenant une grande valeur aux terres qui naguère encore en étaient dépourvues, par les facilités qu'il offre pour le transport des récoltes aux marchés.

Des concessions peuvent être obtenues dans presque toutes les parties du district, et, vu la nature du sol qui ne demande que peu d'efforts pour être mis en état de produire, le coût de ces concessions est tort minime, une somme de 100 l suffisant généralement pour couvrir tous les frais de premier établissement.

Malgré le peu de densité de sa population, le Canada a produit cette année 6,000,000 de boisseaux de froment pour l'exportation, et ce chiffre d'affaires va s'accroître rapidement par suite de l'extension que ne tardera pas à prendre le commerce des bestiaux, du beurre et du fromage qui forme une des branches importantes du trafic que fait le Canada oriental avec l'Europe.

Le voyage de Belgique au Manitoba, via Québec et le Canadian Pacific Raihvay, se fait en douze jours. En franchissant la chaîne des Montagnes Rocheuses on entre dans la Division du Pacifique ou Colombie Britannique.

Le sol dans cette section est d'une qualité excellente et favorable à l'agriculture, tandis que dans

les parties plus élevées £. -^'\' ,-ms se trouvent d'admira-

bles pâturages sans pareils pour l'élève des bestiaux.

Des fruits de toute espèce, pêches, abricots et raisins y mûrissent en plein air, et, le chemin de fer aidant, il est certain que, dans un avenir très rapproché, la culture des fruits constituera une industrie lucrative dans la région Est des prairies.

Les rivières et les baies sont peuplées de magnifiques saumons dont la pêche et la préparation pour l'exportation forment actuellement la principale industrie de la province.

L'Ile de Vancouver possède d'importants gisements de houille et de minerais de fer; la plus grande partie du charbon consommé sur la côte du Pacifique vient des charbonnages de Nanaîmo.

Les produits des , énormes forêts qui cou^ vrent une grande partie delà province donnent lieu à un commerce d'exportation, considérable avec la Chine, le Japon et l'Australie.

L'une des causes qui ont le plus puissamment contribué au merveilleux développement de la Colonie du

Canada , pendant le dernier quart de siècle, est son magnifique système de navigation intérieure. Ce système,

créé .par la: nature, J a été : perfectionné par les Canadiens et largement développé par eux à grands frais. Il

-e-xiste sous -ce- rapport -une -grande ressemblance entre la' Belgique et le Canada, avec cette différence que,

Ottawa. Parlement.

Vue prise du Majors Hill

(Extrait du t Picturesqiie.CanncI:i >i awc l'autorisation dès Editeurs.)

dans cette dernière contrée, l'exécution de ces travaux a dû se faire sur une échelle plus gigantesque. Les canaux canadiens comprennent : le système du St-Laurent, se développant jusqu'au lac Supérieur sur une étendue de 2384 milles, et comprenant dix canaux et 72 milles de navigation artificielle; le système du St-Laurent et New-York, 411 milles; la rivière Trent, 235 milles; le canal St- Pierre, au Cap Breton, traversant un isthme d'un demi-mille de largeur et possédant une écluse de- .200 pieds sur 48 et 18 de profondeur.

Le système de communications par eau a été complété par un système de chemins de fer dont le développement , qui n'était en 1874 que de 6,000 milles, atteint aujourd'hui le chiffre de io,oco milles de voies ouvertes au trafic et de i5oo milles dévoies en construction.

Dans ce système est compris le grand* Canadian Pacific Railway » récemment inauguré.

L'influence de l'établissement de ce chemin de fer sur le développement rapide du Canada sera énorme, et, d'un autre côté, la démonstration pratique de son utilité dans l'état -actuel-dti-t-rafîe est-un sûr garant du succès 'qui attend l'exploitation de ce réseau.

Pour -/io.uSj son .

intérêt réside principalement, dans l'influence qu'il ne peut manquer d'exercer sur les communications et le trafic entre l'Europe et l'Asie -

orientale dont les marchés, encore si peu fréquentés; -appartiendront aux nations qui prenneres de. leur importance comme .remède à 'là' crise commerciale actuelle.-

Vu 1 espace restreim dont .nous disposons-, ■ il- nous serait- difficile déposer d'une façon complète In

Toronto. Etablissements d'instruction

(Extr

it du (1 PLcluresqiie Canada.ii .l'autorisation des Éditeur?.)

convaincront lés

situation que s'est conquise le Canada ; nous croyons cependant en avoir dit assez pour indiquer d'une manière générale l'importance de cette situation, et pour préparer le lecteur à l'aspect imposant que présente à Anvers l'exposition de cette contrée, la plus grande parmi toutes celles qu'occupent, par delà les mers, les peuples amis issus de notre race.

Que ce fût voulu ou non, il y avait quelque chose de significatif dans le choix de la place assignée au Canada dans le Palais de l'Exposition, entre les trois grandes puissances Européennes qui se trouvent à la tête du progrès, et auxquelles sa destinée a été et sera toujours intimement liée. Mais la variété de ses ressources agricoles et minières, les produits de ses pêcheries et de ses forêts, ainsi que les preuves de

Halifax Vue prise de la Citadelle

ait du c Pkturesque Canada :■> c l'autorisation des Êditeuts).

ses progrès dans l'ordre le plus élevé rallièrent au Canada les suffrages de toutes les nations exposantes, et la section canadienne fut, sans contredit, un des « clous » de l'Exposition.

Les succès personnels sont venus confirmer le succès général : il est facile de s'en convaincre en comparant le nombre des récompenses remportées par les Canadiens au nombre de leurs exposants ; la liste de ces récompenses comprend 3 diplômes d'honneur, i3 médailles d'or, 3o médailles d'argent, 33 médailles de bronze et 3i mentions honorables, et prouve la conscience mise par les Canadiens dans leurs efforts pour affirmer et proclamer la supériorité de leur patrie.

On peut se faire une idée de l'importance que les Canadiens attachaient à leur première apparition «indépendante» sur le continent Européen, par le choix qu'ils ont fait d'un homme d'État éminent, Sir Charles Tupper G. C. M. G., C. B., Haut-Commissaire à Londres, pour représenter, en qualité de commissaire, les intérêts de la Colonie à Anvers. La tâche était difficile, mais Sir Charles Tupper était à la

hauteur de la situation, et le résultat a dépassé toutes les espérances; cette constatation est la plus belle récompense de l'organisateur de la section.

L'Exposition du Canada comprenait des séries innombrables de produits de toute espèce. Ici c'était une profusion de spécimens de quartz aurifère d'une grande richesse, provenant des mines de la Nouvelle -Ecosse er du Nouveau- Brunswick; là.c'étaientdes minerais d'argent, de

cuivre, de fer; des fertilisateurs minéraux, desasbestes, des marbres et des pierres; plus loin encore nous trouvons les céréales en épis et en grains, des viandes, des légumes, des fruits, du poisson, des tissus, des voitures, des traîneaux, des meubles et autres objets en bois, des pirogues et des barques, des instruments de musique, du matériel scolaire et une foule d'autres articles.

L'exposition la plus importante était naturellement celle des céréales. Elle comprenait plusieurs variétés de froment, d'orge, d'avoine, de mais et de seigle, en grains et en épis. Cette dernière catégorie formait une exposition exceptionnellement intéressante, et constituait une preuve absolue des grandes qualités du sol canadien pour la production des grains.

du (i Pic'.uresque Canada l 'autorisai ion des Editeurs.)'

ie et donnaient totale de 35o à

La section m.neralogique de l'exposition Canadienne était tout aussi intéressante et peut-être plus a trayante Nous avons déjà mentionné les riches spécirrisns de quartz aurifère extraits des mines de la Nouvelle-Ecosse et du Nouveau- Brunswick, et l'on peut se faire une idée de l'abondance de riche minerai dans ces provinces en contemplant les deux gigantesques obélisques dorés qui ornaient la galeri le volume de 1 or extrait pendant les derniers 2o-25 ans 400,000,000 de francs.

Les pêcheries étaient en général représentées par des produits conservés en boîtes, tels que le saumon de la Colombie britannique, les sardines, les homards, le har guano de poisson de la côte de l'Atlantique.

Les autres produits conservés étaient: les légumes abricots, pêches, etc. ; les viandes, bœuf, mouton, etc.

Ces dernières conserves furent trouvées tellement bonnes, et leurs prix si avantageux que le gouvernement Italien conclut de suite un marché avec les maisons qui les avaient exposées pour l'approvisionnement de la marine militaire.

Dans une contrée relativement peu boisée comme la Belgique, et dont les besoins grandissent chaque année, 1 exposition des bois du Canada présentai, un grand intérêt; et, eu égard à l'extension que prennent

les anchois, les huiles de poisson et le principalement les tomates ; les fruits, tels que

KR

les relations entre les deux pays, les produits des forêts canadiennes ne peuvent manquer de fournir matière à de nombreuses transactions.

Les fourrures forment aussi un des produits les plus remarquables du Canada, et la galerie occupée par cette Colonie nous offrait une magnifique collection de peaux d'ours bruns, noirs et blancs, de renard rouge et argenté, de castor, de phoque, de lynx, de rat musqué, de martre et de loutre.

Les produits manufacturés étaient également bien représentés quoique sur une échelle moindre que dans les pays industriels ; il n'en ont pas moins jeté un certain lustre sur l'industrie et l'esprit d'entieprisé-'du peuple : Canadien. Ils comprenaient les tissus de coton et de laine; les objets en cuir et les poteries, ces dernières très dignes de remarque comme ustensiles de ménage. Les boiseries étaient des modèles dans leur genre, et, sous ce rapport, le Canada nous offre une série d'exemples bons à suivre ; les meubles excitaient l'admiration par le goût artistique et le fini de l'exécution.

Les voitures et les traînaux étaient légers, d'une grande élégance et d'une délicatesse d'exécution remarquable. La construction des poêles qui paraissent d'ailleurs convenir admirablement à nos maisons et à notre climat, est fort ingénieuse.

Pour les instruments de musique, le Canada soutint vaillamment et avec succès la comparaison avec les ' autres nations réprésentées à l'Exposition ; ses orgues ont remporté un diplôme d'honneur et mérité un éloge spécial ' des membres du jury qui déclarèrent que ces instruments étaient les meilleurs qu'ils eussent encore rencontrés.

La « Canadian Pacific Railway Company » avait une exposition spéciale dans la Galerie centrale, ainsi qu'un modèle de Ferme des Prairies dans le Parc de l'Exposition. Cette exposition avait pour objet de faire connaître les ressources spéciales que possède la section des Prairies et les facilités qu'elle offre à l'établissement de Colonies agricoles depuis la construction du chemin de fer; elle renfermait une collection intéressante d'échantillons du sol qui s'étend entre Winnipeg et les Montagnes Rocheuses ; des sections faites dans les arbres, des spécimens de charbon, de céréales en grains et en épis, des racines, des légumes et des fruits de la contrée.

Avant la clôture de l'Exposition, Sa Majesté le Roi des Belges fit à la section canadienne une longue visite officielle. Il examina soigneusement tous les produits de la' Colpnie et se déclara hautement satisfait « de cette exposition très intéressante et très pratique; » Sa Majesté ajouta. «.que le Canada méritait de grands « éloges pour être venu prendre part à l'Exposition d'Anvers; malgré ,1a grande distance qui sépare les deux « pays, et qu'Elle espérait bien voir aboutir cette participation à: rétablissement de relations commerciales plus « suivies entre les deux pays, un événement qui serait pour tous deiu une. source de grands; bénéfices. »

Nous applaudissons de tout cœur à ces paroles du Souverain, et nous sommes heureux de pouvoir nous en faire l'écho. Nous espérons que le jour n'est pasTloin;où- nous" yôrrons &e réaliser l'union commerciale dont ces nobles paroles sont le pronostic. ■> '. I

Nil Élfelfen

États Unis

Les quelques produits envoyés par les États-Unis de l'Amérique du Nord, sont loin de donner une idée plus ou moins approximative des immenses ressources que possède ce pays. C'est assez l'habitude des États-Unis de s'abstenir presque entièrement à chacune des grandes Expositions européennes; à Paris entre autres, en 1878, ils n'avaient guère exposé que des ^^ Home Sewing C° ; puis, les vélocipè-

pianos, des conserves alimentaires ^˧S& \ des> représentés par des spécimens

et des machines à coudre. Jp X Je tome beauté; enfin ,es magn;

A Anvers, l'abstention a été tout J^ fiques produits> e„ mélal blanc a,.

aussi complète ; à part quelques «|f ^£ ^M gentê, de kitferiden Britannia Corn-

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M. Henri Cleveland cemment, a la Nouvelle-Or-

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6 prix lui ont ete décernes.

Rendons justice au Commissaire général de cette section, M. Nicolas Fish, Ministre des Etats-Unis à ush, malgré la non-intervention de son gouvernement et le peu d'empressement de ses nationaux,

États-Unis sont, après l'Angleterre, le pays qui produit le plus de fer, et le jour n'est peut-être pas éloigné, où l'Union dépassera sa rivale. L'industrie métallurgique prend de colossales proportions et devient la principale des industries américaines; elle porte sur la fabrication de la fonte, des aciers Bessemer (dont on fabrique des rails), des clous, des machines, des armes, etc. La sidérurgie s'est développée à proximité des gîtes houillers, qui donnent un charbon anthraciteux excellent pour le traitement du fer.

La Pensylvanie, l'Illinoiset l'État de New-York sont, par rang d'importance, les États où la métallurgie est le plus florissant. La culture des plantes industrielles, — coton, céréales, tabac, riz, cannes à sucre, — occupe un grand nomon et de la Californie est une précieuse source de richesse. La

go on y emploie

s'est attaché à tirer le meilleur parti possible des rares produits qui ont été mis à sa disposition. On sait que les Etats-Unis produisent des articles beaucoup plus importants que ceux mentionnés ci-dessus. On eût été désireux de constater les progrès réalisés par ce pays dans le domaine industriel.

Les richesses de toute nature que possèdent les Etats-Unis , jointes aux qualités pratiques qui distinguent les Américains à un si haut degré, ne permettent pas d'assigner une limite au développement dont ce > peuple est susceptible. Nous ne .' pouvons guère faire ici qu'une v ■ rapide énumération des principaux produits de son sol et de son industrie. L'exploitation des mines d'or et d'argent a lieu dans les districts de l'extrême Ouest. Les bre de bras. L'exploitation des forêts de l'Orégi préparation de la viande de porc, salée ou fumée! se faitTurtoml Chlclgo etTslL™iI\"chka;

M. Nicolas Fish,

Ministre des Etats-Unis à Bruxelles

Commissaire général

plus de quinze cents opérateurs et ouvriers, qui tuent, pèlent, ouvrent, découpent de douze à quinze mille bêtes par jour.

Le sol des États-Unis renferme des dépôts de charbon nombreux et productifs, spécialement dans la Fensylvanie, qui est en fait la région houillère la plus considérable et la plus intéressante du monde, et dans le Missouri, qui pourrait fournir dix millions de tonnes par an, pendant une période de i3,ooo ans. Nous ne citons que pour mémoire les riches sources de pétrole des Etats-Unis, qui ont donné naissance du jour au lendemain, à des fortunes fabuleuses.

Le commerce de ce pays suit la marche de l'industrie ; son développement, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, est vraiment prodigieux. Le commerce extérieur se fait principalement avec l'Angleterre; la Belgique y tient le quatrième . rang.

Les principaux articles importés en Belgique sont, les grains, les viandes, les bestiaux, les pétroles, les cotons et les bois. Par contre , les Etats-Unis achètent dans notre pays des armes, des machines, des verres à vitre, des tissus, du plomb, du zinc et des fers.

République d'Haïti

Parmi les pays d'Outre-Mer, représentés à l'Exposition d'Anvers, la République d'Haïti occupe une place distinguée. L'île d'Haïti est la plus importante et la plus riche des îles de l'Archipel des Antilles ;

elle a une population de plus d'un million et demi d'habitants.

La Belgique y expédie des marbres bruts et ouvrés, des clous, des selleries, des brosses, des briques, des ardoises, des huiles, des vinaigres, des étoffes d'ameublement, des dentelles, des tulles et des armes de toutes espèces.

La participation de ce pays à notre tournoi international, est due à l'initiative de S. E. le général Salomon, Président de la République depuis 1879. Le général Salomon, né aux Cayes, a été successivement Sénateur et Secrétaire du Sénat en 1 846, Ministre des Finances et de l'Instruction publique de 1848 à 1859; Il fut exilé de 1860 à 1867 ; il occupa ensuite le poste d'Ambassadeur d'Haïti à Paris de 1867 à 1870 ; Victor, Ministre- de l'agriculture

S. E. le General Salomon, Président de la -République d'Haïti

mais il ne put rentrer dans son pays qu'en 1879, date de son avènement à la Présidence. Depuis qu'il occupe le pouvoir, le général Salomon s'est attaché à relever, par tous les moyens possibles, le crédit de son pays : il a fondé une Banque Nationale, fait entrer Haïti dans l'union monétaire latine, dans l'union du mètre français et dans l'union postale. II a fait ouvrir à Port-au-Prince, il y a quatre ans, une exposition générale des produits d'Haïti ; il a donné des terres aux paysans, et par dessus tout, il a dompté les révoltes et pacifié le pays, On voit que les sept années de sa présidence n'auront pas été stériles.

Les mesures d'exécution concernant l'exposition d'Haïti à Anvers, ont été confiées à S. É. M. B. S.

elles ne pouvaient être. en de meilleures mains, C'est par ses soins que les différents produits ont été réunis et expédiés.

Enfin, M. Henri Hoeylaerts, consul de la République d'Haïti à Bruxelles, a été désigné en qualité de Commissaire général. -

M. H. Hoeylaerts, propriétaire à Bruxelles, y remplit depuis plusieurs années les fonctions de Consul

de la République d'Haïti.

Le Gouvernement Haïtien l'a chargé, à plusieurs reprises, de missions de confiance. Il a représenté

officiellement la République aux Expositions Universelles de Paris 1878 et d'Amsterdam i883. Le Président

de la République et la Chambre des Députés lui ont à cette occasion voté des remerciements pour le zèle et

le dévouement dont il avait fait preuve dans la défense des intérêts du Pays.

Il est l'auteur de deux ouvrages sur Haïti, le premier lui a valu la médaille d'or et le titre de Lauréat

de la société de Statistique de Paris, et le second une médaille dans la section bibliographique de l'Exposition

d'Anvers.

Il est Membre correspondant de la Société de Géographie de Genève, de la Société de statistique de

Francfort, de la Société Royale de Géographie d'Anvers, de la Société Royale de Géographie de Lisbonne et

d'un grand nombre de sociétés savantes.

lia réuni, sur le Pays qu'il représente, des collections très rares et très intéressantes, de monnaies,

du Pays, exposés par les premières maisons d'Haïti , Simmonds, Barbancourt, Brekenridge. Le Gouvernement expose de magnifiques échantillons de cette denrée, qui tient une place considérable sur les marchés du monde par sa quantité et sa qualité.

Nous remarquons en second lieu une belle collection de bois exposée par M. l'abbé Weick, Directeur du Musée de Port-au- Prince. Le même exposant a envoyé des photographies qui donnent une idée très complète; du Pays ; à citer également une collection d'objets caraïbes, des pétrifications diverses, une collection de poissons, armes, requins, etc., ainsi qu'une collection de coquillages et des observations météorologiques faites par l'exposant à l'observatoire

médailles, livres, cartes, plans, minéraux, gravures, etc. ; sa collection de monnaies a obtenu à l'Exposition d'Amsterdam et à l'Exposition d'Anvers la plus haute récompense, la médaille d'or.

Parmi les pays d'outre-mer, représentés à l'Exposition, un des plus remarquables, tant au point de vue du goût de l'installation, que de la beauté et de la richesse de ses produits, est sans conteste la République d'Haïti.

Décorée de tentures et d'étendards aux couleurs nationales bleu et rouge, meublée de vitrines artistiques en bois de chêne sculpté, la section Haïtienne est un salon des plus coquets.

Tout d'abord nous y trouvons de nombreux échantillons de café, la principale richesse

M. Henri Hoeylaerts, , Consul de la République d'Haïti à Bruxelles, Commissaire général de la Section Haïtienne

de Port-au-Prince.

Le Gouvernement expose de très beaux minerais de fer, du charbon, des rotangs, de la ramie et des fibres de pite remarquables.

M. Paul Elie expose des cafés très bien préparés, ainsi qu'une collection de fibres très intéressantes.

La maison Barbancourt expose d'excellents rhums, et Madame Percin, des liqueurs de premier ordre.

Outre les autres produits de l'agriculture dont il a été fait mention, nous trouvons encore: le cacao, la canne à sucre, le bois de campêche, le tabac, de magnifiques cotons, ainsi que de la cire, des graines diverses, des écorces, des pistaches, etc.

La partie bibliographique comprend divers ouvrages sur Haïti par MM. le Général Légitime, le Docteur Janvier, Hoeylaerts et Emmanuel Edouard.

Un des points les plus intéressants de l'Exposition d'Haïti est une remarquable collection de monnaies et de médailles qui est la propriété de M. le Commissaire Général de la Section ; cette collection est accompagnée d'une brochure, notice explicative de chacune des pièces, mentionnant la date de la frappe, le millésime et l'occasion à laquelle elle a été mise en circulation ou le souvenir historique qui s'y rattache.

Cette collection numismatique est l'une des plus curieuses et des plus complètes que l'on connaisse.

Toutes ces pièces dont le nombre s'élève à 150 environ, diffèrent entre elles par un caractère quelconque, soit par la frappe, le millésime ou la gravure.

Disons à ce propos que M. Hoeylaerts possède des collections uniques sur Haïti, et que l'on ne peut rencontrer dans aucun musée, ni dans aucune collection particulière, et dont la réunion est le résultat de longues et patientes recherches.

Vue de la Section Haïtienne

Quarante-cinq récompenses et deux diplômes d'honneur ont été accordés à la Section Haïtienne ; ce résultat démontre à toute évidence et l'importance de l'Exposition et les pas rapides que fait ce pays dans la voie du travail et du progrès.

On ne saurait assez féliciter le Gouvernement Haïtien de la part brillante qu'il a prise à l'Exposition, et des nombreux succès qu'il y a obtenus.

L'Empire Ottoman

Le u novembre 1884, c'est-à-dire, quelques mois à peine avant l'ouverture de l'Exposition Universelle d'Anvers, Son Excellence E. Carathéodory Efendi, Ministre Plénipotentiaire et Envoyé Extraordinaire de S. M. l'Empereur des Ottomans à Bruxelles, désigna M. Alph. Allard, Consul général de Turquie, en qualité de Commissaire général. M. Albert Van de Vin, Vice-consul de Turquie à Anvers, fut nommé Commissaire adjoint.

M. le lieutenant d'artillerie Baron Armand de Bonhomme, voulut bien remplir les fonctions de Commissaire adjoint de M. Allard à Bruxelles, et M. D. De Luyck, chancelier du Consulat général de Turquie, celles de Secrétaire.

Il a fallu tonte l'activité et tout le zèle de M. Allard et de ses trois dévoués auxiliaires, pour mener à bonne fin la tâche qu'ils avaient assumée. Les difficultés étaient nombreuses, d'autant plus que le gouvernement Ottoman

ne désirait contribuer en rien aux dépenses nécessitées par cette entreprise. Le travail des mandataires de la Turquie a été entièrement désintéressé. M. Allard , par de nombreuses démarches personnelles, et par d'habiles négociations avec le Commissariat général, le Comité Exécutif de l'Exposition et la douane, est parvenu à surmonter tous les obstacles. Il a su donner à l'exposition Ottomane une place très honorable, eu égard aux circonstances spéciales dans lesquelles il s'est trouvé, par suite de la non-intervention du gouvernement et de sa nomination tardive au poste de Commissaire général.

L'Empire Ottoman est une monarchie constitutionnelle dont

M. Alp. Allard,

Consul général de Turquie à Bruxelles

Commissaire général de la Section Ottomane

le souverain, l'Empereur des Ottomans, porte les titres de Sultan et Padishah (Empereur- Roi) en même temps que celui d'Emi-ul-muménin (chef des croyants).

Le grand Vizir remplit les fonctions de premier ministre, président du conseil ; il a le titre d'Altesse, de même que le Cheikh-ul-Islam, qui vient immédiatement après lui et qui est le représentant du pouvoir spirituel du Califat de l'Islam. Le Cheikh-ul-Islam, nommé par le Sultan, est le chef des Ulémas, corps judiciaire et religieux, dont l'attribution essentielle est l'interprétation de la loi.

A côté de ces deux plus hauts fonctionnaires de l'Empire, prennent place dans le conseil

des ministres, les ministres-secrétaires d'Etat à portefeuille, les ministres sans portefeuille et certains hauts fonctionnaires ayant rang de ministre, tels que le Président du conseil d'État, le Directeur général des douanes, les sous-secrétaires d'Etat, du grand Vizirat et des Affaires Étrangères, etc., etc.

Le conseil d'État a pour attributions de discuter et d'approuver toute loi soumise, avant son exécution, à la haute sanction de S. M. I. le Sultan.

Les titres de Pacha, bey, efendi, agha, sont des titres de noblesse personnelle, avec une hiérarchie déterminée.

Les employés des chancelleries et de la magistrature portent surtout les titres de bey et d'efendi, indépendamment des grades hiérarchiques.

Les rangs civils correspondent aux rangs militaires; ainsi les deux rangs de la l™ classe des fonctionnaires civils, correspondent au grade de général de division. ou de brigade; ceux des deux :rangs de la 2e'classe, à ceux de colonel et de lieutenant-colonel et ainsi de suite. Au-dessus des cinq classes de fonctionnaires civils, il y a le grade intérimaire de Bala, prenant le pas sur le général de division, mais au-dessous du maréchal (Muchir), et le Vizir, correspondant au rang de maréchal. Le Ministre de la Guerre porte aussi le titre de Seraskier (chef de l'armée).

Les emplois publics sont également accessibles aux Musulmans comme aux non- Musulmans. Un selfgovernment étendu est reconnu aux diverses populations de l'Empire, qui forment des communautés distinctes pour leurs affaires administratives et communales.

L'Agriculture est assez développée dans certaines parties de l'Empire Ottoman ; nous devons constater

cependant l'absence complète de céréales à l'exposition; elles sont, il est vrai, suffisamment connues sur le marché d'Anvers, mais ce n'est pas pour Anvers seul que l'Exposition a été faite. La principale céréale est le maïs, que l'on cultive dans toutes les plaines; celui de Philippopoli est particulièrement estimé. Les plantes industrielles sont : le chanvre, qu'on cultive un peu partout; le lin, le coton, dans les vallées chaudes; le tabac, dont plusieurs provenances sont très estimées. La Société de la Régie, co-inîêresséè des Tabacs, institution toute récente, dans laquelle le gouvernement est largement intéressé, a vu décerner le diplôme d'honneur à son exposition de tabacs en feuilles, de tabacs hachés, de cigarettes turques et de tabacs à priser. Cette haute distinction accordée à une société qui expose pour la première fois, témoigne suffisamment de la valeur de ses produits. Les cultures arborescentes de la Turquie, sont l'olivier qu'on y trouve en abondance ; le grenadier, le figuier, l'amandier, l'abricotier, qui croissent dans les vallées; le noyer qui tapisse les pentes des montagnes; le rosier que l'on cultive pour faire de l'essence de roses, au pied des Balkans et surtout près d'Andrinople; le géranium dont on fait aussi des essences ; le mûrier, qui nourrit le ver à soie et qui forme des forêts entières sur les bords de la mer Noire; et enfin, la vigne, qui donne de gros et beaux grains; on les consomme comme

Vue du Port de Constantinople

raisins de table et comme raisins secs; on en fait aussi des vins estimés: vins du Mont Athos, vins des Dardanelles, vins de Crête, etc. Ces vins, totalement inconnus ici, n'ont figuré qu'en petite quantité à l'Exposition ; M. Gerassimo P. Valsamos a obtenu une médaille d'or, pour ses raisins secs et ses vins. La même récompense a été attribuée à S. E. Fayh Pacha, G. délia Suda, pour sa remarquable exposition d'opiums, de gommes adragantes , de résine et racines de scammonée. Cet exposant a gracieusement offert la collection de ses produits au musée d'échantillons et au laboratoire de l'Institut Supérieur de Commerce d'Anvers.

L'activité industrielle est très faible dans l'Empire Ottoman. En dehors de quelques établissements industriels qui appartiennent à l'État, il y a fort peu d'usines de quelque importance. Celles qui existent sont pour la plupart mal outillées et produisent peu. Les moulins à vapeur de Sténia, sur le Bosphore, semblent seuls échapper à cette loi générale; cette usine fournit beaucoup de farine à Constantinople et commence à en exporter.

11 y a quelques exploitations manufacturières d'étoffes riches, de tapis, de tissus de soie, etc. Cette industrie est représentée à Anvers par MM. Elia Souhami Sadullah & C", de Constantinople, qui exposait de beaux spécimens de tapis Daghestan, Soumac, Khiva, etc.; des rideaux de Damas, en or et unis, en soie, en laine et en coton; des dentelles et des broderies en tous genres, anciennes et modernes; cette belle exposition a obtenu deux médailles de bronze et une mention honorable. Les tapis de la maison que nous venons de citer ont eu beaucoup de succès. On ne peut que regretter l'abstention des fabricants des célèbres tapis de Smyme, abstention qui a pour conséquence de favoriser la concurrence des produits similaires de l'Europe Occidentale, des Indes et du Nord de l'Afrique. Nous regrettons également l'absence presque complète des riches tissus de

Façade de la Section de l'Empire Ottoman

soie et d'or de Bagdad, des châles de Damas aux couleurs inaltérables, des serviettes et du linge de table de Salonique et de Philippopoli; des étoffes de laine d'Andrinople et de bien d'autres produits, que l'Empire Ottoman eût pu exposer avec fruit. L'industrie de la préparation des peaux est très active. Les cuirs de fabrication Ottomane ne sont pas prohibés en Europe, mais l'élévation des droits arrive au même résultat et leur importation est impossible. Les peaux chagrinées, dites maroquins, sont supérieures à tout ce que nos tanneurs 'produisent en ce genre; on a pu en juger par l'exposition de M. Jacob Abufhelé, de Bethléem.

Section Ottomane

Les produits minéraux de l'Empire faisaient absolument défaut dans la section Ottomane ; cependant on les trouve en abondance dans certaines régions : le plomb et l'argent en Roumélie, en Asie Mineure et au Mont Pelion; le cuivre dans la chaîne du T auras; le charbon en Asie Mineure et dans le voisinage d'Héracléé, etc. Ces richesses sont pour la plupart improductives ; quelques-unes, exploitées dans le temps et non sans succès, sont maintenant abandonnées ; d'autres, quoique en activité, ne donnent guère de résultat, à cause de l'exploitation défectueuse, du manque de communications et de moyens de transport.

Nous n'avons rien dit, et pour cause, des nombreux étalages où des marchands empressés offrent aux passants les mille riens qui remplissent leurs magasins. Ce sont toujours les mêmes objets, sacrés et profanes, qu'on retrouve à toutes les Expositions : des chapelets et des pipes orientales, des croix et des bijoux, des flacons d'eau de rose, des articles divers en bois d'olivier, en nacre, etc. , etc. Cela ressemble plutôt à un bazar qu'à une Exposition, mais le visiteur s'y arrête volontiers et nous sommes persuadé que ces marchands-exposants ont atteint leur seul but, qui est d'écouler leurs marchandises.

La Serbie

La Serbie, placée aux confins de la Turquie d'Europe, dont elle fut longtemps tributaire, a des limites naturelles bien marquées. Au Nord, la Save et le Danube, la séparent des confins militaires autrichiens de l'Esclavonie, du Banat et de la petite Valachie ; à l'Est, la rivière de Timok et les épaisses montagnes

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