‹ Anvers et l'Exposition universelle, 1885Chapitre 78 sur 125 · M. Milan · texte numérisé non relu

M. Milan

Roi de Serbie

S. M. Nathalie, Reine de Serbie

de Starra, ramifications des Balkans, la séparent de la Bulgarie; au Sud, des monts escarpés et élevés l'isolent de la Turquie; à l'Ouest, la Drina limite son territoire du côté de la Bosnie.

Sa superficie est de 49,000 kilomètres carrés. Sa population, qui n'était, en t834, que de 700,000 âmes et de 1,200,000 en 1866, atteint aujourd'hui le chiffre de 2 millions d'habitants, dont 1,600,000 Serbes, 160,000 Valaques et une certaine quantité de Juifs, de Turcs et de Bohémiens Tziganes.

Ces chiffres ne sont qu'approximatifs, les recensements étant fort difficiles dans les pays Danubiens, à cause du mélange de toutes les nationalités, qui existe là plus que partout ailleurs.

La capitale de la Serbie est Belgrade, qui est en même temps une foiteresse de premier ordre.

Dans la partie Septentrionale de la Serbie, le long de la Save, du Danube et de la Morava, le sol présente de grandes plaines, de l'apparence la plus fertile; mais partout ailleurs, il est montagneux, couvert de forêts, creusé de profondes et fertiles vallées.

Le sol, en général très fertile, est peu cultivé; environ un millier d'hectares seulement sont mis en culture et produisent abondamment le blé, l'avoine, le maïs, le chanvre, le lin, le tabac, et, dans quelques vallées bien exposées, le raisin. De vastes et bons pâturages servent à l'élève des bestiaux.

L'industrie Serbe est donc à peu près entièrement pastorale; ses principaux articles d'exportation sont les céréales, le bétail, les porcs, les peaux de mouton et de chèvre, et les pruneaux.

Le gouvernement de la Serbie est une monarchie constitutionnelle représentative héréditaire. Le roi gouverne avec le concours de deux assemblées : la Skouptchina, qui a les droits et le caractère d'une assemblée délibérante ordinaire, et un Conseil d'Etat, chargé de l'élaboration des lois, et d'autres affaires importantes.

Le gouvernement royal de la Serbie a répondu, un des premiers, à l'appel de la Belgique, et ses

ministres du commerce, M.Goudovitch, et plus tard M. Rajovitch, n'ont rien négligé, pour que la participation de leur pays fût aussi complète que possible. Nous sommes heureux de voir que leurs efforts n'ont pas été stériles ; la section Serbe, en effet, ne manque ni d'intérêt ni de distinction. Hâtons-nous de dire, que le gouvernement a eu la main heureuse dans le choix de ses mandataires. Le Commissaire général, M. Julien de Borchgrave, et M. Jephrem Novacovitch, le Commissaire adjoint, ont fait preuve, dans l'organisation de leur section, d'un ,, , ,. , „ . ° AI. Julien de Borchgrave esprit d'ordre bien entendu et .

t Commissaire gênerai de la section serbe

d'infiniment de goût.

Dans le fond du compartiment Serbe, se trouvent les portraits de

Le gouvernement belge a rendu un juste hommage aux services rendus par MM. de Borchgrave et Novacovitch, en leur décernant la croix de Chevalier de l'Ordre de Léopold.

La façade du compartiment Serbe est formée de draperies orientales en velours grenat, surmontées d'un écusson armorié, entouré de drapeaux aux couleurs rouge, bleu et blanc, disposés en trophée.

Le gouvernement de là Serbie a envoyé à Anvers une collection d'échantillons des principaux produits du commerce de ce pays. Ces produits sont nombreux et d'un prix relativement peu élevé, famille royale. Ce fut en 18

que le prince Milan, actuellement régnant, fut appelé à prendre possession de sa principauté ; il étudiait, à cette époque à Paris, sous la direction intelligente d'un savant belge, M. Huet, ex-professeur à l'Université de Gand. En 1877, à la suite de la guerre Turco-Russe, la Serbie fut affranchie de la suzeraineté de la Turquie et érigée en Principauté indépendante. En 1882, la Serbie devint un royaume : le prince Milan fut alors proclamé Roi, sous le nom de Milan Ier.

La reine Nathalie, la souveraine aimée de la Serbie, est Russe par son père, le colonel Kechko et Roumaine par sa mère, la princesse Pulchérie de Stourdza, mais elle est Serbe par le cœur. Elle l'a prouvé en maintes circonstances. Son courage a grandi au milieu des épreuves. Rien n'a pu ébranler sa fermeté et sa confiance dans l'avenir de son pays d'adoption. Le malheur l'a trouvée debout, vaillante et forte: c'est dans la nuit que brillent les étoiles. Très belle, très intelligente, très instruite, la reine Nathalie est avant tout pleine de sollicitude pour son peuple- qui lui rend en amour ce qu'elle lui donne en dévouement.

S. A. R. le prince héritier, né en 1876, est l'unique descendant du couple royal des Obrenovitch, dont l'histoire est si intimement liée à celle de la Serbie.

Ces portraits se détachent vigoureusement sur un fond de tapis orientaux.

Ces tapis, œuvre de la femme Serbe, sont tissés à la main.

Les tapis ne forment pas la seule industrie de ce genre. Dans le compartiment Serbe, on remarque aussi des tissus magnifiques, également travaillés à la main.

L'orfèvrerie serbe est très bien représentée. Elle nous montre quelques objets en filigrane, et des bijoux repoussés au marteau, et façonnés dans le style oriental.

Les costumes nationaux de la Serbie sont aussi nombreux que variés. Ils sont confectionnés avec un soin remarquable. Cette intéressante collection comprend les costumes de toutes les classes de la société, depuis les riches toilettes en soie gris perle, brodées d'argent, jusqu'aux corsages et aux jupons bariolés des paysannes de la Kraïna.

La collection des essences, exposée par la section forestière du ministère du commerce serbe, est des plus remarquables.

Les connaisseurs s'arrêtent avec curiosité devant les produits minéralogiques, connus de longue date, puisque les Romains les exploitaient déjà.

Les échantillons de la collection minéralogique serbe à l'Exposition d'Anvers, sont nombreux et possèdent de sérieuses qualités.

On rencontre, parmi les produits de cette classe, différentes espèces de charbon, des graphites, des lignites, des marbres, des ardoises, des grès, du cuivre, du plomb, du zinc, du fer, du mercure, du manganèse, de l'or, de l'argent, de l'antimoine, et un corps nouveau, appelé Avalite, découvert par M. le pro-

fesseur Kleritch, dans les mines d'Avala.

L'agriculture serbe a envoyé de nombreux produits qui attestent la richesse et la fertilité du sol.

Le tabac, on le sait, est un des principaux produits de la Serbie ; dans ce pays même, sa consommation est énorme.

C'est en réalité de la Serbie que viennent la plupart des tabacs dits Turcs. Ceux d'AIexinatz et de Bai'na Bachta, jouissent d'une vogue très méritée et les amateurs apprécient fort leur excellente qualité. A l'Exposition d'Anvers, la section Serbe expose de ces tabacs qui ont le meilleur aspect, et qui valent de 120 à 200 francs les cent kilogrammes.

M. Ephrem Novacovitch Commissaire adjoint de la section Serbe

Le sol de la Serbie est d'une fertilité telle que, dans certaines parties du pays, la culture se fait sans aucune interruption et sans le secours d'engrais ou d'autres moyens artificiels. Les produits agricoles exposés reflètent cette heureuse situation. Il est rare d'admirer d'aussi beaux types de froment, de seigle, de millet, d'orge, de sarrasin, d'avoine et de maïs; des haricots à côté de lentilles, de fèves et de petits pois de toute beauté.

Un autre produit fort en honneur en Serbie, c'est le pruneau.

La prune est cultivée partout ; il n'est pas un village, pas un bourg, pas un hameau, si petit qu'il soit, qui n'ait ses enclos plantés de pruniers ; dans certains départements, les arbres

qui produisent ce fruit, poussent en véritables forêts, dont la culture fait l'objet de soins assidus.

Le commerce des pruneaux atteint annuellement un chiffre d'affaires très élevé; l'exportation se fait sur une très large échelle.

La viticulture en Serbie est fort en honneur; depuis des siècles on y cultive la vigne, et cette culture, grâce aux efforts du gouvernement, et à l'exemple du roi Milan lui-même, qui est un des principaux producteurs du pays, prend, de jour en jour, une extension plus considérable.

L'exportation des vins de la Serbie est très importante et des connaisseurs affirment que le crû de ce pays justifie pleinement sa renommée.

Une autre branche de l'industrie nationale serbe, c'est la fabrication des eaux-de-vie; la prune, ici encore, fournit en grande partie la matière première. L'eau-de-vie serbe s'exporte peu, elle sert plutôt aux besoins de la consommation indigène.

Les échantillons d'eau-de-vie, exposés par M. Badjak, de Jagnilo, et Petrovitch, de Svilaïnatz, sont remarquables par leur âge, ils datent de 1844. Un autre échantillon de M. Neschitch, de Schabatz, porte la date respectable de 1842!

Les produits de la Serbie sont si nombreux que, pour rester dans les limites que nous impose le cadre de cette publication, nous ne pouvons en rendre compte d'une façon plus détaillée.

Nous ne finirons pas sans insister sur ce point, qui nous parait essentiel : l'utilité pour la Belgique et la Serbie de se mieux connaître dans l'avenir. 11 nous semble que la Belgique aurait un immense intérêt

Vue générale de la section Serbe

à développer ses relations commerciales avec la Serbie; ce pays est neuf et il est ouvert à la civilisation européenne. C'est le moment d'y créer des débouchés nombreux et faciles, pour les produits de notre industrie nationale.

-^HMiPft-*-

Le Brésil

uand l'Exposition Universelle d'Anvers fut annoncée, le gouvernement brésilien, sans y prendre une part officielle, encouragea une puissante société à y participer.

Le Brésil, qui comprend la quinzième partie de la surface terrestre du globe, la cinquième du nouveau monde et plus des trois septièmes parties de l'Amérique Méridionale, s'étend de 5" lo' de Latitude Nord à 33» 46' 10" de latitude Sud et de 8° 21' 24" de longitude Est à 32" de longitude Ouest de Rio-de-Janeiro.

Ses côtes ont un parcours de 7,920 kilom. et l'on évalue la surface de cet énorme empire à 8,337,218 kilomètres carrés, soit 16 fois celle de la France ou de l'Allemagne et 276 fois celle de la Belgique.

Le sol est accidenté parde nombreuses chaînes de montagnes, surtout vers l'Est et le Sud. Les principales sont celles d'Espinhaço ou de Mantiqueira, celle du Mar, celles des Vertentes, de Paracaïma et de Tumucumaque. Le centre est également montagneux ; on y trouve de larges et hauts plateaux. Le Nord comprend le plateau de l'Amazone et tout le pays est arrosé par des cours d'eau considérables, dont le plus important est l'Amazone qui parcourt une distance de 3,828 kilomètres et qui reçoit les eaux de dix-huit affluents, dont le Tocantins, le Rio-Negro et l'Araguaya sont les principaux.

L'empire du Brésil possède quarante-deux ports, dont plusieurs sont excessivement vastes et sûrs. En première ligne vient celui de Rio-de-Janeiro qui a 198 kilomètres de circuit ; puis ensuite, du Nord au Sud, on trouve ceux de Para, Maranham, Parahyba, Pernambuco, Maceiô, Aracaju, Bahia, Ilheos, Santa- Cruz, Porto-Seguro, Victoria, Santos, Paranaguâ, Santa-Catharina , Rio-Grande-do-Sul, etc.

Il y a au Brésil deux climats bien distincts : dans la zone intertropicale il est à la fois chaud et humide pendant la saison des pluies ; hors de ces limites, il est tempéré et sec.

Dans les provinces de Cearâ, Pernambuco, Parahyba et Rio-Grande-do-Norte, la chaleur est considérable et le défaut de pluies y détermine parfois des sécheresses extraordinaires ; mais le climat devient très tempéré à mesure que l'on s'approche des provinces du Sud et il est semblable à celui du printemps de l'Europe dans le Paranà, Rio-Grande-do-Sul,. Santa Catharina et Minas. Le thermomètre y descend à 0° et quelquefois même, quoique rarement, à 2°5 au-dessous de o.

En été, les températures de 36" sont fréquentes, même à Rio-de-Janeiro pendant quelques heures de la journée ; cependant la chaleur y est peu sensible à cause de l'extrême sécheresse de l'air. Les nuits sont presque toujours fraîches.

La moyenne de l'été ne dépasse souvent celle de l'hiver que de 3° comme il arrive dans la province de l'Amazone ; entre le jour et la nuit ii n'y a qu'une différence de 7°.

Les mois les plus chauds dans le Brésil méridional sont décembre, janvier et février ; juin et juillet sont les mois d'hiver, c'est-à-dire de pluie, car tout le restant de l'année y ressemble au printemps dans les contrées du midi de l'Europe.

Le climat du Brésil est généralement très sain, sauf dans quelques localités à terrains bas et marécageux où, à certaines époques, régnent les fièvres intermittentes. La statistique des villes populeuses de l'Empire prouve même que les conditions de salubrité du pays sont comparativement supérieures à celles de beaucoup de capitales en Europe. Les cas de longévité y sont nombreux.

On a exagéré les ravages de la fièvre jaune, qui sévit parfois à Rio et dans quelques autres ports. La

vérité est, qu'aujourd'hui que cette maladie est bien connue et lorsque les malades sont traités dès le début de la contagion, ils guérissent presque tous. La fièvre jaune ne fait pas annuellement au Brésil plus de victimes, relativement, que la fièvre typhoïde ou la petite vérole n'en font en France ou en Belgique.

L'empire du Brésil est libre et indépendant, depuis le 7 septembre 1822.

La forme du gouvernement est monarchique, héréditaire, constitutionnelle et représentative.

La dynastie régnante est celle de Dom Pedro 1er, fondateur de l'empire, premier empereur et père de

S. M. Dom Pedro II, Empereur du Brésil

Dom Pedro II, le souverain actuel.

La religion catholique est la religion de l'Etat.

Toutes les religions sont tolérées et personnelle peut être inquiété pour motif religieux. On exige seulement que la morale publique ne soit pas offensée et que la religion de l'État soit respectée.

La population du Brésil peut être évaluée aujourd'hui à environ i3,ooo,ooo d'habitants. Les étrangers figurent dans ce nombre pour plus de 3oo,ooo dont la moitié est composée de Portugais. Les autres nations forment le restant où dominent les Allemands et les Italiens.

Voici la population relative de chacune des provinces qui composent l'Empire à la fin de i883 :

Amazonas . Ch:f-l:ey

Para »

Maranham »

Piauhy »

Cearâ »

Rio-Grande-do-None »

Parahyba »

Pernambuco »

Alagûas .......... ?>

Sergipe »

Bahia »

Espirito-Santo »

Rio-de-Janeiro . »

Mimicipe neutre »

San-Paulo »

Paranà »

Santa-Catharina »

Rio-Grnnde-do-Sul »

Minas-Geraes »

Goyaz »

Matto-Grosso »

Indiens sauvages

Manàos 80,942 habitants.

BcIem-do-Par,i 343,5i i

San-Luiz

Theresina

Fortaleza

Natal

Parahyba

Rscife 1,0:4,700

Maceio

Aracajû

Bahia

Victoria

Nictheroy

Rio-de-Janeiro

San-Paulo

Corityba

Desterro

Porto-Alegre 3ôS,7o3

Ouro-Preto 2.449,010

Goyaz 191,71 1

Cuyaba 72,031

43o, o5g 239,691 722,000 2 G 9,0 5 [ 432,Si7

JtJ7î J79

Total . . . 12,602,97s habitants.

Le nombre des Indiens sauvages se réduit chaque jour et il faut aller dans l'intérieur des terres

pour rencontrer encore des chefs d'Indiens Caijowa comme celui que représente notre gravure ; dans peu d'années ce type n'existera plus qua l'état légendaire.

Le recensement donne les chiffres suivants sur la population des principales villes au 3i décembre i883:

Rio-de-Janeiro, capitale de l'Empire .... Nictheroy, chef-lieu de la province de Rio-de-

Recife ou Pernambuco .

Belem-de-Parâ .

400,000 habitants.

3o.ooo »

i3o,ooo »

San-Paulo 40,000 habitants.

San-Luiz de Maranham 35, 000 »

Porto-Alegre. .... 3 5, 000 »

Ouro-Preto 20,000 »

Rio-Grande 18,000 »

Santos 14,000 »

D'après la loi du 28 septembre 1871, quiconque naît au Brésil est libre. Les esclaves au service de la nation et de la maison impériale ont été déclarés libres le jour de la promulgation de la loi. On affranchit successivement tous les autres. Le gouvernement s'occupe journellement d'augmenter les fonds consacrés à l'émancipation officielle qui est devenue une aspiration nationale à laquelle tous les partis politiques de l'Empire se dévouent avec autant de loyauté que de justice.

Pour donner une idée de l'importance qu'à prise aujourd'hui la capitale du Brésil, nous dirons qu'elle

a plus de 3o, 000 maisons dont la valeur locative, d'après les documents officiels, est de près de 75 millions de francs.

La ville a 820 rues et 2i5 ruelles, de nombreux édifices, tant civils que religieux et de belles places et promenades publiques, parmi lesquelles le « Campo d'Acclamaçâo »

presque aussi grand que le « Champ de Mars »

à Paris, et formant un square avec de beaux arbres, un ruisseau, etc.

Le Rio-Negro

Recife ou Pernambuco est une ville de grande importance commerciale; elle se divise en trois quartiers.

Tous les Brésiliens sont tenus de prendre les armes pour défendre l'indépendance et l'intégrité de l'Empire.

La force publique comprend l'armée, la marine de guerre, la garde nationale et les corps de police ou gendarmerie.

L'armée de païx composée de corps spéciaux

compte environ 16,000 hommes, mais en cas de guerre, l'effectif est porté à 32, 000. Ce chiffre peut même être considérablement augmenté dans les circonstances extraordinaires, comme cela est arrivé dans la guerre avec le Paraguay (1864-1870} pendant laquelle le Brésil a eu jusqu'à 80,000 hommes sous les armes.

La flotte se compose de 5g navires, dont 14 cuirassés. Il y a parmi ces bâtiments 1 frégate, 7 corvettes, i5 canonnières, 10 cuirassés, 2 transpors, 8 torpilleurs et 1 brick. On vient de construire à Londres le Riachuelo et l'on achève XAqiddaban, deux énormes navires cuirassés qui, joints au Solimôes, au Javary et au Sete-de-Setembro, que possède déjà l'Empire, formeront un ensemble formidable. Le nombre des canons de la flotte brésilienne est de 200 ; cette flotte représente une force à vapeur de plus de 12,000 chevaux.

Il y a des arsenaux de guerre dans la capitale de l'empire et dans les provinces.

L'arsenal de Rio-de-Janeiro, qui est le principal, est chargé de la fabrication des armes, de la confection des uniformes, de l'équipement, de la flotteiïe, des machines, des appareils et de tous les autres articles nécessaires à l'armée.

Il y a cinq arsenaux de marine dans l'empire; celui de Rio-de-Janeiro est le plus important; il est organisé pour construire tout le matériel flottant et fabriquer la majeure partie du matériel de guerre.

3oo ouvriers y sont employés.

L'enseignement public est gratuit au Brésil. Le tableau suivant montre l'accroissement successif du nombre des écoles primaires ainsi que des élèves depuis l'année 1857.

:,5rp écoles comptant 70,124 élèves.

En outre de ces écoles primaires gratuites, entretenues par les gouvernements provinciaux ou par l'État, il y a des lycées pour l'enseignement moyen et de nombreuses institutions particulières.

Nous citerons les Facultés de médecine de Rio-de- Janeiro et de Bahia ; les Facultés de Droit de Saint-Paul

L 'Amusons

et de Pernambuco ; l'École Polytechnique; l'École Militaire; celle de Marine; l'École Normale; l'Académie des Beaux-Arts ; le Conservatoire de Musique ; l'Institut Commercial ; le Lycée des Arts et Métiers ; l'Institut impérial des Jeunes Aveugles; celui des Sourds-Muets; l'Institut agricole et divers séminaires; tous ces établissements sont dans la capitale de l'empire. Il y a encore une École des Mines à Ouro-Preto (chef-lieu delà province de Minaa-

Poly technique 6,000 volumes ; la Bibliothèque Militaire 2,100 volumes

Geraes) habilement dirigée par le savant M. Gorceix.

Bahia, Pernambouc, Rio-Grande-do-Sul et Sergipe possèdent également des Instituts Agricoles.

La Bibliothèque Nationale de Rio possède i35,ooo volumes et plusieurs manuscrits de grande valeur. La section des cartes géographiques, plans, etc. compose une collection de 220 volumes outre 3oo cartes détachées concernant en majeure partie le Brésil. Les manuscrits, les dessins forment 1200 volumes. La section des estampes possède 6000 gravures qui représentent toutes les écoles. La Bibliothèque delà Faculté de Médecine compte i7,3i7Volumeset grand nombre de brochures. La Bibliothèque de la Marine a iq,ooo

et celle des Beaux-Arts, i,ooo. Mais la plus riche de toutes peut-être par l'importance . et la rareté de ses œuvres sur l'histoire naturelle, est la Bibliothèque du Musée National qui compte plus de 8,000 volumes fort précieux.

Parmi les bibliothèques particulières, on remarque celle du monastère San-Bento contenant 8,000 volumes ; celles des couvents de Santo-Antonio et du Carmo ; puis la Bibliothèque Fluminense (42,000 volumes); le Cabinet de lecture portugais 52,000 et enfin celle de l'Institut Historique, Géographique et Ethnographique du Brésil qui possède 6,841 volumes sur l'histoire nationale, 636 manuscrits rares et 570 cartes géographiques.

Chef d'Indiens Caijowa volumes; celle de l'École

On peut citer, dans les provinces, les Bibliothèques de Monâos, de Para, de Maranham, de Cearâ, de Per

nambuco, de Rio-Grande-do-Norte, d'Alagoas, de Piauhy, celle de Bahia (20.000 volumes), de Saint-Paul (10, coo

volumes) puis enfin celles de Santa-Catharina, de Goyaz, de Matto-Grosso, Fortaleza, Maceyo et Ouro-Preto.

Les maisons de charité sont très nombreuses au Brésil.

En première ligne, à Rio -de- Janeiro, il y a la Santa Casa da Misericordia, fondée en i6o5, l'un des hôpitaux les plus importants du monde. 11 reçoit tous les malades, quelle que soit leur nationalité ou leur religion. L'Hospice des enfants trouvés et le refuge des orphelines dépendent de la Santa Casa da Misericordia. Il y a également le Refuge de Ste-Thérèse pour les jeunes filles pauvres; un Hôpital à la Gamboa pour les maladies contagieuses. Le magnifique Hospice de D. Pedro II est spécialement destiné aux malades atteints d'aliénation mentale.

Presque toutes les provinces possèdent des hôpitaux ou des institutions protectrices des indigents et des malheureux. Les Brésiliens sont essentiellement humains et hospitaliers.

Le Brésil avec ses ports nombreux, ses fleuves navigables, l'immense fertilité de son sol et ses mines d'or, de

plomb et autres métaux, offre au commerce une source naturelle de richesses ; son importation aussi bien que son exportation sont considérables.

Les principaux articles d'importation sont :

Les tissus de coton, soie, lin et laine ; vins, bières, liqueurs, farine de blé, riz, pâtes alimentaires, lard, huile d'olives, beurre, fromage, morue, sel, épices, thé, conserves, légumes et fruits d'Europe; charbon minéral, fer et métaux, rails et matériel pour chemins de fer et bateaux à vapeur; machines agricoles ou industrielles, outils en fer, armes à feu et armes blanches, pétrole, bois de sapin, goudron, ciment, bougies, toile à sacs, faïence, porcelaine, cristaux, verres à vitres, glaces, meubles, tapis,

Marchande de fruits à Rio-de- Janeiro

pianos, instruments de musique, papier, livres, produits chimiques, médicaments et eaux minérales, chaussures, chapeaux, quincaillerie, coutellerie , horlogerie , bijouterie, orfèvrerie, parfumerie , passementerie, vêtements, modes et articles de Paris.

Les principaux articles dJ exportation sont :

café, sucre, cacao, farine de manioc, maté, noix du Para, viandes sèches et salées, eau-de-vie de canne à sucre, mélasse, ipécacuanha , roucou , caoutchouc, coton brut, tabac, palissandre et autres bois, cuirs, peaux, poils, crins, laines, cornes, graisses, or, diamants et autres pierres précieuses. La province de Rio- Grande-do- Sul possède de magnifiques marbres de couleurs variées.

L'importation directe de l'étranger pour Rio-de- Janeiro s'est élevée durant l'année 1884 à 98,341,573 mil reis.

V exportation directe de Rio-de-Janeiro pour l'étranger s'est élevée durant l'année 1884 à 86,726,766 mil reis.

La Constitution garantit au commerce une entière liberté dans tout l'empire du Brésil et toute industrie peut y être exercée, soit individuellement, soit par association, aucune loi, aucun privilège ne la restreignant.

Le Brésil n est pas encore, à vrai dire, une nation industrielle. C'est une nation trop jeune pour pouvoir lutter à cet égard avec les pays européens ; toutefois, on peut affirmer que, depuis 15 ans, elle n'a cessé de progresser dans les différentes branches de l'industrie manufacturière.

Le Brésil fait partie de « l'Union pour la protection de la Propriété industrielle. » -

Les produits qui se fabriquent à l'intérieur du pays sont : le sucre, l'eau-de-vie de canne, la farine de manioc et de maïs, ainsi que le tapioca, le thé, le maté, le guarana, les huiles à manger et à brûler, le vinaigre, les liqueurs, les fromages, les confitures et les conserves de différentes espèces, les viandes séchées et salées, le poisson séché et en saumure, le tabac, les cigares, le savon, les bougies, soit de cire, de carnauba ou de suif, le caoutchouc, les cuirs secs ou tannés, les tissus communs, les cordes et la poterie.

Il y a, en outre, un grand nombre d'ateliers et de fabriques pour les produits chimiques, le verre, les glaces, les instruments d'optique, de navigation, de géodésie et de chirurgie, des fabriques de chaussures, de toiles cirées, de tapis, de cuirs vernis, de maroquins, de faïence, de pierres artificielles, de mosaïque, de teinturerie, de carrosserie, de chapeaux, de vernis, de pâtes alimentaires, de papiers de tenture, de marbre artificiel, de carton, de fleurs, soit en étoffe, soit en plumes, puis des fonderies de fer aussi remarquables par leur outillage que par leurs travaux ; il y en a qui occupent 900 ouvriers.

On compte également beaucoup de brasseries et un grand nombre d'ateliers de charpenterie et de menuiserie qui emploient les meilleurs bois du Brésil pour la confection de mobiliers simples ou de luxe. Plusieurs usines construisent des wagons de chemin de fer, des cars de tramway, des kiosques, des chalets, des pavillons, des parquets, des châssis. Les filatures et les tisseranderies de coton emploient plus de 3ooo ouvriers et à Rio-Grandedo-Sul une fabrique de tissus de laine possède une machine à vapeur de 70 chevaux, 1200 broches et 40 métiers.

Dans la rade de Rio-de-Janeiro, il y a des chantiers appartenant à des entreprises particulières, où peuvent être construits les plus grands navires à vapeur ou à voiles.

La Poste se partage en deux grandes divisions : le courrier terrestre et le courrier maritime. Le premier s'étend aux grandes villes, aux petites localités et aux paroisses répandues sur ce vaste territoire. Le second est aux mains de compagnies organisées par les principales nations européennes et dont plusieurs sont subventionnées par le Gouvernement.

Les recettes de la Poste se sont élevées en 1880 à la somme de 3,257, 5oo francs; à cette époque le nombre des bureaux était de 1461. Le nombre des correspondances reçues et expédiées a été de 29,798,600.

En 1882, le nombre des bureaux de poste était de 1610 et celui des lettres expédiées de 35,845,869. Actuellement le nombre des bureaux s'élève à 1800 environ.

Le Brésil fait partie de l'Union Postale Internationale (Convention de Berne).

L'Empire est relié à l'Europe par un câble sous-marin. D'autres câbles relient entre elles les villes principales de la côte depuis Para jusqu'à Rio-Grande. Les lignes télégraphiques terrestres appartiennent aux chemins de fer qu'elles desservent ou à l'Etat.

En 1882, la longueur des lignes était de 7420 et la longueur des fils de i3,25o kilomètres.

Si l'on ajoute à ces 7420 kilomètres des lignes d'Etat, 5ooo kilomètres des lignes appartenant aux chemins de fer, on verra que le Brésil possède aujourd'hui environ i3,ooo kilomètres de lignes télégraphiques terrestres.

Les appareils employés sont ceux de Morse ; les poteaux au lieu d'être en bois sont en fer. Les fils ont cinq millimètres de diamètre.

On a établi des lignes téléphoniques à Rio-de-Janeiro, à Petropolis et dans les principales villes de l'Empire. Presque tous les hôtels, les théâtres et les maisons de commerce importantes de la capitale sont reliés par le téléphone.

Les omnibus ont généralement été remplacés dans les principales villes du Brésil par des lignes de tramways. Si l'on excepte les États-Unis, il n'y a peut-être pas de pays où le service des tramways soit aussi répandu.

Le Gouvernement brésilien a employé tous les moyens pour favoriser la construction des chemins de fer et cette construction y a pris un grand développement depuis quelques armées.

Le Brésil possédait au commencement de 1884, 63 lignes représentant 56oo kilomètres en exploitation et 2402 kilomètres en construction. A l'heure actuelle, mai 18S6, ce chiffre se trouve augmenté d'environ 5oo kilomètres, de plus, ouverts à la circulation. Beaucoup de ces lignes ont été construites par des compagnies étrangères, d'autres par des compagnies indigènes, avec l'aide d'ingénieurs brésiliens.

Le mouvement maritime est considérable au Brésil ; on en pourra juger par le tableau suivant :

. Long Cours .

Cabotage . .

1SS4. Long Cours

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